Minh Tran Huy

  • Anna Song, "la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", vient de mourir, laissant derrière elle une oeuvre discographique sans précédent. Paul Desroches, son mari et producteur, lui dresse un tombeau musical et littéraire, ode à une femme désespérément aimée, à une enfance engloutie dans le temps et à un pays perdu. Sur fond d'imposture et de falsification, quand le grand amour devient l'oeuvre de toute une vie.

  • Les inconsolés

    Minh Tran Huy

    Rétive aux renoncements de l'âge adulte, Lise s'est jetée tout entière dans la gueule de ses propres rêves d'enfance. Elle se repasse le film du grand amour qui l'a unie, puis désunie, à Louis - portrait craché de prince charmant ébréché par les contingences du réel. Entre thriller romantique et conte de fées cruel, l'auteur de «La Double vie d'Anna Song »nous livre aux vénéneux et impitoyables tentacules du malentendu.

  • Jamais un conte n'est vraiment innocent, ni tout à fait dénué de cruauté.
    En la personne de Nam, jeune Vietnamien depuis peu réfugié en France, la narratrice croit reconnaître le prince charmant. Ils sympathisent, se revoient, se confient, s'inventent un territoire secret. Mais quelque chose éloigne les gestes de l'amour - comme une gêne, un malentendu. A quelque temps de là, elle accompagne ses parents au Viêtnam, où ils retournent pour la première fois. Devant elle, née en France, élevée et protégée en fille unique, le rideau se déchire.
    Les secrets affleurent, les rencontres dévoilent les tragédies qu'ont connues les siens. Que Nam a laissées derrière lui, peut-être... Empreint d'une fausse candeur profondément mélancolique, La Princesse et le Pêcheur dessine les renoncements nécessaires de l'adolescence, le deuil de l'enfance et l'adieu au chimérique pays des origines bouleversé par l'Histoire. Ou simplement le temps. Plus violent que les contes...

  • Un essai sur l'exploitation des faits divers comme source d'inspiration dans la littérature française depuis le Moyen Age en passant par le roman feuilleton du XIXe siècle ou les Surréalistes pour aboutir à la littérature du début du XXIe siècle

  • Un été, au hasard de ses déambulations new-yorkaises, Line découvre dans un musée l'existence d'Albert Dadas, premier cas, au xixe siècle, de " tourisme pathologique ". L'histoire de ce fugueur maladif, sans cesse jeté sur les routes par son impérieuse soif d'ailleurs, fait remonter en Line d'autres souvenirs, liés aux " voyageurs malgré eux " de sa propre famille: Thinh, l'oncle si étrange, Hoai, la cousine disparue et, surtout, son père.
    Cet homme bousculé par l'Histoire, cet immigré aux vies multiples qui a longtemps gardé le silence. Grâce à Line, il va enfin partager les secrets de son enfance.
    En naviguant entre mémoire familiale et mémoire collective, Line déterre le passé et entrecroise les destins de quelques exilés de notre siècle que la misère, la guerre ou la folie ont conduit à errer entre deux rives. Et, ce faisant, le roman rend hommage à tous ces déracinés de la plus belle façon qui soit : en les faisant revivre.

  • Enfant, Minh Tran Huy a découvert les contes vietnamiens avec ravissement, comme on ouvre peu à peu des fenêtres sur un monde inconnu et pourtant familier : le pays des origines. Séduite par leur mélancolie douloureuse, elle s'en est souvenue au moment d'écrire La Princesse et le Pêcheur, un roman dans lequel deux jeunes gens liés au Viêtnam d'une façon différente trouvent - ou s'inventent - une mémoire commune dans les récits traditionnels. Le florilège ici proposé, composé avec autant de simplicité que de délicatesse, pourrait être le cahier que s'échangent Lan et Nam dans La Princesse et le Pêcheur. Peuplées de charmantes princesses, de frères ennemis, de puissants rois, de fées, d'animaux magiques et de bons génies charitables, ces légendes se reconnaissent dans l'exaltation des vertus humaines fondamentales et l'affirmation de l'identité vietnamienne.

  • Il y a très longtemps vivaient deux frères, modestes pêcheurs : autant l'aîné, Seo, était de nature hypocrite et envieuse, autant son cadet, Tâm, était pur de traits comme de coeur. En ces temps-là, on pouvait nager dans la mer les yeux grand ouverts car elle n'était pas salée. À la mort de leur père, Seo déposséda son frère et ne lui laissa que quelques filets usés.
    Mais Tâm ne perdit pas courage et continua à travailler avec ardeur. Pour le récompenser, un génie lui apparut et lui confia une corbeille et la formule magique pour obtenir du précieux sel. Ce fut la fin de la misère pour Tâm.
    Son frère ne le supporta pas, il lui vola la corbeille une nuit et prit la mer.
    Pour son malheur.

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