Entreprise, économie & droit

  • Aujourd'hui le village est " planétaire ", l'adolescent " mondial " et la société de consommation dominée par les marques.
    Les espaces publicitaires traditionnels qu'elles se sont de tout temps montré promptes à coloniser - panneaux d'affichage, télévision, cinéma, presse écrite - sont désormais devenus trop restreints pour des logos frappés d'expansionnisme galopant. en plantant leurs drapeaux sur des territoires jusqu'à présent vierges de toute publicité, en substituant un simple objet de consommation une image capable de le faire accéder à la dimension du mythe, les multinationales ne se sont pas contentées de bouleverser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays.

    Dans cette course aux profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les droits de l'homme : l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains etats du tiers-monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. pendant ce temps, en occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent.

    Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s'organisent sur internet : ils veulent récupérer l'espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d'acheter des produits pour lesquels d'autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois même du sang.

    Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. les événements de seattle ou de prague l'ont prouvé : il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques.

  • L'alliance du gai savoir et du goût de la vie, ou comment ouvrir le chemin de la pensée de midi... Cette image, née sous la plume d'Albert Camus, nous invite à découvrir un art de vivre particulièrement nécessaire à notre temps. Loin du stress et du spleen, qui habitent au coeur des sociétés occidentales, l'auteur nous fait partager un style de vie méditerranéen. L'american way of life qui se répand sur la planète n'est pas la seule perspective. Il existe une alternative à portée de main. Le rêve méditerranéen ici présenté n'est pas une chimère ou une vaine illusion, il affronte la réalité de la violence et du terrorisme, cette nouvelle figure du tragique contemporain. Mais il est aussi un tragique solaire qui se retrouve dans le cante jondo, il demeure un élan venu de l'imagination créatrice, cette forme de connaissance laissée en jachère qui ne demande qu'à se déployer, au milieu du monde... Le moment est venu de retrouver le sens de la mesure face à la démesure de notre temps, de savoir tracer des limites pour rendre la terre habitable et respirable, alors que la dynamique du capitalisme et de la société de consommation est en train de la dévaster. En Méditerranée, "la source est là", c'est un héritage pour demain qui nous permet de renouer avec la quête de l'émerveillé. A une époque où la violence, la guerre et les incompréhensions s'accumulent, il est plus nécessaire que jamais d'inventer de nouvelles polyphonies entre les cultures, là où la cacophonie se fait entendre avec force. L'avenir d'un passé, tout se joue là pour l'ensemble méditerranéen, qui peut faire naître un réel "savoir vivre" et dessiner un monde commun, par-delà la faille que l'on devine grandissante...

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