Arganier

  • Liberté pour le Tibet

    Dalaï-Lama

    • Arganier
    • 4 Septembre 2008

    Ce recueil de discours vient raviver et actualiser un combat politique, diplomatique et spirituel dont l'enjeu est, notamment, la survie d'une culture originale, unique et indispensable à l'humanité toute entière.
    Les graves émeutes de mars 2008, à lhassa, ont en effet remis en lumière, malgré les autorités de pékin, l'oppression subie par le peuple tibétain. peuple bâillonné depuis l'occupation par les troupes de mao en 1950, sans cesse attaqué et spolié, sa résistance - incarnée par la figure de son chef spirituel et temporel - est toujours vivace. plusieurs données ont cependant modifié cette conquête de l'autonomie par la non-violence prônée par le dalaï-lama : l'opinion publique mondiale, l'accession de la chine au rang de grande puissance économique, la radicalisation d'une partie de la jeunesse tibétaine.


  • max jacob aurait écrit vingt mille lettres, ce qui ferait de lui l'un des derniers, sinon le dernier, de nos épistoliers du xxe siècle.
    nous en avons trouvé, pour notre part, plus d'un millier. didier gompel-netter. le max jacob qui se donne à lire, au long de ces précieuses pages retrouvées, est joyeux, avide d'écrire, débordant d'un talent en liberté tant il est vrai que dans ce temps-là, les poèmes, on ne les écrivait pas, mais on les vivait. c'était plus joli. ces missives sont la preuve d'un temps de vivre véritable, d'une écoute fraternelle et amoureuse de l'autre, d'un art d'orfèvre des mots comme on n'en retrouve plus.


  • Comme un lundi... ferié

    Boll

    Que l'ont soit patron ou simple rouage, il y a, un monde fou qui se débat dans les modes fluctuantes et les anglicismes de l'entreprise française: directives contradictoires, coaching, pesanteurs de la " culture d'entreprise ", miroir aux alouettes de la culture start-up...
    Pourtant, l'Homo bureautis n'a que peu évolué. Certes, depuis Courteline, les ronds de cuir ont disparu et il y a eu quelques nouveautés. Les femmes, venues mettre leur grain de sel dans les rouages; l'informatique, promue lampiste multi-usages; la mondialisation et ses chaises musicales... Toutefois le chef reste le chef, même s'il est sous-chef, qu'on se le dise. Aussi de temps en temps, même le fils du patron rêve de poésie, et alors il tombe...
    dans l'édition, autre forme d'entreprise. Pire ou pas mieuxoe Charybde ou Scyllaoe

  • Ce livre que Luc Vidal écrit sur la peinture d'Olivier Bernex est un livre d'enthousiasme.
    Enthousiasme du critique pour l'oeuvre du peintre dont il célèbre avec lyrisme les mérites, décrit l'évolution thématique et analyse la pratique avec un allant communicatif et un art de la formulation qui associe intimement caractérisation de la manière de peindre et mise à jour des motivations du peintre. Ainsi de ces barques noires, ou barques dans la nuit, on ne sait trop, de pécheurs tunisiens, qui allient paradoxalement densité massive des carènes sombres et légèreté dansante des esquifs vides, dont il voit bien qu'elles témoignent d'une crise intérieure et dont il dit en conséquence qu'elles flottent " sur les flots des inquiétudes".
    Ou encore, à propos de Nus et dentelles, allègres compositions inventoriant le corps féminin dans des attitudes diverses, l'observation que "la sensualité débordante [des ceuvres d'Olivier Bernex] fertilise les rêves de nos regards et les regards de nos rêves ", ce qui met l'accent sur l'étroite corrélation entre l'imagination formelle et coloriste des oeuvres et leur pouvoir d'émouvoir. Enthousiasme du peintre dont toute l'oeuvre atteste d'un engagement entier dans ce qu'il peint, qu'il s'agisse d'un sujet qui apparemment ne prête qu'à variations formelles de composition et de disposition, comme Les Indiennes, ou de la dénonciation véhémente des atteintes à la dignité de l'homme, dans Les Métaphores de la liberté qui montre les victimes de déportations à Cayenne.
    Cet enthousiasme, ou cette énergie, mis à célébrer la beauté des choses ou le courage des hommes qui résistent à des conditions de vie dégradantes se retrouve dans les chansons de Léo Ferré dont Olivier Bernex accompagna le tour de chant d'une série de portraits en action accordés aux textes rageurs et poétiques du chanteur. Jean Arrouye, Sociétaire de l'Association Internationale des Critiques d'Art, Professeur des Universités, spécialiste de sémiologie de l'image.

  • Les dévorants

    Etienne Cattin

    • Arganier
    • 7 Septembre 2006

    Les « Dévorants », ce sont les hommes de la vapeur, mécaniciens et chauffeurs, et c'est bien ce que sont Valleraud et Desfossés, aux commandes de leur Mountain, formidable monstre d'acier qui « dévore » le rail et la nuit. Or, nous sommes à l'époque où les motrices diesels ou électriques supplantent peu à peu les « bêtes humaines ». Au long de ces pages d'une étonnante poésie, Cattin nous raconte le dernier voyage de l'une de ces locomotives à vapeur, sur la ligne du Nord, décrivant à la fois les gestes de cette noblesse ouvrière que furent les « Dévorants » et le drame de ces hommes, leur amertume, leur colère d'avoir à abandonner cette communion intime avec la machine. Le texte du roman publié pour la première fois en 1956 chez Julliard- est complété par un glossaire et des textes explicatifs sur le fonctionnement des « vapeurs », par Jean- Roger Baudot, lui-même mécanicien roulant, chef de traction, fils et petit-fils de « Dévorant ». La suite qu'a donnée Étienne Cattin à ce roman, La Fin des Dévorants, paraîtra aux Éditions l'Arganier au printemps 2007.


  • si la vénalité est un vilain défaut, il est l'un des mieux partagés, avec peut-être, l'aveuglement, aussi.
    charles tuparle, assureur de son état, entend bien exploiter au nom du premier travers les possibilités qu'offre le second. cynique, sans doute, mais aussi bien informé, il pense avoir découvert un domaine sur lequel les grands argentiers de l'assurance n'ont pas encore posé la patte : celui de la téléphonie mobile. voilà bien un mystère. ce que charles va découvrir est bien plus juteux, et considérablement plus effrayant, que ce à quoi il s'attendait en entament le journal de son enquête.
    un jour après l'autre, chaque pas le rapproche des enfers. ah, au fait. et dieu dans tous ça ? ne quittez pas, un opérateur va vous répondre.

  • Ce dernier volume de la correspondance rassemblée par Didier Gompel-Netter couvre donc les années d'Occupation.
    Max Jacob vit en illustrant les pages de garde de ses propres livres que des libraires lui envoient. S'il pressent la fin, c'est d'art, encore et toujours d'art, dont il s'obstine à parler. A Jean Follain 12 février 1942 Mon cher Jean, J'ai d'abord reçu la visité de la gestapo et comme un monsieur [...] me demandait ce que j'écris, je lui ai tendu une brochure de Poèmes 38 ; "C'est tout ce que j'ai de moi ici.
    Voulez-vous l'emporter ? Attendez ! Je vais vous mettre une petite dédicace : rappelez-moi donc votre nom?... Ah, très bien... mais que vais-je écrire... amitié ? Ce serait indiscret !... Hommage, c'est bien ridicule... Eh bien... souvenir ?" Il est parti en emportant les adresses des lettres qui attendaient le courrier sur ma table.

  • Jubilé !

    Henri Girard

    Après avoir fait revenir quelques souvenirs jusqu´au sépia des années soixante, jetez dans un grand faitout un cantonnier fraîchement retraité, un facteur alcoolisé du tendon, un Écossais farfelu et enfin un suicidaire de petite noblesse.
    Liez cette association de bienfaiteurs de quelques promesses, saupoudrez avec les extraits de quatre livres ni trop verts, ni trop faisandés que vous aurez choisi avec soin.
    Laissez roussir à feu vif.
    À part, battez les grosses légumes jusqu´à les attendrir. Ici un maire, un curé et un instituteur. Lardez-les de bons mots et réservez.
    Une fois le contenu de votre braisière réduit à sa plus noble expression, jetez-y les édiles en pâture, remuez vigoureusement puis déglacez vos sucs d´une bolée de cidre.
    Savourez au coin de l´âtre le résultat jubilatoire de cette carbonade.


    "L´écriture, opulente comme un vert pâturage, restitue bien l'ambiance de ces campagnes et l'esprit de ces campagnards, que le Bourvil des débuts incarnait à merveille.
    J'ai lu Jubilé, grandiose comme du San Antonio et précis dans sa mécanique comme du Paul de Kock.


    Ce roman m'a rendu à la bonne humeur et à la rigolade (ce n'est pas fréquent de nos jours).


    Il m'a passé un après-midi complet. Je n'avais pas envie de le lâcher avant le fin mot. Et puis, il me rappelait un peu mes origines normandes. Ce n'est pas que je m'en glorifie, mais en vieillissant on finit toujours par succomber vaguement à la nostalgie de ces choses-là. » Franz Bartelt, écrivain (éd Gallimard et Le Dilettante) Prix Goncourt de la nouvelle 2006 avec Le Bar des habitudes Grand Prix de l´humour noir en 2000 avec Les Bottes rouges.

  • Le capital humain

    Jean-Marc Rouillan

    • Arganier
    • 16 Janvier 2007


    le matricule 1829, alias toxic, a enfin obtenu sa conditionnelle.
    le monde, après plus de dix ans de taule, n'est plus guère comme il l'avait quitté. mais sa rage est intacte : ce boulot dans une usine classée " seveso ", cette piaule dans un foyer - si semblable à sa cellule -, sa condition d'intérimaire, tout cela n'est là que pour attendre le dernier coup : le coffre d'un bourgeois en or massif. après ce sera les caraïbes, la vie douce. c'est compter sans. les autres, ceux contre lesquels il s'était tant blindé.
    ces ouvriers ne sont pas tous les moutons bêlants qu'il s'imaginait. eux aussi ont leur histoire qui pourrait paraître dérisoire si elle n'était pas si attachante. la camaraderie pointe son nez comme une pousse de verdure dans ce sol brûlé par les acides. puis le sourire confiant de louise. peu à peu, toxic redevient patrick branly et se prend à y croire. jusqu'au jour oú. l'occupation de l'usine est votée par des ouvriers prêts à tout.


  • Ce livre que Luc Vidal écrit sur la peinture d'Olivier Bernex est un livre d'enthousiasme.
    Enthousiasme du critique pour l'oeuvre du peintre dont il célèbre avec lyrisme les mérites, décrit l'évolution thématique et analyse la pratique avec un allant communicatif et un art de la formulation qui associe intimement caractérisation de la manière de peindre et mise à jour des motivations du peintre. Ainsi de ces barques noires, ou barques dans la nuit, on ne sait trop, de pêcheurs tunisiens, qui allient paradoxalement densité massive des carènes sombres et légèreté dansante des esquifs vides, dont il voit bien qu'elles témoignent d'une crise intérieure et dont il dit en conséquence qu'elles flottent "sur les flots des inquiétudes".
    Ou encore, à propos de Nus et dentelles, allègres compositions inventoriant le corps féminin dans des attitudes diverses, l'observation que " la sensualité débordante [des ceuvres d'Olivier Bernex] fertilise les rêves de nos regards et les regards de nos rêves", ce qui met l'accent sur l'étroite corrélation entre l'imagination formelle et coloriste des oeuvres et leur pouvoir d'émouvoir. Enthousiasme du peintre dont toute l'oeuvre atteste d'un engagement entier dans ce qu'il peint, qu'il s'agisse d'un sujet qui apparemment ne prête qu'à variations formelles de composition et de disposition, comme Les Indiennes, ou de la dénonciation véhémente des atteintes à la dignité de l'homme, dans Les Métaphores de la liberté qui montre les victimes de déportations à Cayenne.
    Cet enthousiasme, ou cette énergie, mis à célébrer la beauté des choses ou le courage des hommes qui résistent à des conditions de vie dégradantes se retrouve dans les chansons de Léo Ferré dont Olivier Bernex accompagna le tour de chant d'une série de portraits en action accordés aux textes rageurs et poétiques du chanteur. Jean Arrouye, Sociétaire de l'Association Internationale des Critiques d'Art, professeur des Universités, spécialiste de sémiologie de l'image.

  • Le refus

    • Arganier
    • 21 Janvier 2010

    Guesnard est appelé au service militaire.
    Il répond à la convocation, mais choisit une forme d'objection simple, inébranlable : le mutisme. Malgré les intimidations d'abord, puis les menaces, l'emprisonnement, l'incarcération en asile et les gradés successifs qui, oscillant entre colère et incompréhension, tentent tout pour briser ce mur... cet homme doux et simple est un roc de silence. Le récit, qui ne prend jamais la forme d'un réquisitoire, est aussi rigoureux pour sa langue que pour sa construction.
    Pas de pathos, mais une perception sensible des êtres, au creux d'une composition secrète qui génère une forme de fascination. Il y a dans ce Guesnard quelque chose du simple et de l'immuable de ce scribe d'Herman Melville, dans Bartleby. Mais Guesnard, lui, trouvera une sortie...

  • L'Etat d'Israël a 60 ans... 60 ans... Autant dire rien pour un Etat... Et pourtant celui-là, grand comme deux départements français, n'arrête pas de faire parler de lui. Depuis le 14 mai 1948, date de sa proclamation par David Ben Gourion, à la suite d'un vote des Nations unies, il est aimé et détesté, critiqué, admiré, honni, donné en exemple, en lutte permanente pour sa survie, On parle de lui partout, tout le temps... Mais le connaît-on vraiment ? Difficile à cerner, il est à la fois européen, méditerranéen, asiatique, moyen-oriental... Il est juif avant tout, mais aussi chrétien, bouddhiste, musulman et druze... Il est démocratique, laïque et religieux., Il est une mosaïque faite d'habitants originaires des quatre coins du monde : Irakiens, Iraniens, Syriens, Ethiopiens, Russes, Allemands, Français, Marocains, Yéménites... Il a ses écrivains, ses prix Nobel, ses universités, ses chercheurs, ses chanteurs. Il a ses amis, d'une indéfectible fidélité et ses ennemis d'une indéfectible fidélité aussi... Le livre Israël 60 ans, 60 photos, retrace la complexité de cet Etat, son itinéraire unique et singulier. Il a été conçu pour celui qui ne connaît pas Israël, comme pour celui qui l'aime... 60 photos émouvantes, décalées, difficiles, singulières ou tendres sont accompagnées de textes qui les situent dans leur contexte et accompagnent le lecteur dans un voyage dans le temps et la mémoire. Une balade sur 60 ans... 60 ans... Autant dire rien pour un Etat !

  • La gachette facile

    Gilles-Maurice Dumoulin

    • Arganier
    • 18 Septembre 2008

    Lorsque peter warren découvre qu'au sein de la petite association de banlieue qu'anime l'un de ses potes, certains gamins se passent des 357 magnum plutôt que des ballons ronds, son sang ne fait qu'un tour.
    Comme si la cité, ça ne suffisait pas. mais, au-dessus de ces trafiquants de bacs à sable, il y a de la grosse légume. et de l'artillerie lourde! peter warren est un détective privé "à l'ancienne". né aux etats-unis d'une mère française qui a suivi un beau gi, il commence sa carrière à new-york, oú il apprend à l'école de la rue, puis il choisit de la poursuivre à paris, dont les pavés sont plus conformes à sa gouaille.

  • Peter warren ne saura décidément jamais résister au désarroi d'un vieux copain.
    Cette fois, c'est un ancien boxeur, devenu restaurateur, qui se fait des cheveux pour son neveu. il faut dire que le petit con est parti aux states. avec la caisse du restaurant ! et qu'il en revient avec 250 000 $ brûlants et, aux fesses, un ingénieur japonais, un ninja pas content et un truand serbe !.

  • La dernière croisade

    Véronique Anger

    • Arganier
    • 26 Novembre 2009

    « Au diable les apôtres de l'Apocalypse qui assènent, décrètent, menacent, dénoncent et nous promettent la fin du monde parce que nous avons péché ! Aux piloris tous ces prophètes de malheur et leur rengaine moralisatrice ! Aux oubliettes les prédicateurs climatologiquement corrects et leurs prêches catastrophistes ! Non contents de nous culpabiliser, ces Cassandre démotivent nos jeunes en distillant dans les esprits la peur écologique.
    Quelqu'un se devait de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Sociologues, anthropologues, philosophes, théologiens et autres spécialistes « légitimes » se réfugient dans un silence inquiétant face à la montée de ce qui ressemble de plus en plus à l'émergence d'une nouvelle religion intolérante. Depuis la nuit des Temps, l'être humain n'en finit pas de s'interroger sur son origine, sa raison d'être ou sa finalité. Son ignorance à peu près complète des secrets de l'univers a de quoi rendre nerveux.
    Troisième millénaire ou non, chez le petit peuple comme dans l'élite intellectuelle, les terreurs collectives irrationnelles ont encore de beaux jours devant elles. De même que l'illusion récurrente de pouvoir sauver l'humanité en sacrifiant quelques victimes. Il serait sage de ne pas l'oublier.».

    Doit-on accepter, sous prétexte de bonnes intentions, un nouveau dogme religieux ? A qui profite cette écolomania ? Telles sont les questions posées par Véronique Anger.
    Avec une rafraîchissante impertinence, l'auteur harangue le public dans le pur style des essais anglo-saxons. Elle incite le lecteur à réfléchir et à prendre du recul vis-à-vis de l'écolomania qui s'apparente, selon elle, de plus en plus à une croisade des Temps modernes.

  • Quand giovanni mosca, bras droit de max esterazzi, dit max le dur, ramasse une pleine rafale de mitraillette sous le plexus, il en oublie aussitôt les lourdeurs d'estomac qui l'ont tant torturé.
    Sommes-nous à little italy, nyc ? non, à paris, oú peter warren, venu en spectateur voir les méthodes françaises, découvre que ça vaut bien les rues du bronx.

  • Alep, 1943.
    La belle Djémilé vient de perdre Rassime, l'époux que son père lui avait imposé. Alors elle s'en ira, à pied avec ses cinq enfant, comme s'en va le fleuve Asi qui coule depuis les montagnes du Liban, jusqu'au coeur d'Antakya, en Turquie, la ville où elle est née. Elle va recommencer sa vie, puis ses enfants et petits-enfants y feront la leur jusqu'au départ, jusqu'à l'exil final. Le récif foisonnant court sur trois générations de femmes, leurs forces, leurs désirs, leurs libertés.
    En filigrane, les questions religieuses, et culturelles, les rapports entre hommes et femmes, la valeur des racines. La qualité et la finesse des évocations, la tendresse manifeste que ces personnages suscitent, ce parfum de nostalgie et de fraîcheur nous entraîneraient sur les sentiers de l'onirique. si l'ultime pirouette ne nous perçait le coeur.

  • DCD

    Jean Colombier

    Voilà un roman sur l'espoir et le dépit, la corruption de l'innocence d'un enfant qui, après s'être entiché d'espoir, sombrera pendant une vingtaine d'années dans la vengeance et le cynisme des plus sordides. Un roman sensible et douloureux. Ferdinand, une dizaine d'années, est élevé par sa grand-mère, dans un minuscule village. Il n'est pas orphelin à proprement parler, même si son père a disparu, même si sa mère n'a plus toute sa tête. Il rencontre Frédo qui, lui, n'a plus de parents et vit chez ses grands-parents. Leur condition presque analogue les réunit. Frédo découvre que le père de Ferdinand est vivant cette découverte est l'un des mystères et le lui confie dans un ultime et bouleversant message Peu à peu, Ferdinand remonte le fil du temps pour retrouver ce père, plus ou moins poète et, tout compte fait, peut-être attachant au point que s'il mettait la main dessus, sa mère sortirait peut-être de sa neurasthénie. Les années passent, les désillusions se succèdent. Ferdinand fait de belles et de moins belles rencontres : quelques amis et fiancées, un Turc étrange à la triple personnalité, des passeurs de clandestins, une tante qui tue ses chats avant qu'ils ne deviennent grands.
    Et puis, du jour au lendemain, face à la vérité qui se révèle enfin, il décide de se venger.


  • ah, les vieux, quelle engeance ! ils sont partout, coûtent cher, dépensent peu.
    au point que, dans un avenir pas si lointain, un technocrate ambitieux émet l'idée de. de les faire disparaître ! mais attention : dans l'intérêt supérieur du pays ! le pire est qu'il parvient à faire de cette loufoquerie cynique un projet, de ce projet un programme, de ce programme, une réalité que la nation avalise bientôt par la voie référendaire. derrière une idée romanesque provocatrice, le narrateur dépeint une société mollement passive, rondement manipulée, qui bientôt va organiser, dans une apathie à peu près générale.
    l'élimination de ses seniors. mais bien sûr, c'est pour rire.

  • Fleur de henné

    Michèle Maurin

    • Arganier
    • 2 Novembre 2005


    michèle maurin nous emmène en voyage dans un maroc intimiste oú elle aime se perdre, entre oasis du désert et ryad des palais et des riches demeures citadines.
    le henné colle à l'identité du maroc. cultivé dans le sud saharien au prix de systèmes d'irrigation qui sont l'objet de toutes les attentions, le henné s'invite dans tous les rituels et à tous les moments de la vie. jusque dans les hammams traditionnels et les spas les plus modernes, oú ses qualités colorantes et cosmétiques n'en finissent pas de nourrir une féminité assumée. le henné renvoie à des temps immémoriaux, le maroc moderne rejoint l'egypte de néfertiti.
    michèle maurin est, ici comme dans son jardin, tant elle aime regarder le monde en traversant les apparences. elle pose un regard unique sur une nature qui semble arrêtée, éternelle, saisit la magie de lieux oú il ne se passe pourtant rien. toujours elle interroge le temps qui passe, regarde et transpose, tisse des correspondances avec le passé, raconte aujourd'hui avec les couleurs d'hier. mais raconte-t-elle vraiment ? sur ce jardin, michèle maurin ne se contente pas de poser le regard détaché d'une simple passante.
    plus que tout, elle aime aussi sentir la vie qui sourd, vibrer à la sensualité conjuguée des lieux et des gens. a la croisée du vivant et du végétal, ses images témoignent d'une démarche pulsionnelle. la photographe des émotions n'a pas renié la fille de l'afrique ni la biologiste éprise de matières.


  • le dernier de nos épistoliers du xxe siècle, selon le mot de didier gompel-netter, s'exprime au long de ces pages avec une grande liberté et, ainsi, qu'on le découvrira, une actualité sanas cesse renouvelée.
    a renée dulsou 10 février 1934. cher rené, nous vivons dans une atmosphère d'angoisse qui rappelle celle de la guerre. les gens se regardent dans la rue avec inquiétude [. ] noe pouvant pas s'excuser, le gouvernement se met en colère. après quoi il bafouille [. ]. on a parlé avec indignation à la chambre de tenir compte des agitations de la rue. comme si les agitations de la rue, ce n'était pas l'opinion publique ; et je vois dans un journal il faudra dorénavant gouverner en tenant compte de l'opinion publique ! c'est à se demander si on rêve ou qui est fou à lier.
    ainsi la démocratie, ce n'est pas l'opinion publique ! alors qu'est-ce que c'est. c'est une oligarchie de malins qui profitent de leurs pouvoirs pour tondre la toison d'or.

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