Littérature traduite

  • Fixées sur une toile ou sculptées dans la pierre, érigées en monuments ou bâtiments, photographiées - et, désormais, scannées, numérisées -, jamais les images n'ont, depuis les origines, failli à leur vocation de transformer l'instant en éternité.
    Mais l'histoire qu'elles recèlent demeure souvent cryptée et comme " illisible ". a l'instar du baiser du prince réveillant quelque belle au bois dormant, seul un regard peut alors réanimer ce qui a été ainsi " endormi ".
    Redonner vie au monde des images, tisser des liens entre oeuvres prestigieuses et réalisations d'artistes moins connus, révéler, ce faisant, l'itinéraire de certaines traditions iconographiques, solliciter autrement le regard, apprendre à lire ce que l'on voit : exemplaire, généreuse, éminemment féconde, l'approche d'alberto manguel, sous le double signe du savoir et du plaisir, invite tout lecteur-spectateur à reprendre possession de l'univers même de la représentation, et peut-être à composer, à son tour, son propre livre d'images ".

  • EXTRÉMISME RELIGIEUX ET DICTATURE sont les deux faces d'un même malheur historique. Voici plus de trente ans que les Égyptiens - et avec eux tous les peuples arabes - sont acculés face à ce dilemme : impossible sans démocratie d'en finir avec le fascisme religieux, impossible de bâtir la démocratie sans mettre fin au fascisme religieux. Entre ces maux d'égale nocivité il n'y a pas à choisir : il faut les combattre tous deux avec une même ardeur. C'est sur cette difficile ligne de crête que les Arabes doivent se maintenir s'ils souhaitent redevenir pleinement sujets de leur propre histoire. Cette problématique qui sous-tend toute l'oeuvre littéraire d'Alaa El Aswany est également le thème central de la chronique hebdomadaire par laquelle, depuis cinq ans, il poursuit au grand jour son double combat pour la liberté.
    Tant que les femmes ne seront pas considérées comme des êtres humains à part entière, tant que les coptes et les bahaïs d'Égypte, tant que les chiites de Bahrein et d'Arabie Saoudite ne seront pas totalement égaux en droits avec les autres citoyens, les peuples arabes ne pourront pas secouer les chaînes de leur servitude. Liberté, égalité, justice, démocratie : pendant cinq ans - avant la révolution de 2011, puis tout au long des péripéties qui ont suivi -, l'auteur de L'Immeuble Yacoubian a martelé ces mots pour mieux les faire pénétrer dans la conscience de ses concitoyens.
    Ces valeurs sont-elles incompatibles avec l'islam ? Non, nous dit-il, mais elles le sont avec ce que l'islam est devenu, au terme de siècles de décadence et de tyrannie, dans sa version la plus caricaturale, celle d'un salafisme sclérosé aux références médiévales propagé grâce à l'argent du pétrole sur le terrain propice de sociétés en crise. Au coeur de la religion se trouvent des valeurs spirituelles - ou humaines - universelles. Tout le reste - les rites, la charia - est une construction opportuniste au service d'une volonté de pouvoir, un moyen d'asservir les hommes et de les aveugler.


    GILLES GAUTHIER

  • Au moment de sa disparition en 2003, Edward W. Said occupait, parmi les penseurs de son temps, une place prééminente : publié à titre posthume, Du style tardif est l'un des derniers ouvrages d'un intellectuel qui consacra son existence à observer les manifestations culturelles dans leur relation avec le politique.
    Issu du séminaire extrêmement populaire qu'Edward Said tint à l'automne 1995 à l'université de Columbia à New York, les essais qui composent ce recueil examinent les oeuvres produites, sur la fin de leurs vies respectives, par des artistes aussi différents que Richard Strauss, Beethoven, Arnold Schoenberg, Thomas Mann, Jean Genet, Giuseppe Tomaso di Lampedusa, Constantin Cavafy, Samuel Beckett, Luchino Visconti et Glenn Gould.
    Le "style tardif" - terme introduit par Adorno - n'a pas nécessairement partie liée au vieillissement ou à la mort, le style n'étant pas une créature mortelle, et les oeuvres d'art n'étant pas dotées d'une vie organique qu'elles pourraient perdre. Ce qui n'empêche pas l'approche de la mort de faire néanmoins son apparition dans les oeuvres de l'artiste par l'introduction de "l'anachronisme et l'anomalie" (Mann, Richard Strauss, Genet, Lampedusa, Cavafy), des caractéristiques n'ayant rien à voir avec la sublime sérénité qui marque les oeuvres ultimes d'un Sophocle ou d'un Shakespeare, dans lesquelles les auteurs semblent avoir réussi à régler leurs différends avec le temps.
    Aux yeux de Said, il est clair en effet que loin de constituer le point culminant du parcours artistique de toute une vie, la plupart de ces oeuvres dites "de la dernière période" quel que soit le domaine de création concerné, sont pétries de contradictions insolubles et porteuses d'une impénétrable complexité : bien que ces oeuvres se soient le plus souvent posées en radicale contradiction avec les canons esthétiques de leur temps, elles jouèrent, non moins fréquemment, un rôle précurseur, annonçant les phénomènes en germe au sein de chacune des disciplines artistiques concernées. C'est en cela qu'elles peuvent être qualifiées d'oeuvres émanant de "génie" - au sens le plus authentique du terme.
    Le "tardif" équivaut, pour Said, à "une forme d'exil" car lui-même, grande figure de l'exil des Palestiniens, associait à la notion de style tardif un attachement passionné à l'authenticité des relations qui se refusent à tout compromis de réconciliation. Tout ce qui est tardif "élucide et théâtralise" et rend difficile d'entretenir des illusions, écrit-il.
    Dans leur éloquence, dans leur passion - car le sujet, au fur et à mesure qu'il le traitait, faisait de plus en plus profondément et douloureusement écho aux propres préoccupations de Said affrontant, au soir de sa vie, la leucémie qui devait l'emporter -, ces essais, aussi brillants que révélateurs et porteurs d'intuitions fulgurantes, sont bien l'ultime chef-d'oeuvre de Said lui-même.


  • " ce que l'amérique refuse de voir distinctement, elle ne peut guère y remédier.
    " cette formule d'edward said, à qui ce livre est dédié, dit très clairement le sens de cet essai : l'empire aveuglé. rashid khalidi. un des meilleurs connaisseurs de la politique américaine au moyen-orient, nous permet de comprendre pourquoi un tel chaos. dans une région du monde qui a la mémoire longue, l'ignorance de l'histoire et de ses enseignements peut être fatale. a partir d'une analyse de l'héritage de l'engagement occidental au moyen-orient, de la façon dont la démocratie a été instrumentalisée et le pétrole accaparé, alors qu'en palestine l'amérique ne cesse d'affirmer son parti pris en faveur d'israël, khalidi nous révèle le dessous des cartes.
    " thierry fabre. " l'ouvrage extraordinaire de rashid khalidi est d'une grande pertinence pour notre époque, à la lumière surtout de l'implication croissante des etats-unis au moyen-orient. khalidi apporte des connaissances de tout premier ordre et fournit un vaste arrière-plan historique à un sujet qui, plus que jamais, nécessite une telle clairvoyance. " joseph stiglitz, prix nobel d'économie.

  • Que penser de l'actuel conflit international sur la question du nucléaire iranien : Quelle est l'origine de la crise qui oppose les Etats-Unis et l'Iran ? Quels seul les changements qui ont fait de l'allie privilégié des USA dans la région un "étau voyou" ? Que faut-il comprendre par République islamique ? Quelle soit les instances et les personnes qui modèlent celte théocratie ? Quelle politique adopter face à la menace d'une guerre Le dissident iranien Rahman Nirumand, grand connaisseur du sujet, propose ici une nouvelle lecture des provocations iraniennes. D'une écriture alerte et nourrie d'informations "de l'intérieur", cet essai est une contribution essentielle pour comprendre les enjeux contemporains au Moyen-Orient.

  • Malgré une durée de travail de plus en plus réduite, le sentiment de manquer de temps se généralise.
    Ce sont aussi les techniques modernes pour gagner du temps, et les nouvelles stratégies pour ne jamais en perdre qui modifient profondément notre existence. En dix-huit chapitres, Lothar Baier raconte l'évolution historique de la notion du temps et du sentiment temporel. Il confronte une multitude de faits et de textes - littéraires, philosophiques, sociologiques - avant de livrer une réflexion riche et concluante.
    Avec, au centre, une question : comment désirons-nous vivre ?

  • L'auteur s'est intéressé aux nombreux souvenirs laissés par les Juifs, au cours du XIIIe siècle, dans la province romaine qui s'étendait des Pyrénées aux Alpes. Il recense dans cet ouvrage les vestiges et l'héritage de cette population et propose, à la fin de chaque étape historique, les informations nécessaires à la visite des lieux concernés.

empty