Marc Wiel

  • L'auteur analyse ici la démarche du Grand Paris comme un conflit entre des institutions, qu'il considère logique dans l'état actuel de la décentralisation en région parisienne. Il propose une grille d'analyse, décortique les prises de positions des divers acteurs, les interprète et en tire des conclusions. Il suggère de donner la priorité à une réforme de la fiscalité locale pour privilégier certaines politiques urbaines et préparer un nouveau fonctionnement entre des institutions rénovées et aux compétences redéfinies.

  • La loi SRU a relancé l'élaboration des Schémas de cohérence territoriale dans les agglomérations françaises, mais ces démarches ont du mal à aboutir. Pourtant les réflexions préalables ont été transversales aux différentes politiques urbaines sectorielles (économie, habitat, transport) et sont situées à la bonne échelle géographique. Mais le dialogue est malaisé entre les différents acteurs. Convictions ou intérêts se télescopent souvent sans permettre de décisions efficaces. Il convient d'inventer de nouveaux moyens de régulation collective...

  • On a souvent comparé les villes à d'immenses cerveaux collectifs en perpétuel mouvement.
    Seulement, pour que ce cerveau soit irrigué, vitalisé sans cesse, il faut que l'on puisse s'y mouvoir, que l'on sache faciliter les échanges en nombre et qualité. aussi la mobilité, l'accessibilité sont essentielles à la qualité de la vie urbaine. mais la facilité de se mouvoir induit des congestions, des nuisances et des mutations urbaines incontrôlées.
    Alors, à partir de quand peut-on dire que ville et mobilité rentrent en opposition ? pour marc wiel, il faut penser et organiser, en même temps, la mobilité et la ville car elles ne peuvent être dissociées ; interagissantes, à la fois complémentaires et concurrentes, elles font système.
    La ville conditionne les formes de la mobilité, comme les conditions de la mobilité influent sur la ville. pour l'auteur, la ville équilibrée et équilibrante, la ville durable, est celle de la vitesse maîtrisée, de la vitesse accordée aux densités de l'occupation du sol mais aussi à la fréquence des échanges. l'équilibre entre transports individuels et collectifs, politiques d'urbanisme, pourra alors être trouvé, mais dans l'unicité de chaque réalité urbaine.
    Un court essai qui pose des questions essentielles sur l'avenir de notre qualité de vivre ensemble.

  • La métropole du Grand Paris verra le jour en 2016. Ce livre est d'une actualité brûlante, mais il ne confond pas vitesse et précipitation. Il fait le pari de l'intelligence, en prenant le temps de comprendre l'origine des problèmes vécus par les Franciliens. Il ose dynamiter des mythes qui ont la vie dure, parler de handicap mégapolitain, distinguer grandeur et obésité, toujours plus et toujours mieux.
    Il ose démontrer qu'il est vain de vouloir piloter séparément logement et transport, ce vers quoi nous allons pourtant. Il ose parier sur l'invention de nouveaux mécanismes de régulation et de nouveaux espaces de collaboration entre territoires quand les débats et disputes portent surtout sur les périmètres et les compétences. C'est en cela qu'il constitue un véritable Plan B par rapport aux démarches en cours.
    C'est aussi, au-delà du Grand Paris et de son actualité, une grande leçon d'urbanisme, avec une approche qui consiste à mettre en relation des domaines trop souvent vus comme indépendants, exprimer simplement des relations complexes pour faciliter les débats, explorer des voies alternatives aux habitudes. C'est aussi une leçon de démocratie pour les grands territoires, dont le gouvernement, loin de toute attitude surplombante, doit se donner pour objectif de concilier unité et diversité.
    Le manuscrit lui-même, éclairé et dynamique, raconte l'aventure du Grand Paris comme une épopée avant tout humaine, ce que l'on oublie parfois. L'auteur donne par ailleurs les clés d'une meilleure compréhension des attendus et des enjeux de Grand Paris, mais aussi, à travers ses analyses sur le foncier et la mobilité, des clés pour bon nombre de territoires actuellement en mouvement et en recherche de cohérence urbaine.

  • Le grand Paris, c'est un grand tournant dans l'histoire des projets de transports. Les communicants l'ont emporté sur tous ceux qui pensent d'abord aux franciliens et à l'amélioration de leurs conditions de vie, de logement et de transport dans une métropole dynamique et durable. Pour les promoteurs du grand Paris, le bon projet est celui qui fascine, mobilise, fait bouger les lignes, et assume son irrationalité, notamment financière. Pour eux, l'objectif n'est pas le consensus, mais la victoire. Ils l'ont obtenue, provisoirement, sur le papier. Transformer l'essai sera beaucoup plus difficile, car les vrais problèmes demeurent : dégradation des conditions de vie des franciliens, difficultés à financer des investissements pharaoniques, besoin de retrouver plus de cohérence entre habitat et emploi. Ils reviendront immanquablement à la surface. La question du grand Paris n'est pas derrière nous, elle est devant nous, et pour de longues années. Il faut s'y préparer.

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