Le Passage

  • Le jeune homme au bras fantôme Nouv.

    Paris, 1834. Le petit Charles Hû perd son bras lors de l'attaque menée par la troupe contre un immeuble de la rue Transnonain, soupçonné d'abriter des opposants au régime de Louis-Philippe. Parmi les douze civils tués figure son père. Orphelin, sans ressources, handicapé, Charles n'a que peu d'espoir de mener une vie normale. C'est compter toutefois sans sa volonté et sans l'aide précieuse d'un habile horloger qui l'équipe d'une étonnante prothèse.
    Charles grandit au rythme d'un Paris en pleine expansion, celui des démolitions en cours, mais aussi celui de la Bourse, du capitalisme débridé et de ses escroqueries, de la presse et de la politique. Devenu jeune homme, fermement décidé à trouver sa place dans cette société malgré sa condition, il se fait embaucher par un entrepreneur visionnaire mais peu scrupuleux. Alors que la réclame et la publicité règnent en maîtres, il devient rédacteur des innombrables petites annonces que celui-ci place dans les journaux.
    Porté par l'amour de Lisette, une jeune marchande de quatre saisons, il prend une part croissante aux affaires de son patron. Mais il en découvre aussi les sombres arcanes et s'interroge : dans ce monde où les marchands de rêve prétendent tout guérir, où les annonces par centaines vantent des produits miracles, comment rester intègre et conserver son idéal ?

  • Là où naissent les prophètes Nouv.

    Wendell voit des anges. Quoi de plus normal pour un pasteur qui passe le plus clair de son temps à prêcher dans les rues de Monrovia, la capitale du Libéria ? Frances, une jeune évangélique américaine, convaincue qu'il est béni de Dieu, arrive à le persuader de la suivre pour un périple sur les routes d'Afrique de l'Ouest. Son but ? Organiser une caravane de croyants pour évangéliser le nord du Nigéria. Entre les faux dévots, les fondamentalistes, les vrais escrocs et les criminels, reste-t-il encore une place dans ce monde pour la foi sincère ? À chacune de ses rencontres, Wendell n'aura de cesse de chercher une réponse à cette question. Laya, l'adolescente en fuite détient-elle la vérité ? À moins que ce ne soit Balthus, le méditatif soldat camerounais... ou peut-être ce mystique soufi qui sillonne la brousse en quête d'une cité idéale ? Wendell apprendra en tout cas une chose : les miracles ne se produisent pas forcément là où on les attend.

  • Lors d'un voyage scolaire en allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père adrien, le stupéfie.
    Rentré en france, il retrouve son père, mais le souvenir de la photographie ne le quitte plus. il décide alors de se lancer dans une recherche qui va bouleverser sa vie. ce détenu, nommé david wagner, se révèle être son véritable grand-père. peu à peu se met en place l'autre famille, la branche wagner, la branche cachée, celle dont personne chez les fabre n'évoque l'existence. et c'est le destin croisé de ces deux familles, deux générations plus tôt, lorsque l'ambitieux david wagner rencontra le riche marcel fabre et sa femme virginie, qui éclate alors au grand jour, ainsi que les terribles conséquences que la liaison entre david et virginie entraîna.
    Au cours de sa quête à travers la france et l'allemagne, dans la nouvelle vie qu'il tâche d'inventer avec une allemande qu'il vient de rencontrer, le jeune homme se rend compte qu'on ne se débarrasse pas si facilement du passé - ni du sien, ni de celui de sa famille. lorsqu'on remonte à l'origine de la violence, c'est sa propre violence qu'on finit par rencontrer.

  • Par une nuit de neige qui finit par immobiliser Paris, monsieur Jaume se rend dans un café de la rue Saint-André-des-Arts. En veine de confidences, il raconte à Virgile, un bistrotier désabusé, la malédiction qui le frappe. Monsieur Jaume est immortel.
    Toute la nuit durant, et avec la promesse de lui révéler son secret, il va confier à Virgile ses multiples existences passées. Né à Marseille en 1702, il fuit la grande peste, part à l'aventure en Afrique, cultive le café en Guyane, meurt à cent reprises et revient à la vie autant de fois. Peintre d'ex-voto au Brésil, guetteur de cadavres sur le Rhône, négrier à l'occasion, clerc de notaire à Paris, ermite au Portugal ou spectateur de la révolution de 1848, Jaume connaîtra l'amour, l'amitié et la trahison.
    Tout d'abord sceptique, Virgile l'écoute. Puis, peu à peu, sa curiosité s'éveille et il se laisse prendre au jeu. Être immortel semble bien tentant. Mais n'est-ce pas le pire cadeau que le sort puisse offrir à un homme ?
    Avec Les Voyages de sable, Jean-Paul Delfino nous invite à une longue traversée poétique et fantastique, où une nuit dure trois siècles et l'arrière-salle d'un café ouvre sur les cinq continents.

  • Alabama, 1880. Dans une plantation du sud des États-Unis, la naissance d'Helen console sa mère d'un mariage bancal. Un monde s'ouvre entre Kate et sa fille, et puis tout bascule : les fièvres féroces ravagent l'enfant adorée.
    Cette fillette à la destinée extraordinaire, beaucoup la connaissent. La renommée d'Helen Keller, aveugle, sourde et muette, enfant farouche tenue pour folle et puis surdouée, a franchi frontières et années.
    Kate Keller, que La Belle Lumière éclaire aujourd'hui, semblait en revanche repoussée dans l'ombre à jamais. Sans elle, pourtant, sa fille aurait-elle pu accéder au miracle de la connaissance ?
    Comme glissée au coeur de son héroïne, tant vibre dans ces pages le corps déchiré de Kate, Angélique Villeneuve restitue, de son écriture sensuelle et précise, la complexité d'une femme blessée et dévorée par l'amour. Dans ce Sud encore marqué par la guerre de Sécession et les tensions raciales, le lecteur traverse avec elle une décennie de sauvagerie, de culpabilité et de nuit. Mais découvre aussi, et c'est là la force du livre, un temps de clarté et de grâce.

  • Paris, 1925. Dans le bouillonnement des années folles, deux hommes vont vivre une nuit d'exception. À la poursuite d'une femme fantomatique et aimée, sur les traces de Jean Cocteau qui leur a volé l'argument d'un opéra, ils sillonnent la nuit parisienne, de la Closerie des Lilas au Père-Lachaise, de l'Opéra Garnier à la banlieue rouge. Dans les méandres de la Ville Lumière, ils vont rebondir de caboulots en night-clubs et se laisseront entraîner dans une valse canaille durant laquelle ils croiseront Chagall et les époux Delaunay, Man Ray, Toulouse-Lautrec, Cab Calloway, Berthe Sylva, Picabia, Abel Gance, Chaplin ou encore la mémoire d'Apollinaire. Dans cette course folle, ils vont refaire le monde, rêver de gloire, pêcher le grand requin blanc sur les rives de la Seine, se promener à dos de girafe ou partir vers l'inconnu à bord d'une locomotive Pacific.

    Ces deux hommes, dont le génie n'est pas encore reconnu, se nomment Blaise Cendrars et Erik Satie. Ensemble, ils vont se trouver et se perdre, tenter de réenchanter le monde, jusqu'au bout de la nuit.

  • Paris, juin 1995. Dans un grand restaurant, un serveur est violemment frappé par un client. Autour de lui, personne n'intervient. Ni le couple russe qui contemple cette scène avec des sentiments mêlés, ni la femme du client en colère, ni les deux jeunes gens, deux Français, venus fêter une première embauche à la banque. Une simple anecdote ? Pas même un fait divers ? Dans le cours des vies, aucun événement, si minime soit-il, n'est anodin. Et la brutalité de l'un, l'indifférence ou la lâcheté des autres vont bientôt se révéler pour ce qu'elles sont vraiment : le premier signe de leur déclin. De la chute du mur de Berlin à la crise financière de 2008, dans un monde façonné par l'argent, les destins croisés des acteurs de cette scène inaugurale, de l'oligarque russe au financier français en passant par le spéculateur immobilier, tissent peu à peu une toile. Et au centre de la toile, Sila, le serveur à terre, figure immobile autour de laquelle tout se meut. Après L'Origine de la violence, Fabrice Humbert signe avec La Fortune de Sila un roman captivant, une véritable fresque contemporaine de nos sociétés mondialisées.

  • " Disparition d'un avocat dans le 17e arrondissement de Paris.
    Ses proches comme les membres de son cabinet sont sans nouvelles de lui depuis bientôt deux semaines. Sa voiture, une Jaguar XJS et certains effets personnels ont disparu. La police n'exclut aucune piste. " Un matin qu'il déambule à Drouot, maître Pierre-François Chaumont, collectionneur, fait l'acquisition d'un portrait au pastel du XVIIIe siècle qui lui ressemble étrangement. Le tableau devient vite un sujet de discorde : ni sa femme, ni ses proches ne remarquent la ressemblance...
    Pourtant, dans l'angle en haut à droite, de mystérieuses armoiries vont rapidement livrer leur secret et l'emmener loin, très loin...

  • La Dormeuse de Naples est un tableau mythique dans l'histoire de la peinture.
    C'est un chef-d'oeuvre d'Ingres. Il a disparu. Personne ne sait ce qu'il est devenu après la chute de Murat et le retour des Bourbons à Naples. Au même format que la célèbre Odalisque, il montrait une femme nue, blonde européenne qui répondait à la brune orientale du Louvre. Dans le Paris des années romantiques, devant la baie de Naples ou dans les paysages de la campagne romaine, les peintres, fascinés par cette histoire, cherchent la Dormeuse.
    Qui était le modèle ? Où se trouve le tableau ? Trois cahiers manuscrits invitent à mener l'enquête : s'il faut en croire leurs signatures, l'un serait une confession d'Ingres, l'autre aurait été écrit par Corot et le troisième par un artiste inconnu, ami de Géricault, dans le secret des ateliers.

  • Certains pensent que le divorce, ça ne sépare que les adultes. Années 80. Déferlante rose sur la France. Première grosse vague de divorces aussi. A la télé, Gainsbourg, Benny Hill et le Top 50. Un frère et une soeur sont éloignés. Vacances, calendriers, zone A, zone B. La séparation est vécue différemment par chacun. Chacun son film, sa version, le père, la mère, la soeur. Chacun sa chanson.
    Un seul se tait, le cadet. Lui, ne parle pas, il attend. Huit ans, neuf ans, dix ans.
    Dans les familles, les drames se jouent mais ne se disent pas. Huit ans, vingt ans trente ans. Que nos vies aient l'air d'un film parfait est un livre sur l'amour fraternel, celui qui seul permet de traverser ces années sauvages, ces plages d'enfance.

  • Il y a les vies que nous aimerions vivre... et celles que nous vivons, faites de compromis, de doutes, de fantasmes : le fils qui fait de la scène pour attirer l'attention de son père, la jeune femme qui comprend que ses opérations de chirurgie plastique n'ont pas réglé ses problèmes, la fan de David Bowie qui perd le sens de la réalité, l'homme qui à force de ratures, de biffures sur son agenda se rend compte que c'est son existence qu'il annule jour après jour, la victime de viol dans le déni qui relate son agression comme s'il s'agissait d'une histoire d'amour, le photographe Rmiste en panne de modèles... Avec un style concis, direct, très contemporain, cru sans jamais être cruel, Que nos vies aient l'air d'un film parfait porte un regard à la fois corrosif et humoristique sur les parents, les enfants, les amants, les maris et les femmes... Bref, sur la société et sur ses failles.
    Carole Fives est née en 1971, elle vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Que nos vies aient l'air d'un film parfait, elle a reçu le prix Technikart du manuscrit 2009, présidé par Alain Mabanckou.

  • Harper aurait pu avoir une autre vie. Il a grandi à la frontière, entre deux mondes. Il n'est pas tout à fait un torero raté. Il n'est pas complètement cowboy. Il n'a jamais vraiment gagné gros, et il n'est peut-être pas non plus le fils de Robert Redford. Il aurait pu aussi ne pas accepter d'y aller, là-bas, chez les fous, dans les montagnes de la Sierra Madre, combattre des vaches qui ressemblent aux paysans qui les élèvent. Et tout ça, pour une dette de jeu.

    Maintenant, il n'a plus le choix. Harper doit retrouver Magdalena, la fille du maire du village, perdue dans les bas-fonds de Tijuana. Et il ira jusqu'au bout. Parfois, se dit-il, mieux vaut se laisser glisser dans l'espace sans aucun contrôle sur le monde alentour...

    Alors les arènes brûlent. Les pick-up s'épuisent sur la route. Et l'or californien ressurgit de la boue.

    Avec Matador Yankee, sur les traces de son héros John Harper, Jean-Baptiste Maudet entraîne le lecteur dans un road trip aux odeurs enivrantes, aux couleurs saturées, où les fantômes de l'histoire et du cinéma se confondent. Les vertèbres de l'Amérique craquent sans se désarticuler.

  • En Colombie, la famille Mastillo tente de survivre sur son lopin de terre dans la jungle. Au Mexique, le sénateur Fernando Urribal, à l'abri de son grand domaine, partage son temps entre la capitale et l'état de Chihuahua. En France, dans une cité, le petit Naadir vit paisiblement au milieu des siens en tâchant de ne pas voir l'irruption des dangers. Progressivement, ceux-ci vont pourtant voir leur existence basculer.
    Emanuel Mastillo est tué et ses deux filles, Norma et Sonia, deviennent des migrantes, remontant toute l'Amérique centrale pour rejoindre les Etats-Unis. Le sénateur Urribal voit sa position menacée de toutes parts, entre les soupçons politiques et les menaces des cartels de la drogue. Quant à Naadir, la mort d'un jeune du quartier et la blessure de son propre frère en font le témoin contrarié et pourtant visionnaire de la chute.
    Vaste fresque d'un monde qui se défait, le roman de Fabrice Humbert raconte la montée des périls, le basculement des sociétés mais aussi l'énergie de la vie. Avec le sens de la narration qui a fait le succès de L'Origine de la violence et de La Fortune de Sila, il relate notre histoire à tous.

  • On prétend que des rennes contaminés par la radioactivité se dispersent dans le Grand Nord. Tatiana, une scientifique moscovite, est envoyée sur place, en Sibérie. Un pilote fantasque, retraité de l'armée soviétique, l'accompagne ainsi qu'une interprète, la jeune Neva, qui parle la langue des éleveurs nomades présents dans la région. Ce trio incertain monte à bord d'un vieil Antonov en direction du Nord et de l'hiver qui vient.
    En route, rien ne se passe comme prévu. Qu'est-il d'ailleurs possible de prévoir dans cette immense Russie où la neige recouvre les traces des humains ? Lorsque la vie ne tient plus qu'à la flamme d'une bougie, les ombres portées transforment le monde : l'allure des troupeaux, les mots de Pouchkine, les tigres des rêves et les trésors gelés des profondeurs. La meilleure façon, drôle ou tragique, de passer le temps est certainement de s'enivrer en racontant des histoires, celles que l'on invente, celles que l'on confond, celles que l'on emporte dans la nuit.
    Le blanc n'est-il que la couleur du froid et de l'oubli ou bien celle du désir de tout recommencer ?

  • Sfumato

    Xavier Durringer

    La vie de Raphaël est coupée en deux.

    D'un côté, le vertige rock'n'roll au 1 passage de la Main d'Or. Les rapports fumeux avec ses voisins, ses histoires d'amour hallucinantes, ses nuits à s'enfermer dans le théâtre Marie Stuart, son ami Simon largué par la femme de sa vie après une semaine de vie commune, son petit frère qui cherche par tous les moyens à s'échapper en se diluant dans une petite cuillère. Et le souvenir mordant de Madeleine, fille d'un écrivain célèbre, ancienne mannequin cramée par la coke.

    De l'autre, sa rencontre énigmatique avec Viktor, vieux juif russe initié, batteur de jazz et ancien conseiller à la Maison Blanche, qui lui ouvre les portes d'un univers inconnu, merveilleux et effrayant. Devant La Joconde, Viktor affirme que ce n'est pas un tableau mais une cartographie. Et que lui, Raphaël, doit retrouver l'endroit caché sous les voiles brumeux du sfumato.

    Et si tout cela n'était qu'une énorme farce, un grand jeu où Raphaël se serait définitivement perdu ?

    Il n'y a pas de hasard sans cause.

    Xavier Durringer est dramaturge et cinéaste. Son dernier film, La Conquête, a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes. Ses pièces, publiées aux éditions Théâtrales et montées sur les scènes les plus prestigieuses (La Comédie-Française, le Théâtre de la Ville, le Théâtre de la Colline, le festival in d'Avignon), sont traduites en 23 langues et jouées dans plus de 35 pays.

    Sfumato est son premier roman.

  • Vous êtes au cinéma. Sur l'écran, un homme et une femme font l'amour. La lumière est magnifique, le cadre parfait. Un long mouvement de travelling, à peine perceptible, fixe l'instant. Ils s'aiment, c'est sûr ! Mais que s'est-il passé une heure avant et une heure après sur le plateau ? Ça, heureusement, assis dans votre fauteuil, vous ne le saurez jamais ! C'est ce qu'on appelle la magie du cinéma...

    Un ancien taulard qui s'improvise acteur et s'obstine à ne pas dire son texte, son remplaçant retrouvé nu accroché à un arbre dans le maquis corse en train de manger des gambas, un assistant séquestré dans le coffre d'une voiture, une actrice qui se prend une mandale au moment le plus chaud d'une scène d'amour, et Corso, le réalisateur, qui entre tendresse et exaspération envers son équipe tente désespérément de maîtriser ce chaos...

    Avec Making of, Xavier Durringer nous fait passer de l'autre côté du miroir et nous dévoile les coulisses rocambolesques d'un tournage déjanté. Il y a des voitures cassées, un restaurant de Calvi braqué, il y a des pleurs et des cris, des négociations secrètes, des tractations interminables... Et une incroyable histoire d'amour digne des meilleures comédies romantiques américaines. Vous pensez que tout ceci n'est que pure fiction ?

    Un roman drôle et sensible, une déclaration d'amour au septième art.

  • Chaque été sur l'île, les deux frères retrouvent leur jeune cousin venu du continent. Ensemble, les enfants pêchent, jouent, chahutent. Rémi, le plus jeune des trois, est en admiration devant les deux grands. Il aimerait leur ressembler mais il n'est pas vraiment comme eux, il ne vit pas ici. De leur côté, les adultes profitent de l'insouciance de l'été. Sur le terrain familial, au bord de la mer, l'existence est plus douce. Au soleil, ils souhaitent effacer les anciennes cicatrices, celles dont on ne parle jamais, le meurtre du grand-père et l'enfant qui devait naître.
    Leur histoire se mêle à celle des ancêtres. Dans la maison au figuier, figure tutélaire, il y a la vieille tante Maria. Signadora mystique, sorcière, guérisseuse qui perpétue les traditions immémoriales. Les enfants la redoutent, s'interrogent sur cette femme silencieuse et toujours en noir. Puis ils grandissent et pensent à d'autres jeux, aux feux de camp sur la plage avec les filles notamment.
    Mais quand vient la fin de l'adolescence, que certains choix s'imposent même s'il semble impossible de quitter l'île, un nouveau drame se produit. Meurtre ou accident?? Comme leurs parents avaient autrefois dissimulé les blessures, la nouvelle génération se retrouve à son tour confrontée à l'indicible.

  • Lisbonne, novembre 1807. Les troupes de Napoléon, dirigées par le Général Junot, envahissent le Portugal. Sans armée digne de ce nom, Dom Joao VI, suivi par l'ensemble des membres de la Cour royale et de la noblesse, est obligé de fuir en catastrophe, emportant avec lui, dans une cinquantaine de navires, toutes les richesses de son royaume. Leur seule destination possible : la lointaine colonie du Brésil.
    Au même moment, à Rio de Janeiro, Dona Josefina, une responsable du candomblé, l'un des cultes spirites issus de l'Afrique, accepte de collaborer avec un vieux médecin portugais à l'un des premiers ouvrages rendant compte de la condition des esclaves du Brésil. Tout d'abord jetée en prison, elle finira par mener à bien son projet et s'attirera les foudres de l'église.
    Dans un respect scrupuleux des faits historiques, Jean-Paul Delfino dépeint, avec violence et tendresse, la naissance du Brésil au monde moderne : une réalité composée d'intrigues royales, d'aventures tumultueuses et de déchirements amoureux. De la souffrance des gamins des rues à la passion de Joao VI pour cette colonie qui n'en sera bientôt plus une, de la déclaration d'indépendance du Brésil par Dom Pedro I à l'abolition de l'esclavage, Pour l'amour de Rio dresse un portrait haletant et méconnu d'une nation en marche vers son destin.

  • Cette fois, elle a pris un aller simple. Paris-Sète aller simple. Elle a tout quitté, sa ville, ses amis, tout ce qu'elle avait construit - rien de fabuleux, pas de quoi convoquer la presse, mais c'était sa vie. Et ça vous chamboule le coeur, de tout quitter. Ça vous éparpille, ça vous charcute, ça vous barbouille. Ça vous divise, aussi. Il y a avant et après, comme sur ces photos censées promouvoir un truc miracle qui vous améliore l'ordinaire. Alors, il y a Elle, qui s'agite en noir et blanc dans les trente-six mille vies de sa lointaine jeunesse, et moi, aujourd'hui larguée sur une plage d'hiver. C'est beau, la mer, on ne revient pas là-dessus - même si une grande flaque sans âme n'a aucune chance de rivaliser avec une toile de Nicolas de Staël. Mais que faire d'une beauté étrangère à soi?? Que faire de ce mirage, une nouvelle vie??
    Avec Pars, s'il le faut, Marie-Ange Guillaume explore avec son talent inimitable les errances d'une vie, territoire infini où chaque coup de griffe laisse vite la place à une profonde tendresse, et chaque trait d'humour - partout présent - à une réflexion complice, pleine d'émotion et de mélancolie.

  • Les états d'âme du jeune " opérateur funéraire " fraîchement embauché, venu présenter son catalogue de cercueils à sa cliente fraîchement orpheline de père. Le monsieur de 87 ans qui ne veut plus se laisser emmerder par son taux de cholestérol. Le fait divers sanglant chez le petit couple " sans histoire ", comme on dit avant que la moquette soit repeinte en rouge. Le départ du chien et la détresse de son maître. La visite à l'amie dans son mouroir de luxe - on aurait voulu tout savoir d'elle, mais c'est trop tard et on parle météo. Le vieil homme magnifique à la vie si pleine, devenu la chose hospitalière d'une infirmière qui entre sans frapper. Le mortel qui veut durer et l'immortel qui se barbe : ça fait un partout...

    La mort, sujet réputé antipathique, Marie-Ange Guillaume l'ausculte avec humour, colère parfois, larmes quand le chagrin déborde. Si bien que ce livre salutaire revigore le vivant - il est bon d'apprivoiser cette chose hostile et invivable, puisqu'elle nous pend au nez.

  • Rochefort, le 23 décembre 1766. Déguisée en jeune homme, car il est interdit aux femmes de monter à bord d'un navire royal, Jeanne Baret embarque sur L'Étoile, l'un des deux vaisseaux de la flotte de M. de Bougainville.
    Lorsqu'elle a appris que son amant, Philibert Commerson, était invité à se joindre au voyage de Bougainville, elle n'a pas hésité longtemps. Et la voilà aujourd'hui bien décidée à le suivre contre vents et marées jusqu'au bout du monde.
    Jeanne est une jeune paysanne qui a le don de guérir le mal par les plantes, Philibert un naturaliste renommé. Leur amour fou les a déjà obligés à quitter le Morvan et à s'enfuir ensemble à Paris. Pas question pour elle de le laisser maintenant partir seul à la découverte de territoires extraordinaires, de peuples, d'animaux et de plantes inconnus !
    Que de stratagèmes il lui faudra déployer pour paraître ce qu'elle a décidé d'être : le valet de M. Commerson ! Elle devra tenir son rang parmi les hommes d'équipage, résister aux périls qui se multiplient sur les mers du Sud. Sa folle passion et son insatiable curiosité lui font accomplir des prodiges, et elle passe bientôt pour un homme plus fort que les autres. Mais combien de temps encore pourra-t-elle dissimuler sa féminité ?
    La Clandestine du voyage de Bougainville, c'est l'histoire incroyable et vraie d'une femme extraordinaire qui, par amour, décida de braver tous les interdits et de prendre tous les risques.

  • À Barbizon, dans les années 1860, alors que le Second Empire s'achemine sans le savoir vers le désastre, René Dolomieu, un jeune peintre mélancolique remarqué pour quelques portraits sensibles, côtoie les maîtres du paysage et leurs disciples qui arpentent la forêt de Fontainebleau, s'exercent à peindre sur le motif et boivent du vin râpeux à l'auberge Ganne. René n'est ni un séducteur ni un libertin, et pourtant il plaît aux femmes. Il prend ce qu'elles ont à donner, parfois sans trop savoir qu'en faire. Lorsque enfin il se marie, le hasard lui met entre les mains une fabrique de porcelaine qui l'initie à la chimie d'une matière précieuse et fragile. Mais le désordre l'intéresse au moins autant que les principes subtils du kaolin et de la composition des motifs. Aussi, dans l'intimité de son atelier, il continue à peindre sans relâche des toiles ?qu'il ne montre à personne, ou presque...

    Son destin lui échappe sans cesse. Et comme le Japon s'ouvre à l'Occident, il ira jusqu'à cette extrémité orientale du monde lui chercher un sens, un sens que peut-être il ne pourra rapporter dans ses bagages, car il est semblable à la poussière impalpable qui danse dans la lumière de son atelier avant de se déposer ?en chaos minuscules sur la toile.

  • Par pur esprit de vengeance, ce livre traite des nuisances. Pas les nuisances graves, comme la guerre, la mort et les avions qui se cassent la gueule. Non, juste les irritations, les furoncles, les gâchis d'humeur, les casse-couilles en tout genre, les hotlines, la feuille de laitue décorative piégée dans la sauce, les paperasses et les télécommandes, le principe de précaution, le garçon de café qui met trois plombes à noter votre présence, la housse de couette récalcitrante, la langue de bois, les chasseurs d'éléphants, la vieille dame à qui vous cédez votre place dans le bus et qui vous pompe l'air tout le reste du trajet. Bref, tout ce qui arrive à vous zigouiller une journée qui commençait si bien.

  • Siècle du triomphe de l'industrie, du charbon et du chemin de fer, le XIXe siècle a cultivé tout comme nous la nostalgie de la Nature. Ce n'est pas le moindre paradoxe de la carrière de Delacroix, que l'auteur de l'icône absolue du combat révolutionnaire - La Liberté guidant le Peuple, 28 juillet 1830 - ait voulu présenter au Salon de 1849, au lendemain d'une nouvelle révolution, cinq tableaux de fleurs.
    Habitué du parc du château de Nohant où l'invitait George Sand, Delacroix acquit ensuite une petite maison dans le village de Champrosay pour s'y reposer seul, dans le calme de son jardin, et se promener en forêt de Sénart. C'est aussi la jouissance d'un jardin privé qui l'incita à s'installer dans l'appartement de la rue de Fürstenberg en 1857. À l'occasion de la rénovation de cet enclos secret, niché au coeur de l'îlot où le peintre bâtit son atelier, Des fleurs en hiver, Delacroix, Othoniel, Creten présente les principaux tableaux de fleurs de l'artiste et ses plus belles aquarelles, provenant de musées et de collections d'Europe et des Etats-Unis.
    Cette présentation exceptionnelle est accompagnée de celle d'oeuvres de deux artistes actuels de renom qui placent les fleurs au coeur de leur inspiration : Jean-Michel Othoniel, le créateur du Kiosque des noctambules à l'entrée du métro Palais-Royal et dont la rétrospective vient de remporter un immense succès au Centre Georges Pompidou, et Johan Creten, sculpteur dont les créations pour la manufacture de Sèvres comptent parmi les interventions les plus remarquées de ces dernières années dans le domaine de la céramique contemporaine.
    Le parallèle ne vise pas à être détonnant mais à illustrer la permanence de l'inspiration florale, au XIXe comme au XXIe siècle, chez des artistes aux parcours pleinement inscrits dans leur temps.
    Ouvrage publié en coédition avec Musée du Louvre éditions.

empty