Seguier

  • Fil d'or Nouv.

    Fil d'or

    Suzy Solidor

    Au début des années 1930, deux légionnaires français fraternisent dans le Sahara occidental. Ils font face à l'ennui et au vent brûlant du désert en déroulant leur vie. L'un s'appelle Dussaud, l'autre Matelot parce qu'il vient d'Ouessant, cette île bretonne assiégée par l'océan. Tout à ses souvenirs, Matelot raconte comment, quelques années plus tôt, un jeune étranger connu sous le nom de « Fil d'Or » y a fait irruption. Sur l'île, les hommes comme les femmes étaient fascinés par sa beauté trouble et ses dispositions de marin. Envoûté lui-même, Matelot se mit à son service... jusqu'à ce qu'il découvre que sa fiancée avait à son tour succombé au charme de Fil d'Or. En pleine tempête, une bagarre éclata alors entre les deux hommes et, au milieu des éléments déchaînés, un coup de couteau traversa l'écume, laissant entrevoir un impensable secret... Dès lors, hanté par le récit de Matelot, Dussaud n'aura plus qu'une obsession : retrouver Fil d'Or pour éclaircir le mystère. C'est le début d'une quête qui l'entraînera du désert africain aux îles celtes, jusqu'aux limites du monde et de la raison.
    Avec Fil d'Or, Suzy Solidor signe un roman d'aventures porté par une écriture éblouissante. Paru en 1940, il fut injustement oublié - peut-être parce que son auteure, en osant troubler les codes du genre, avait tout simplement un siècle d'avance.

  • C'etait Kubrick

    Michael Herr

    • Seguier
    • 8 Avril 2021

    Le réalisateur culte, le reclus le plus célèbre et secret du 7e art, l'autodidacte de génie : rarement réalisateur se sera autant dérobé derrière sa légende que Stanley Kubrick. Manquait donc un portrait à hauteur d'homme, réalisé par l'un des rares privilégiés ayant appartenu au cercle très fermé des proches de l'artiste : Michael Herr, qui fut son ami, confident et collaborateur pendant près de vingt ans, était sans doute l'un des seuls à pouvoir s'acquitter de cette tâche délicate.
    Revenant sur près de cinquante ans de carrière, de polémiques et de malentendus - jusqu'à la controverse qui entoura l'ultime chef-d'oeuvre de Kubrick, Eyes Wide Shut -, mêlant souvenirs, anecdotes et analyses, Herr livre une biographie sensible du cinéaste tel qu'il l'a côtoyé. Reporter, écrivain et scénariste américain, Michael Herr (1940-2016) est l'auteur du best-seller Dispatches (1977), récit halluciné de son expérience de correspondant de guerre au Vietnam, qui fit de lui l'une des grandes figures du journalisme "gonzo" , à l'égal de Tom Wolfe, Hunter S.
    Thompson ou Truman Capote. Herr rencontra Stanley Kubrick en 1980 et cosigna avec lui le scénario de Full Metal Jacket. Il travailla aussi avec Francis F. Coppola, notamment sur Apocalypse Now, dont il écrivit la mythique narration en voix off.

  • A l'horizon de la grande plaine texane, un nuage de poussière se forme. Bientôt, c'est une bande d'Apaches qui surgit et kidnappe Herman Lehmann, dix ans, fils de pionniers allemands arrivés en Amérique au milieu du XIXe siècle. Commence alors pour lui une nouvelle existence, celle d'un Peau-Rouge des étendues de l'Ouest. Il découvre peu à peu la culture et les traditions des Indiens, se joint à leurs razzias et combat à leurs côtés contre l'homme blanc et les tribus adverses.
    Après neuf années, Herman est ramené à sa famille contre son gré. Ce retour forcé parmi ceux qu'il appelle les visages pâles ne se fera pas sans difficulté. Publié aux Etats-Unis en 1927, Neuf ans parmi les Indiens est un classique de la littérature western et des études ethnologiques sur la culture amérindienne, une histoire vraie à la Little Big Man, aujourd'hui traduite en français pour la première fois.
    Lehmann y évoque dans une langue crue, frontale et dénuée de tout romantisme l'existence âpre et violente des tribus amérindiennes au crépuscule de leur règne sur le continent américain. Toute sa vie, il restera fidèle aux traditions de son peuple d'adoption, et c'est finalement cet écartèlement entre les deux cultures qui fait toute la force et la valeur de son témoignage : jusqu'au bout, il sera incapable de choisir un camp, ce qui lui permet, sûrement, d'approcher la vérité.

  • Les Hauts de Hurlevent est un grand roman romantique anglais publié en 1847. L'histoire d'une famille déchirée par des jalousies, des incompréhensions et de violentes vengeances a choqué ses lecteurs à sa parution, d'autant plus que son auteur, Emily Brontë, est une jeune femme qui vit dans un petit village, loin des cercles littéraires de l'époque. Ce roman est aujourd'hui un incontournable du patrimoine britannique.

  • Mémoires

    David Niven

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    • 21 Mai 2021

    S'il fallait décerner un prix d'élégance aux acteurs, alors David Niven recueillerait tous les suffrages. Rarement le complet rayé et le trait de moustache auront été si bien portés à Hollywood, et l'on ne s'étonnera pas que Ian Fleming pût l'imaginer dans le rôle de James Bond. Est-il annoncé au casting d'un film qu'on s'attend à le voir dîner en chemise à plastron, noeud papillon et slippers aux pieds ; avec lui, on pressent surtout les dialogues ironiques et toute la panoplie de l'humour "so british" - ce tranchant de l'intelligence.
    Mais avant la célébrité, Niven aura connu une véritable vie d'aventures. Renvoyé pour indiscipline de plusieurs écoles britanniques, insolent à l'armée, mis aux arrêts pour insubordination, il se gagne la sympathie du geôlier en partageant une bouteille de whisky puis s'échappe par la fenêtre. On le retrouve quelques mois plus tard aux Etats-Unis, versé dans le plagiat littéraire, le commerce de spiritueux, la danse professionnelle et même la course de poneys, avant que le destin se ressaisisse et le pousse vers les caméras des grands studios.
    Ainsi débute une carrière de près de cent films avec, très vite, des rôles principaux. Niven révèle surtout une disposition pour les comédies romantiques où sa souriante désinvolture fait merveille ; il rencontre ensuite le succès international, d'abord grâce à son rôle de Phileas Fogg dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Michael Anderson (1956), puis avec Les Canons de Navarone (1961) de John Lee Thompson et Les Cinquante-Cinq Jours de Pékin (1963) de Nicholas Ray.
    Parus et traduits en deux volumes dans les années 1970, introuvables en français depuis, ses souvenirs sont ici republiés pour la première fois. Tout refroidit vite, la gloire d'un acteur en particulier. Mais que l'on se rassure dans les librairies : peu de choses sont aussi vivantes qu'une page écrite par David Niven. "Peut-être bien le meilleur livre jamais écrit sur Hollywood". - The New York Times Book Review "Désopilant".
    - The Dailymail "Une lecture hilarante". - The Sunday Telegraph

  • Le mystère Yves Adrien

    Cédric Bru

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    • 22 Avril 2021

    Dandy, rock-critique, écrivain doué, esthète inclassable : Yves Adrien est un être énigmatique et visionnaire qui aura marqué la vie parisienne des années 1970-1980. Avec ses articles incandescents, il a initié la France au punk, à la new wave et à la techno, contribué à l'émergence de la génération dite des «jeunes gens mödernes? (Étienne Daho, Marquis de Sade...). Avant de s'évaporer. Puis de reparaître. Puis de redisparaître. Jusqu'à prétendre être mort. Ou devenu un fantôme. Alors quand un étrange personnage du nom d'Ottö vient proposer au journaliste Marc Sandre de lui consacrer un livre pour dissiper le mystère, il n'hésite pas longtemps... Cédric Bru signe un texte où la biographie de l'écrivain culte est savamment mélangée à une «fiction» tout imprégnée du style inouï d'Yves Adrien.

  • Journal intime

    Richard Burton

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    • 30 Octobre 2020

    « On vient de me faire une offre d'un million de dollars pour la publication d'un seul mois de ce journal », écrit avec étonnement Richard Burton en 1968. L'acteur est alors un des monstres sacrés du 7e art et forme un couple mythique et scandaleux avec Elizabeth Taylor. Cette relation passionnée, leur train de vie babylonien, leur beauté, leurs excès et leurs succès : le journal intime de Burton nous y plonge « caméra à l'épaule », comme si nous y étions. Mais il révèle aussi un homme insoupçonné, infiniment plus complexe que le commun des acteurs hollywoodiens. Sceptique et distant à l'égard du cinéma, il se montre en revanche fou de théâtre et de littérature. Doté d'un sens de l'humour irrésistible et d'une grande faculté d'observation, Richard Burton possédait les qualités rares et indispensables du diariste - pour notre plus grand bonheur.

  • Figure légendaire de l'Âge d'or d'Hollywood, Errol Flynn fut surtout un acteur incontrôlable, scandaleux et charismatique, très éloigné des vedettes lisses et calibrées des temps modernes. Un homme politiquement incorrect, dont les confessions peuvent aujourd'hui faire rire... ou choquer.

    À l'écran, sa beauté et son dynamisme firent de lui un habitué des rôles héroïques : Capitaine Blood (1935), Les Aventures de Robin des Bois (1938), L'Aigle des mers (1940), La Charge fantastique (1941)... Mais chaque décor a son envers - certains plus sombres que les autres. Dans ses Mémoires posthumes, parus un an après sa mort, Flynn révélait tout de sa vie d'aventurier des mers, de ses conquêtes, de ses mensonges, de ses pitreries, de son alcoolisme Plus qu'aucun autre acteur de sa génération, il incarne l'ambivalence du mythe hollywoodien : la célébrité, le luxe, et l'envers du décor, machiste, violent, consumé par les excès.

  • « Écrit le jour où l'on a brûlé mes livres en Allemagne. » Ainsi commence Le Livre de l'hirondelle d'Ernst Toller. Pour tenter de comprendre comment un tel événement a pu se produire, il entreprend alors de raconter, telles qu'il les a vécues, les années qui menèrent jusqu'à ce tragique autodafé de 1933 : son enfance dans une famille juive de Prusse orientale, puis la Grande Guerre, l'échec fracassant du spartakisme ainsi que la fin d'une révolution qu'il voulait pacifiste.
    Ensuite vinrent les années de prison où, telles ces hirondelles qui s'obstinaient à lui rendre visite dans sa cellule, Toller continua de rêver à une Europe réconciliée en écrivant des poèmes imprégnés d'espoir. Mais à quelques kilomètres de là, dans une autre prison, Adolf Hitler dictait un autre genre de livre.

  • Un petit matin de 1971, Jacques de Bascher sort du Sept où le Tout-Paris des arts, des lettres et du prêt-à-porter s'encanaille. Ce petit club de la rue Sainte- Anne va lui servir de piste de lancement dans le monde clos de la jet-society et de la mode. Il ne sait pourtant ni dessiner ni coudre. Mais son allure d'aristocrate, son goût très sûr, et sa culture feront de lui la muse rêvée de Karl Lagerfeld, et, un temps, de son grand rival, Yves Saint Laurent. Jacques de Bascher va marquer les esprits par son arrogance, ses farces outrageuses et sa beauté viscontienne. Ce livre est une plongée dans les années quatre-vingt, ces années folles qui consumèrent Paris et ses troupes, et dont Jacques de Bascher fut l'un des étendards.

  • Contre le peuple

    Frédéric Schiffter

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    • 10 Novembre 2020

    De l'extrême-droite à l'extrême-gauche, une idole affole le monde politique : le Peuple. Or quel est ce fétiche dont les porte-paroles veillent à ne jamais définir les contours ? Loin d'être une réalité identifiable, le mot de Peuple n'est qu'un vent de bouche que des blablateurs propulsent à plein poumons du haut de leur podium pour ratisser large en période électorale.
    N'importe quelle foule se prend désormais pour le Peuple et exprime ses frustrations et bouffées paranoïaques sur les nouvelles agoras digitales. En ligne de mire : des « élites »... qui ne sont pas davantage définies et auxquelles on promet pourtant un mauvais sort. Dans un essai bref et incisif, Frédéric Schiffter signe un acte de résistance face à la servitude intellectuelle.

  • Vagabondages

    Lajos Kassak

    Qui n'a jamais rêvé de tout plaquer pour prendre la route ? Nous sommes en 1909, Lajos Kassák a 22 ans et plus d'une raison d'y songer. Partout en Europe, une effervescence artistique et révolutionnaire fait trembler l'ancien monde sur ses bases... et le jeune Hongrois a bien l'intention de prendre part à la mêlée. Sur un coup de tête, il décide de quitter Budapest pour rallier à pied l'épicentre de l'agitation : Paris. C'est le point de départ d'une odyssée picaresque et libertaire qui le mènera d'un bout à l'autre du continent. En chemin, il croisera la route de l'écrivain anarchiste Emil Szittya, avec qui il s'initiera raffinements et aux combines de la vie de bohème. Les tribulations des deux amis sont une cascade de situations burlesques et de dialogues truculents dont l'humour n'a rien perdu de son mordant. Ode iconoclaste à l'oisiveté, Vagabondages est un anti-roman d'apprentissage où l'on s'instruit, littéralement, dans l'art de ne rien faire. Une pépite oubliée de la littérature hobo, à ranger d'urgence entre Kerouac et le Jack London des Vagabonds du rail.

  • Main basse sur le film

    Frederic Sojcher

    • Seguier
    • 2 Septembre 2002

    " Ce que vous allez lire n'est pas le récit d'un tournage, c'est l'histoire d'un hold-up, d'un casse.
    Il ne s'agit pas d'une attaque de banque, du vol d'un diamant ou d'un raid contre des convoyeurs de fonds mais de la mainmise, du rapt sur un film, sur le sujet d'un film et sur sa mise en scène. C'est pourquoi le livre de Frédéric Sojcher doit être absolument lu, en priorité, par tous ceux qui veulent faire un film ou même faire partie d'une équipe de cinéma. Il passionnera aussi les autres, les lecteurs lambda, tous ceux qui s'intéressent aux conflits que provoque la prise d'un quelconque pouvoir, les amateurs de complots, de coups d'État, de situations tordues, formidables révélateurs des turpitudes humaines.
    " Bertrand Tavernier

  • Partir ou rester à Tounjaz Miracle ? Comment vit une fillette dans l'espace étroit de liberté que lui laissent les hauts murs d'une maison fermée sur elle-même et l'éducation étouffante de la société qui subit l'assaut de l'intégrisme religieux ? Devenir soi-même, découvrir le monde extérieur et sa propre intimité, résister aux désirs des hommes qui étouffent l'enfant. La narratrice se fraye un chemin solitaire pour devenir femme dans la chaleur éclatante d'un pays où l'enfermement, les odeurs de jasmin et le goût des montécaos se mêlent en une douceur terrifiante. Tounjaz Miracle... le miracle s'accomplira-t-il pour la fillette enfermée dans les hauts murs de la tradition et en quête de son identité et de sa liberté ? Ou lui faudra-t-il partir, comme lalla Noubia qui s'est révoltée contre les coutumes injustes de sa tribu, s'arracher aux douceurs et aux goûts doux de l'enfance pour assumer sa féminité et son indépendance ?

  • Beauté vénéneuse, filmographie fournie et amants célèbres : Hedy Lamarr avait tout pour figurer au panthéon des reines d'Hollywood - mais sans doute étaitelle trop sulfureuse pour l'Amérique des années 1940. Elle accède à la notoriété en mimant pour la première fois un orgasme au cinéma ; fuit son premier époux, déguisée en femme de chambre ; se marie six fois ; revendique sa bisexualité ; prend pour amants les plus grandes stars ; abuse de la chirurgie esthétique ; dilapide sa fortune ; se retire de la vie publique à 40 ans, ne réapparaissant qu'au gré de ses condamnations pour vol à l'étalage. Dans cette autobiographie controversée, elle livre les détails de son ascension spectaculaire, brossant un portrait décadent de l'âge d'or d'Hollywood.

  • La nuit du revolver

    David Carr

    David Carr, journaliste au New York Times, cocaïnomane pendant plus de vingt ans, prend conscience que ses souvenirs de cette période ont été altérés par la drogue : certains sont flous - d'autres erronés. Pour se réapproprier ce passé qui lui échappe, il décide de faire de sa propre vie son prochain sujet d'investigation. Commence alors une enquête de trois ans au service de laquelle il met toute son expertise de grand reporter, accumulant plus de 60 témoignages de proches, policiers, médecins et avocats, réalisant des heures d'entretiens filmés. Son livre est le récit de cette histoire vraie : à la fois un témoignage captivant sur les paradis artificiels, une enquête de fond sur le trafic de stupéfiants, et une recherche du temps perdu, aux confins de la mémoire et de la folie.

  • « Que reste-t-il de John Cassavetes, gueule de cinéma magnifique, comédien intense et vénéneux, cinéaste des émotions et des fêlures humaines ? » La question se posait avec d'autant plus d'urgence à l'approche des 30 ans de la disparition du réalisateur (le 3 février 1989) qu'aucune biographie en français ne lui avait encore jamais été consacrée. C'est donc un portrait aussi personnel qu'indispensable que lui consacre Sophie Soligny, loin de la réputation de monstre sacré pour rétrospectives de cinémathèques à laquelle on le cantonne parfois. Sous sa plume, avec la complicité du dessinateur Fred Peltier et l'appui de nombreuses photographies, l'homme prend vie et nous guide dans le labyrinthe d'une oeuvre dont se réclament aujourd'hui Woody Allen, Pedro Almodóvar et Xavier Dolan.

  • « Aujourd'hui je pense différemment certains événements de ma vie [...]. J'avais sans doute besoin à ce moment-là de cette longue exploration, de cette longue réflexion. Et puis, j'ai découvert que mes souvenirs ne se résumaient pas à un sentiment de mélancolie devant les choses qui, comme le temps, se sont enfuies. Ils me font aussi regarder devant moi, comprendre que je suis toujours là, encore surpris de ce qu'il peut m'arriver. » Ce livre est le résultat d'années de rencontres entre Ennio Morricone et le jeune compositeur Alessandro De Rosa. Il s'agit d'un dialogue dense et profond, qui parle de la vie, de la musique et des façons merveilleuses et imprévisibles dont ces deux arts entrent en contact et s'influencent l'un l'autre. Morricone raconte en détail son parcours : ses années d'études au conservatoire, ses débuts professionnels à la Radio Corporation of America (RCA) où il écrit et arrange de nombreuses chansons à succès, les collaborations avec des réalisateurs italiens et étrangers de premier plan : Leone, Pasolini, Bertolucci, Tornatore, de Palma, Almodóvar, jusqu'à Tarantino et son sacre aux Oscars en 2016, à l'âge de 87 ans.

    Dans cet ouvrage, le maestro ouvre pour la première fois les portes de son atelier de création, en présentant au lecteur les idées qui sont au coeur de sa pensée musicale et qui font de lui l'un des plus brillants compositeurs de notre temps. Il révèle ce que composer signifie pour lui, quelle relation mystérieuse et ambivalente entretiennent la musique et les images des films, mais aussi l'urgence créatrice qui sous-tend ses expériences musicales pures, au-delà de son travail pour le cinéma.

  • 13 juillet 1963, Aix-en-Provence. Charles Trenet déjeune, comme à son habitude, en compagnie de beaux garçons dans la vingtaine. Vers midi, le silence et la gloire se déchirent. Trenet est inculpé pour « attentats aux moeurs sur mineurs du même sexe » : on l'accuse d'avoir employé un rabatteur dans le but d'organiser des « ballets bleus », soit des parties fines avec des hommes trop jeunes.
    Pourquoi cette arrestation ? À l'époque, le statut des homosexuels échappe au droit commun et leur majorité sexuelle est fixée à 21 ans (contre 15 pour les hétérosexuels).
    Dans ce roman écrit à la première personne du singulier, résultat d'une longue enquête, Olivier Charneux utilise le séjour en prison de l'artiste comme le lieu et le moment d'une incontournable introspection.

  • « Notre triomphe, ce sera l'oubli de nos efforts et de nos combats. » La nuit du 5-7 Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970, en Isère, 146 jeunes gens meurent brûlés vifs dans l'incendie du 5-7, un dancing où ils assistaient à un concert de rock. Tous, ou presque, avaient moins de vingt-cinq ans. Le groupe, sur scène, aura joué jusqu'au dernier instant - on découvrira les corps des musiciens au petit matin dans les décombres, figés sur leurs instruments. Ce drame connaît un retentissement mondial jusqu'à ce que la mort du général de Gaulle, huit jours plus tard, éteigne définitivement les cendres de l'incendie. Michel Mancielli, un jeune musicien qui devait se trouver au 5-7 ce soir-là, a réchappé de justesse à la catastrophe. Mais comment continuer à vivre avec la culpabilité lancinante du rescapé et les ombres des disparus ? Et puis il y a ce désir de justice, ou de vengeance, qui le prend aux tripes. D'autant qu'un peu partout dans le pays court cette rumeur selon laquelle le SAC, bras armé du gaullisme, serait impliqué dans l'incendie de discothèques ; la jeunesse et le rock se trouveraient dans le viseur du pouvoir. À partir d'un fait divers parmi les plus dramatiques de l'histoire récente, Jean-Pierre Montai imagine un roman tour à tour nerveux et mélancolique pour raconter cette France de l'après-1968 qui a vu se consumer, dans un même brasier, sa jeunesse et ses rêves de révolution.

  • Bandits à Marseille Journaliste au Provençal dans les années 1960, le jeune Eugène Saccomano est le premier à se lancer dans l'écriture d'un livre sur la pègre marseillaise. Cependant, il ne s'agit pas pour lui d'habiller les voyous d'une couche de légende supplémentaire : la puissance et la lumière aveuglante du décor provençal et le goût pour les mythologies ont déjà trop servi le Milieu. Il cherche au contraire à raconter comment les gangsters règlent leurs comptes, leurs façons tranchantes, très éloignées d'un hypothétique code de l'honneur. « Le sang coule sous le soleil, mais il coule. » Saccomano enquête sur le proxénétisme « convivial » des bars à hôtesses comme sur les réseaux plus souterrains du trafic de stupéfiants, décrit les soubresauts de la vie politique locale qui, entre guerres municipales et combats syndicaux, ont tant profité aux Carbone, Spirito et Guérini. Et l'on constate avec lui combien l'histoire marseillaise s'entête à mêler le drôle au sordide, le fait divers au roman. Bandits à Marseille fut publié en 1968 chez Julliard et n'avait jamais été réédité depuis. Il rencontra pourtant un véritable succès dans les prisons françaises (« Le livre préféré des taulards », affirmait alors son éditeur), mais aussi en librairie et au cinéma - le film Borsalino, avec Delon et Belmondo, en est partiellement adapté. Ce récit d'un genre précurseur ne fut pas sans danger pour son auteur : à sa parution, Saccomano reçut des menaces jugées assez sérieuses pour lui faire envisager un déménagement...

  • « Si quelqu'un peut expliquer comment c'est arrivé, c'est toi, parce que tu connais bien la prison », dit un jour Charles Manson à Nuel Emmons, qui fut un temps son compagnon de cellule. Ainsi naquit l'idée d'une autobiographie où Manson se raconterait sans détour. Le résultat, écrit à la première personne, est la seule version jamais livrée par le criminel de sa furieuse existence : brute de décoffrage, dénuée de tout romantisme et presque entièrement crédible. « Je t'ai confié des trucs dont je n'avais jamais parlé à personne », réalisa plus tard Manson. « Mais fallait pas tout écrire ! J'avais une carapace, un truc qui m'immortalisait... Ce bouquin me met à poil. » Emmons avait donc vu juste en avançant dans son introduction que « le mythe de Charles Manson ne survivra pas à ses propos ».

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