Arganier


  • max jacob aurait écrit vingt mille lettres, ce qui ferait de lui l'un des derniers, sinon le dernier, de nos épistoliers du xxe siècle.
    nous en avons trouvé, pour notre part, plus d'un millier. didier gompel-netter. le max jacob qui se donne à lire, au long de ces précieuses pages retrouvées, est joyeux, avide d'écrire, débordant d'un talent en liberté tant il est vrai que dans ce temps-là, les poèmes, on ne les écrivait pas, mais on les vivait. c'était plus joli. ces missives sont la preuve d'un temps de vivre véritable, d'une écoute fraternelle et amoureuse de l'autre, d'un art d'orfèvre des mots comme on n'en retrouve plus.


  • Ce dernier volume de la correspondance rassemblée par Didier Gompel-Netter couvre donc les années d'Occupation.
    Max Jacob vit en illustrant les pages de garde de ses propres livres que des libraires lui envoient. S'il pressent la fin, c'est d'art, encore et toujours d'art, dont il s'obstine à parler. A Jean Follain 12 février 1942 Mon cher Jean, J'ai d'abord reçu la visité de la gestapo et comme un monsieur [...] me demandait ce que j'écris, je lui ai tendu une brochure de Poèmes 38 ; "C'est tout ce que j'ai de moi ici.
    Voulez-vous l'emporter ? Attendez ! Je vais vous mettre une petite dédicace : rappelez-moi donc votre nom?... Ah, très bien... mais que vais-je écrire... amitié ? Ce serait indiscret !... Hommage, c'est bien ridicule... Eh bien... souvenir ?" Il est parti en emportant les adresses des lettres qui attendaient le courrier sur ma table.

  • DCD

    Jean Colombier

    Voilà un roman sur l'espoir et le dépit, la corruption de l'innocence d'un enfant qui, après s'être entiché d'espoir, sombrera pendant une vingtaine d'années dans la vengeance et le cynisme des plus sordides. Un roman sensible et douloureux. Ferdinand, une dizaine d'années, est élevé par sa grand-mère, dans un minuscule village. Il n'est pas orphelin à proprement parler, même si son père a disparu, même si sa mère n'a plus toute sa tête. Il rencontre Frédo qui, lui, n'a plus de parents et vit chez ses grands-parents. Leur condition presque analogue les réunit. Frédo découvre que le père de Ferdinand est vivant cette découverte est l'un des mystères et le lui confie dans un ultime et bouleversant message Peu à peu, Ferdinand remonte le fil du temps pour retrouver ce père, plus ou moins poète et, tout compte fait, peut-être attachant au point que s'il mettait la main dessus, sa mère sortirait peut-être de sa neurasthénie. Les années passent, les désillusions se succèdent. Ferdinand fait de belles et de moins belles rencontres : quelques amis et fiancées, un Turc étrange à la triple personnalité, des passeurs de clandestins, une tante qui tue ses chats avant qu'ils ne deviennent grands.
    Et puis, du jour au lendemain, face à la vérité qui se révèle enfin, il décide de se venger.


  • le dernier de nos épistoliers du xxe siècle, selon le mot de didier gompel-netter, s'exprime au long de ces pages avec une grande liberté et, ainsi, qu'on le découvrira, une actualité sanas cesse renouvelée.
    a renée dulsou 10 février 1934. cher rené, nous vivons dans une atmosphère d'angoisse qui rappelle celle de la guerre. les gens se regardent dans la rue avec inquiétude [. ] noe pouvant pas s'excuser, le gouvernement se met en colère. après quoi il bafouille [. ]. on a parlé avec indignation à la chambre de tenir compte des agitations de la rue. comme si les agitations de la rue, ce n'était pas l'opinion publique ; et je vois dans un journal il faudra dorénavant gouverner en tenant compte de l'opinion publique ! c'est à se demander si on rêve ou qui est fou à lier.
    ainsi la démocratie, ce n'est pas l'opinion publique ! alors qu'est-ce que c'est. c'est une oligarchie de malins qui profitent de leurs pouvoirs pour tondre la toison d'or.

  • Les textes de Robert Desnos rassemblés ici sont caractéristiques de l'appétit de vie qui distingue l'oeuvre de ce poète libre avant tout que fut l'auteur de Chantefables et Chantfleurs.
    Ses chansons, mises en musique et interprétées par les plus grands (Juliette Greco, Mouloudji, Julos Beaucarne...), rendent compte de sa palette étonnante, depuis la légèreté la plus mutine jusqu'à la réflexion la plus engagée. Ses articles sur les disques, les concerts ou les musiciens, distillés dans les meilleurs journaux de l'époque, évoquent son ancrage indéfectible dans la quotidienneté de la musique d'alors devenue notre imaginaire collectif.
    Enfin, la préface et les notes de L. Cantaloube-Ferrieu, l'avant-propos de Marie-Claire Dumas mettent à la portée de chacun les astuces de ce farfadet des Lettres.

  • Est-ce l'histoire d'Harold, celle de Gilles, celle de leur amitié improbable ou celle du drame auquel elle va aboutir ? Commencée à la préadolescence, construite d'abord comme une forteresse de petits secrets, cette amitié
    "les premiers émois aidant" devient lentement émulation, puis concurrence. Devenus « adultes », les deux jeunes hommes s'affrontent bientôt sur une Carte du tendre changée en échiquier où ceux qu'ils entraînent dans leur jeu "femmes rêvées, maîtresses palpables, complices involontaires" semblent
    n'être que des pions. Sous l'écheveau complexe où les désirs se tissent de frustrations, où la volonté de pouvoir le dispute aux fantasmes de dépendance, c'est la démesure qui se dessine. Sans cesse, il faut jouer avec les limites, chercher une victoire qui se dérobe, aller plus loin... jusqu'à l'irréparable. Après son si plaisant Jubilé (collection facéties, 2005) où il
    souriait de la solitude, Henri Girard explore les méandres de l'ivresse amoureuse, flirtant du côté de Laclos plutôt que de celui de Marivaux, pour comprendre pourquoi aimer c'est, inéluctablement, détruire.

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