Christian Bromberger

  • Pourquoi et comment s'intéresser à la pilosité du corps humain et à l'art d'accommoder cheveux et poils ? Un sujet si tenu en apparence (le poil est souvent synonyme de précision et le cheveu ne tient presque à rien !) peut-il amener à se poser de grandes questions sociétales ? Se fondant sur ses propres enquêtes ethnographiques (en Iran, dans les pays méditerranéens, à Hokkaido au Japon, dans le service de cancérologie d'un hôpital.) et sur une documentation considérable qui n'ignore aucun continent ni aucune période de l'histoire, Christian Bromberger raconte ses multiples rencontres avec les cheveux et les poils.
    Cinq éléments parfois combinés sont explorés dans cette enquête : sexe, statut ethnique, statut social, codes esthétiques dominants et règles de vie en société.

    Parce qu'elle se prête, sans grand risque, aux traitements les plus divers, du rasage au frisage, de la dissimulation à l'ornementation, la pilosité offre de singulières propriétés (y compris un vocabulaire d'une étonnante richesse) pour symboliser les différences entre les sexes, entre les statuts sociaux, entre populations voisines ou lointaines mais aussi entre soumis et insoumis, entre l'ordre du monastère et l'errance de l'ermite, entre le civilisé et le sauvage. Sous les poils, tous les plis de l'âme.
    Cet ouvrage a été publié pour la première fois en 2010 par Bayard éditions. Il est depuis longtemps introuvable. Le livre avait bénéficié d'un large écho médiatique au delà même de l'hexagone.

  • Aujourd'hui bien oubliée, Milda Bulle (prononcer « Boulé ») fut pourtant une des figures exceptionnelles de la révolution d'Octobre et des débuts du régime soviétique. Partie d'un hameau de Courlande, en Lettonie, devenue militante, puis combattante, armes à la main, lors de la guerre civile dans le Caucase, passée par l'Iran pour y enfiévrer une révolution, gradée (elle fut l'une des premières à porter le titre de kombrig, équivalent à général de brigade), décorée, apparatchik dans les organes du pouvoir à Moscou, féministe, oratrice, auteure d'ouvrages de propagande, promotrice de la culture, de deux théâtres et d'un opéra dans la république de Bachkirie (entre Volga et monts d'Oural), Milda fut, en 1938, victime des purges staliniennes.
    Pourquoi s'intéresser à Milda, pasionaria rouge ? Son histoire, fascinante par bien des aspects, ne s'inscrit pas dans la lignée des récits biographiques habituels. Elle n'est pas une personne célèbre, ancrée dans la mémoire de ses « pays » et descendants, dont les exploits ont laissé de nombreux témoignages. Elle n'est pas non plus l'une de ces anonymes, à l'existence banale, dont le parcours sans relief révèle l'air du temps, un quotidien toujours si difficile à saisir ? S'agirait-il encore d'un personnage émouvant dont on pourrait suivre avec empathie les accidents de l'existence ?
    La vie de Milda est tumultueuse, ponctuée de hauts et de bas. Ce que nous savons d'elle par les documents ou les renseignements divers nous informe beaucoup plus sur les soubresauts de l'histoire que sur la platitude du quotidien.
    Son enthousiasme pour une cause et son engagement corps et âme, au seuil de sa vie adulte, pour un monde meilleur, jusqu'à son glissement dans une dérive totalitaire qui finit par se retourner contre elle et la broyer. La trajectoire et la fin tragique de Milda suscitent l'admiration et la compassion. Mais sa docilité et son allégeance au pouvoir soviétique, son « suivisme » tapageur, n'entraînent en rien l'adhésion. Le drame d'une militante prise au piège de sa fidélité.
    L'auteur, ethnologue spécialiste de l'Iran, a « rencontré » Milda de manière incongrue au cours de ses recherches et ne l'a plus lâchée. Il retrace ici, avec beaucoup de précision et non sans humour, son fabuleux destin. Le livre est aussi un passionnant carnet d'enquête. Christian Bromberger raconte toutes les étapes de sa recherche sur ce personnage méconnu et médite sur les raisons de son oubli.

  • À quoi rime l'engouement de nos contemporains pour les matchs et les clubs de football? Que cherchent à mettre en forme les passionnés qui se regroupent, semaine après semaine, sur les gradins des stades ? Une longue enquête ethnologique, auprès des spectateurs ordinaires comme parmi les supporters les plus démonstratifs de trois métropoles singulières, éclaire d'un jour nouveau les significations de cette ferveur.
    Récits de vie et paroles quotidiennes des partisans, histoires de matchs - des préparatifs aux commentaires du lendemain -, composition et répartition du public dans le stade, fonctionnement des associations de supporters, chants, slogans, emblèmes utilisés pour encourager les siens et discréditer les autres. sont ici analysés au plus près pour cerner les ressorts et les modulations de cette effervescence.
    Saisi dans tous ses états et dans toutes ses résonances, le match de football apparaît comme le support d'une gamme extraordinairement variée d'identifications, comme un langage universel sur lequel chaque collectivité imprime sa marque propre et, plus encore, comme la mise en forme dramatique des valeurs cardinales qui façonnent le monde contemporain. Quant au stade, il s'offre comme un des rares espaces où une société urbaine, dans sa moitié masculine au moins, se donne en spectacle à elle-même et où s'expriment émotions et symboles proscrits dans le quotidien.
    Ces propriétés, jointes à l'exaltation du sentiment communautaire et aux pratiques ferventes des supporters les plus ardents, invitent à esquisser un parallèle entre le match de football et un rituel religieux. En quoi cette analogie nous aide-t-elle à mieux comprendre ce qui se joue sur le terrain et dans les gradins ?.

  • La Méditerranée est-elle un monde pluriel fait de parfums, d'échanges et de rencontres, un ensemble de sociétés qui présentent un air de famille, un univers tempétueux de conflits ?
    Comment passe-t-on de la coexistence bienveillante à l'affrontement sanglant ? Dans le monde méditerranéen, chaque groupe d'appartenance se définit dans un jeu de miroirs avec son voisin. Et ce sont ces différences complémentaires qui permettent de parler d'un système méditerranéen. Rappeler les pratiques de mixité, les épisodes heureux de coexistence, les valeurs partagées d'une rive à l'autre ne doit pas masquer la vigueur vécue des antagonismes. Une voie pour les surmonter est de prendre conscience de leur relativité. Ce voyage en Méditerranée, dans l'espace et dans le temps, invite à ce pas de côté...

  • À travers ses souvenirs personnels et le récit de 40 années passées sur le terrain (illustré par 80 photos inédites), l'ethnologue Christian Bromberger nous dresse le portrait d'un autre Iran, à rebours des visions caricaturales. Cette province du Nord, appelée Le Gîlan, anticipe les mutations de la société iranienne par son avant-gardisme : population égalitaire dans les rapports hommes-femmes, artistes de renoms, intellectuels engagés. Ce témoignage est également une réflexion sur le métier d'ethnologue, dans sa globalité.

  • Les « passions ordinaires » sont ces activités auxquelles nos contemporains consacrent toujours davantage de temps et de loisir. Véritable radiographie de nos passions, le livre se compose de brefs chapitres, présentant chacun une de ces activités. Sont ainsi successivement abordés : le soin des animaux de compagnie, le jardinage, le bricolage, la généalogie, le souci du patrimoine historique, l'oenologie, les concours d'orthographe, la météo amateur, la micro-informatique, le football, le rock, les jeux, la publicité, la randonnée, le jogging et la course de fond, la navigation de plaisance, la moto, les sports extrêmes, l'ésotérisme, les médecines douces.
    Les entretiens conduits par les chercheurs permettent aux individus interrogés de raconter leur part de rêve. Derrière ces engouements, se cristallisent des formes originales de sociabilité, une quête d'authenticité et de sens.
    A travers ces vingt études, ce livre jette les bases d'une ethnologie du loisir.

  • Du savon de Marseille emballé à l'ancienne aux vestes en tweed provenant de l'île Harris, en passant par les fromages au lait cru fabriqués dans une usine moderne, dix carrières d'objets nous entraînent ici au coeur des mécanismes subtils de l'innovation et de l'emprunt techniques.
    Ethnologues et sociologues nous montrent à travers ces exemples, parfois cocasses, les réseaux nécessaires à l'adaptation ou à la réactivation de ces objets.
    Ces " milieux techniques favorables " incluent ces passeurs et traducteurs que sont les inventeurs, les artistes, les élus, les aménageurs, les conservateurs et tous ceux auxquels la société confie le rôle de codifier, de promouvoir, de contrôler et d'authentifier processus et produits.
    Pour nous faire entrer de plain pied dans ces singulières histoires contemporaines, les chercheurs ont dû sortir de leurs rassurantes insularités disciplinaires et se confronter à cet apparent paradoxe de nos sociétés qui, en un même mouvement, revendiquent la tradition et promeuvent l'innovation.
    En prêtant une attention renouvelée aux usages et aux manipulations symboliques des objets, en les replaçant dans les contextes - mutations économiques et relances, emblématisation et patrimonialisation - qui leur donnent sens, les travaux présentés dans ce livre apportent une contribution originale au renouvellement d'une anthropologie de la culture matérielle d'aujourd'hui..

  • Aux lignes continues qui séparent les Etats-nations s'oppose l'enchevêtrement des frontières culturelles qui se superposent rarement les unes aux autres et dont l'incongruité désespère les administrateurs soucieux de la netteté et de la conformité de leurs découpages. D'un côté donc des frontières claires imposées par la volonté politique, de l'autre des marges floues, témoignages d'une histoire souterraine où interviennent les contraintes naturelles, les migrations des hommes, la diffusion et l'attraction des modes, etc. Ces marges et ces frontières sont des sites privilégiés pour l'investigation ethnologique. Comment se sont-elles construites et déplacées à travers le temps ? Quelles caractéristiques révèlent-elles des sociétés qu'elles partagent ? Comment sont-elles perçues et vécues par ceux qui les côtoient ? On trouvera dans ce livre, aboutissement de recherches impulsées et financées par la mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture, plusieurs études de cas sur la France mais aussi l'Italie, l'Irlande du nord, la Slovénie. Telles spécialités fromagères, tels types architecturaux, tels langues et dialectes, tels systèmes familiaux ou appartenances religieuses dessinent un paysage complexe d'usages et constituent autant de repères identitaires utilisés pour définir des limites floues mais aussi des frontières vives.

    Contributions de Abdelmajid Arrif, Dionigi Albera, Christian Bromberger, Borut Brumen, Claire Delfosse, Marie-Noëlle Denis, Sergio Dalla Bernardina, Danièle Dossetto, Alain Hayot, Joël Kotek, Neil Jarman, Catherine Llaty, Colette Méchin, Alain Morel, Francis Pomponi, José Rodrigues dos Santos, Thomas K. Schippers, Jean-René Trochet.

  • Jean-Pierre Digard est l'auteur d'une oeuvre considérable d'où émergent deux ensembles qui se recoupent souvent : les relations hommes-animaux et l'Iran, ce grand foyer de nomadisme pastoral. Chercheur passionné, il n'a pas négligé pour autant l'analyse de la société iranienne contemporaine et de ses mutations récentes. Plus largement, il a mené une réflexion, à travers de nombreux articles, sur les méthodes, les concepts et les champs (en particulier, l'étude des techniques) de l'ethnologie. En sus d'une oeuvre abondante, il s'est aussi fortement impliqué dans les activités collectives et la vie professionnelle.

    Écrites par des collègues, d'anciens élèves, des amis, les contributions réunies dans ce livre illustrent différentes facettes de la personnalité et de l'oeuvre de Jean-Pierre Digard. Un premier ensemble d'articles traite des passions personnelles (la langue française, la musique et, en particulier, le jazz) et des postures intellectuelles de notre auteur. Dans une deuxième partie sont regroupés des textes sur le pastoralisme nomade et le statut de l'animal, ici et ailleurs. Enfin, plusieurs contributions abordent des aspects saillants de la vie contemporaine en Iran (le culte des imâms, la diversité et la mobilité dans les villes iraniennes).

    Hommage à une forte personnalité de sa discipline, ce livre regroupe des analyses et réflexions sur des thèmes importants en sciences sociales et sur des sujets vifs dans le monde actuel.

    Ont participé à cet ouvrage Fariba Adelkhah, Marcel Bazin, Carmen Bernand, Christian Bromberger, Bernard Denis, Jean Derive, Carole Ferret, Bernard Hourcade, Jean Jamin, Azadeh Kian, Mohammad Hossein Papoli-Yazdi, Yann Richard, Frédéric Saumade, Soheila Shahshahani, Richard Tapper, Catherine Tourre-Malen, Anne-Sophie Vivier-Muresan.

  • Le corps autorise bien des manières de "devenir soi", il est un instrument flexible de régulation identitaire. Pourquoi les normes corporelles sont-elles aussi indissociablement des normes identitaires ? Les meilleurs spécialistes du corps et de l'identité se penchent sur ces questions à partir d'un riche matériel d'observations. C'est un livre incontournable pour qui souhaite mieux comprendre le rôle du corps dans notre société en le resituant comme un des supports de l'identité.


    Table des matières Introduction par Pascal Duret et David Le Breton 1 -- Trichologiques : les langages de la pilosité par Christian Bromberger 2 -- Body-building, affirmation de soi et théories de la légitimité par Pascal Duret 3 -- Le corps dans tous ses états. Corps visible, corps sensible, corps secret par Jean-Claude Kaufmann 4 -- Le corps, la limite : signes d'identité à l'adolescence par David Le Breton 5 -- Le soi dénudé. Sur l'inscription corporelle de l'identité intime par François de Singly 6 -- Beauté féminine, beauté culturelle. L'invention de la "ligne" dans l'idéal esthétique par Georges Vigarello

  • Dans ce début de xxie siècle, déjà si plein de bruit et de fureur, la figure de germaine tillion peut nous servir de repère.
    Connue pour ses engagements, notamment dans la résistance et à propos de la guerre d'algérie, germaine tillion reste en revanche bien trop méconnue comme ethnologue. a l'occasion de la 1re conférence germainetillion d'anthropologie méditerranéenne qui s'est tenue à aix-en-provence en mars 2002, tzvetan todorov a écrit ce texte qui éclaire l'oeuvre-vie de germaine tillion. christian bromberger nous révèle quant à lui l'immense apport de germaine tillion dans la connaissance du monde méditerranéen.
    Le harem et les cousins, qu'elle a écrit, est une étape très importante pour comprendre les formes de la parenté et la situation des femmes en méditerranée. "si l'ethnologie, qui est affaire de patience, d'écoute, de courtoisie et de temps, peut encore servir à quelque chose, c'est à apprendre à vivre ensemble. " n'est-ce pas ce dont nous avons le plus grand besoin aujourd'hui ? ce livre, enrichi de photographies inédites de germaine tillion, répond à cette attente.

  • De 1996 à 2002, Lionel Briot a été supporter de l'OM. L'un des très rares (peut être le seul ?) à avoir pu photographier dans les tribunes ses compagnons, sa tribu. Une photographie plus qu'humaine d'un des phénomènes de société des périphéries du sport le plus populaire qui soit. Pour ressouder avec sa ville, se faire une identité, à la fin des années 90, l'auteur fréquente le Vélodrome.
    Dans le virage, il tourne le dos au match, fasciné par l'hystérie collective.
    Une photographie faite d'émotion, de rage. Ce fut un défi personnel, c'est aujourd'hui un témoignage.

empty