Allary

  • Est-ce la vie qui cre´e le hasard, ou l'inverse ?

    Parce que son voisin, comme le fruit d'un arbre, est tombe´ raide mort a` l'arre^t Popincourt, Pierre se retrouve a` errer sur la ligne du bus 69. « Fanto^me urbain », comme il se de´finit lui-me^me, c'est un type plus tre`s jeune et pas encore tre`s vieux qui cherche des re´ponses dans de grands verres de lait glace´.

    De laverie automatique en comptoir de bar kabyle, la liberte´ guide ses pas. Fumer des cigarettes avec les tapins de la rue Blondel, monter une mayonnaise pour une ce´le`bre actrice sur le retour, appeler sa lle Trieste et se rappeler Venise... tout fait aventure quand on regarde bien et qu'on ne regrette rien.

    Ne pas faire grand-chose : voila` l'extraordinaire.

  • Les magnolias

    Florent Oiseau

    • Allary
    • 2 Janvier 2020

    - Caramel ;
    - Pompon ;
    - Cachou...
    Il y a des gens, dans la vie, dont l'unique préoccupation semble d'imaginer des noms de poneys. Alain est de ceux-là. Sa carrière d'acteur au point mort - depuis qu'il en a joué un, dans un polar de l'été, sur TF1 -, le quarantenaire disperse ses jours. Chez Rosie en matinée - voluptés de camionnette - et le dimanche aux Magnolias - où sa grand-mère s'éteint doucement. On partage une part de quatre-quarts, sans oublier les canards, et puis Mamie chuchote :
    « J'aimerais que tu m'aides à mourir. » Autant dire à vivre... La seconde d'après, elle a déjà oublié. Pas Alain. Tant pis pour les poneys : il vient de trouver là, peut-être, un rôle à sa portée...

    Dans la lignée de Je vais m'y mettre et de Paris-Venise, Florent Oiseau brosse un nouveau portrait de loser magnifique - une parenthèse en Renault Fuego où valsent sandwiches aux flageolets, secrets de famille et cuites à la vieille prune, pour l'amour d'une grand-mère.

  • Paris-Venise

    Florent Oiseau

    • Allary
    • 11 Janvier 2018

    « - C'est Milan ?
    Pris de court, Demba a regardé par la fenêtre et s'est contenté de lire ce qu'il avait aperçu sur un panneau à fond bleu.
    - Non, monsieur, bientôt, pour le moment nous sommes à Sottopassaggio, dans la banlieue proche.
    - Oui, c'est vraiment très proche, j'ai ajouté, pour avoir l'air d'un mec dont ce n'était pas le premier jour, ou qui, du moins, connaissait sur le bout de ses doigts la province lombarde.
    Le type s'est fendu d'un rire discret et nous a expliqué avec un brin de condescendance que «sottopassaggio» voulait dire « passage souterrain», mais que le grand panneau «Milano Centrale» qu'on pouvait désormais apercevoir devait vouloir signifier que nous étions bien à Milan. Demba a répondu que c'était une vanne, le passager s'est senti con et s'est avancé vers l'autre porte, au bout du couloir.
    - Bonne vanne, j'ai vraiment cru que c'était un nom de ville.
    - Pareil. » Roman vient de trouver un job sur le Paris-Venise, le train de nuit le plus en retard d'Europe. Un signe. Lui non plus n'est pas très en avance dans sa vie. À presque trente ans, décrocher ce poste de couchettiste ressemble à une consécration... Les trafics de clandestins, les douaniers avinés, les descentes de pickpockets venus piller la diligence une fois les passagers endormis : tout peut arriver dans ce théâtre ambulant. Même tomber amoureux.

  • Je vais m'y mettre

    Florent Oiseau

    • Allary
    • 25 Août 2016

    Fred, la petite quarantaine, surfe sur l'écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l'amour.

    Jusqu'au moment où il découvre qu'il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n'a plus le choix : il doit s'y mettre. Un emploi salarié ? Il n'en trouvera pas. Mais des  ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles.

    De Paris à Malaga, Je vais m'y mettre nous embarque pour une série d'aventures drolatiques en compagnie d'un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d'aujourd'hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

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