Patricia Falguières

  • Fresques de Fontainebleau ou de l'Escurial, jardins Boboli, monstres de Bomarzo ou grottes de la villa Borromée sur le lac Majeur sont les hauts lieux du maniérisme. Redécouvert au début du XXe siècle, le maniérisme, souvent confondu avec la Renaissance dont il constitue le prolongement, demeure mal identifié. On peut y reconnaître une avant-garde avant la lettre, comme le démontre avec brio Patricia Falguières. Une avant-garde triomphante puisque le maniérisme fut à l'origine du premier grand style international depuis le gothique. À partir de Fontainebleau (son foyer central avec Florence et Rome), il étend son emprise sur l'Europe du XVIe siècle. Partout images et formes recyclent, durant près d'un siècle, les modèles inventés par Rosso, le Parmesan, le Primatice... Au coeur de cette aventure, un héros inattendu, Michel-Ange - figure tutélaire d'une génération de jeunes artistes indisciplinés. Tout à la fois excentriques géniaux et techniciens exceptionnels, individualistes forcenés et compétiteurs féroces, ils vont forger le langage artistique de l'Europe moderne, réinventer les règles du grand décor, populariser la figure de l'artiste génial. Ils ont aussi accrédité l'idée que l'art n'est pas seulement une question de savoir-faire, mais d'«idée» et de «génie».

  • Luc Tuymans: La Pelle documents the most ambitious monographic exhibition of the work of Luc Tuymans (born 1958). The Pinault Collection at Palazzo Grassi has in the past mounted exhibitions of the work of Sigmar Polke, Damien Hirst and Urs Fischer in its elegant interiors along the Grand Canal in Venice. It was thus the appropriate venue for this survey of Luc Tuymans' work. Quiet, restrained and at times unsettling, his works engage with questions of history and its representation and with everyday subject matter in an unfamiliar and eerie light. Painted from preexisting imagery, they often appear slightly out-of-focus and sparsely colored, like third-degree abstractions from reality. Whereas earlier works were based on magazine pictures, drawings, television footage and Polaroids, recent source images include material accessed online and the artist's own iPhone photos, printed out and sometimes rephotographed several times.

  • Publié à l'occasion des quarante ans de la galerie Chantal Crousel, cet ouvrage fleuve (plus de 700 pages et 3 kg) revient sur l'histoire de la galerie, considérée comme un acteur majeur de la scène artistique contemporaine, en France comme à l'international.
    Alors que les dernières années, une foule de nouveaux écrits se sont attardés sur la définition du curator en interrogeant son rôle et sa pratique au sein de l'histoire de l'art, le métier de galeriste est lui très peu souvent décrit, ou uniquement à travers l'intelligence marchande qu'on lui associe généralement. Ce livre, publié à l'occasion des quarante ans de la galerie Chantal Crousel, est autant un moyen de célébrer cet anniversaire qu'une manière de répondre à ce manque persistant, en décrivant sur près de quatre décennies la construction d'une galerie, la construction de plusieurs regards, celle d'une longue exposition, et de réaffirmer ainsi la place du métier de galeriste dans l'histoire de l'art récent.
    L'ouvrage s'ouvre sur un double entretien de près de cent-cinquante pages mené par Philippe Vergne, directeur de la fondation Serralves, Porto, avec Chantal Crousel et Niklas Svennung. Tous deux y évoquent leur conception du métier de galeriste, leurs engagements critiques, l'admiration qu'ils portent pour les artistes avec lesquels ils travaillent. Chantal Crousel revient sur son enfance en Belgique, ses études d'histoires de l'art, sa rencontre avec Christian Dotremont, l'ouverture de la Dérive, sa première galerie, puis toute la genèse de ce qui deviendra après plusieurs années de collaborations la galerie Chantal Crousel. Niklas Svennung décrit plus précisément les dix dernières années d'existence de la galerie et sa volonté de penser son évolution en se tournant vers une nouvelle génération d'artistes internationaux.
    Ces discussions sont suivies par un dossier iconographique foisonnant qui présente une très grande partie des expositions ayant eu lieu au sein de la galerie Chantal Crousel. On y retrouve les oeuvres de Tarek Atoui, Mona Hatoum, Glenn Ligon, Jean-Luc Moulène, Clément Rodzielski et celles de tous ceux qui ont croisé le chemin de la galerie : d'Absalon à Sophie Calle, Cindy Sherman ou Tony Cragg. Deux textes, de Patricia Falguière et Alexandre Costanzo, clôturent l'ouvrage en s'attardant sur la réception critique des artistes représentés par la galerie. À l'issu des sept cent pages que compte cet ouvrage, le lecteur pourra ainsi percevoir clairement le parcours de cette galerie historique, connaître les différentes formes et les différents espaces qui ont été les siens, pour finalement être capable, nous l'espérons, de définir lui-même après l'avoir démystifié le métier de galeriste.

  • Première monographie consacrée au Musée des erreurs de Pierre Leguillon : une exposition itinérante composée d'artefacts visuels issus de la culture de masse et de l'artisanat, interrogeant avec humour et subversion les mécanismes de la société de l'image.
    Fondé à Bruxelles en 2013 par Pierre Leguillon, le Musée des Erreurs est une exposition itinérante qui s'installe dans les salles des musées comme un cirque itinérant qui vient en ville et qui repart. Le reste du temps, la collection est stockée dans l'atelier de l'artiste, principalement dans les placards de sa cuisine. La plupart des objets sont fabriqués en série et leur valeur matérielle est négligeable : cartes postales, pochettes de disques, affiches grandes et petites, pièces de tissu, céramiques, art populaire, dessins d'enfants et autres objets divers.
    L'ouvrage rassemble également des objets jugés trop petits, trop fragiles ou trop insignifiants pour avoir été exposés, ainsi que des photographies de scènes de rue quotidiennes qui éclairent les différentes facettes de la collection. Qu'ils soient signés ou anonymes, ces objets défient toute prétention d'autorité à une époque où la culture visuelle est partagée sur les médias sociaux et sur le web, sans distinction de valeur matérielle ou esthétique, souvent sans légendes et, trop souvent, avec des attributions erronées. Pour Leguillon, le tri et le remaniement constants des objets nous aident à revisiter les interprétations conventionnelles et à subvertir, avec une bonne dose d'humour, le genre de « prêt-à-porter » culturel que tant de musées nous servent aujourd'hui. Des essais de Patricia Falguières et Morad Montazami situent le Musée des Erreurs dans la tradition des musées d'art et du phénomène d'appropriation culturelle, tandis que Carrie Pilto rédige des légendes en style libre en commentaires des objets présentés.

  • Une analyse de la reconstitution du logement de Ghislain Mollet-Viéville, le plus important ensemble d'oeuvres d'art conceptuel et minimal en Suisse Romande.
    Présent au MAMCO depuis l'ouverture de l'institution au public, L'Appartement est un espace particulier dans le parcours du musée. Il s'agit de la reconstitution de l'appartement de Ghislain Mollet-Viéville situé à l'origine au 26 de la rue Beaubourg à Paris. Occupé et aménagé par ce dernier de 1975 à 1991, ce lieu de vie était aussi un lieu d'échanges et d'exposition d'oeuvres précisément choisies. L'art minimal et conceptuel y tenaient une place essentielle pas simplement à travers des oeuvres mais aussi comme forme de vie. Désormais partie intégrante de la collection du MAMCO, L'Appartement propose, entre autres, des pièces de Donald Judd, Carl Andre, Claude Rutault, Art & Language, Joseph Kosuth, Lawrence Weiner et André Cadere. Cet ouvrage en est la présentation détaillée à travers un essai de Patricia Falguières, un entretien avec Ghislain Mollet-Viéville et une étude de chaque oeuvre par Thierry Davila. Il montre aussi combien collectionner signifie inventer un type singulier de fréquentation de l'art.

  • Publié à l'occasion des quarante ans de la galerie Chantal Crousel, cet ouvrage fleuve (plus de 700 pages et 3 kg) revient sur l'histoire de la galerie, considérée comme un acteur majeur de la scène artistique contemporaine, en France comme à l'international.
    Jure-moi de jouer retrace le parcours des expositions individuelles et collectives présentées entre 1980 et aujourd'hui à la galerie Chantal Crousel. Il s'articule autour d'un entretien d'une centaine de pages entre Philippe Vergne, Chantal Crousel et Niklas Svennung, et comprend aussi deux textes critiques, de Patricia Falguières et Alexandre Costanzo, ainsi qu'une très large sélection d'images d'archives. Cette publication est l'occasion de rendre sensible la relation forte entretenue par la galerie avec ses artistes.

empty