Cahiers De L'egare

  • Souffrances aux multiples contusions qui se répercutent presque invisibles sur chacun, il devenait évident que l'histoire nous donnait rendez-vous.
    L'éloignement des gens, mais aussi leur écrasement pur et simple, au service d'une verticalité du pouvoir, il ne restait alors qu'une parole brute comme souffle de vie.
    À travers la rue et l'urgence, les langues se délient enfin, se rencontrent et proposent.
    Les rues défendues comme des tranchées, par tous ces corps à bout qui revendiquent la possibilité de vivre. L'homme tombé en disgrâce de ses pères vient de bâtir un rempart contre un pouvoir qui le nie.
    C'est avec ces photos prises sur le vif, que l'on assiste à cette vague de protestations sans précédent, nous ramenant à son ampleur, son impétuosité, mais aussi au fond, à sa grande douceur et humanité.

  • Outrebois est encore sur la carte. Un endroit inconnu que tout le monde connaît. Un recoin du nord de la France où les grands-mères ont l'oreille absolue, où les orages résonnent comme du Mahler, où les coqs sont ténors, les instituteurs communistes, et les cyclomotoristes dégingandés. Où les fous sont au volant, où les agriculteurs se croisent, où les chiens sont de faïence, les curés, toujours prêts, et le cimetière, sous la pluie.

  • Dans une petite ville de campagne, l'arrivée d'un cirque ambulant n'est pas un événement anodin. Samuel est revenu à ses racines après des études en ville, pour reprendre l'exploitation de ses défunts parents. Il retrouve Julie, son amour d'enfance. Autour de ce couple gravitent le prêtre du village et un peintre parisien qui a le mal du pays. Avec pour toile de fond le calme de la campagne et le bruit de la fête qui se prépare, un drame va se nouer.

  • Le recueil Chair fraiche déploie une poésie qui part de la mort pour aller vers la vie. Il s'agit d'un recueil sur la chair, notre chair, mais aussi la chair du monde.

  • Emergence de rien, émergence comme ça, au milieu du vide. Là où l'on n'attendait rien. Au milieu de l'océan lisse et gris, que nous nous résolvions a traverser sans encombre, mais sans non plus davantage d'aventures que n'en laissaient présager le calme et le gus de l'étendue; au milieu de l'océan que nous nous résolvions à traverser tout de même, puisqu'il le faut bien, puisqu'il faut porter la marchandise d'un bout à l'autre et revenir à vide, charger encore et recommencer, emmener la marchandise jusqu'au bout où l'on manque déjà, et revenir une fois de plus, sur l'océan lisse ; au milieu de notre simple traversée, traversée comme ça, traversée pour rien, surpris par l'émergence d'une île.

  • Mémoire du Monde -J moms 7 (comme clans un conte heureux, une bonne nouvelle) Et des bouches soudain sortit la fabuleuse histoire de la dam' qui viendrait et débarrass'rait tout! De tout le mal du monde. Au fur et a mesur' que le mal en coulait, coulait et s'écoulait du monde sur le monde... alors que c'est l'immond' qui succédait au monde, alors oui le mond' crut. Le mond' crut a la dame et le mond' l'appela. Et le monde attendit... cette dam' qui viendrait, qui débarrass'rait... tout. De tout le mal du monde. Et tout au bout du monde, une dame entendit. Du monde en prophétie, elle entendit l'appel. Elle entendit l'appel...
    Et ce fut ... elle.

  • C'est une douleur liquide qui s'insinue partout et dissout la structure interne des êtres. C'est un malheur qui vous tarit, une peine sans horizon et qui occupe la vie entière.

  • Baptiste, un réalisateur originaire de Suisse, désire faire un film documentaire sur le célèbre ethnologue Alfred Métraux, lui qui a tant fait pour les indiens. Il se rend pour cela au Musée du quai Branly, accompagnée de sa célèbre assistante, certes non suissesse, Laetitia. Au musée, ils font la rencontre d'un gardien nommé Raymond, et il se trouve que l'homme est originaire de Tucumán. C'est le début d'une belle aventure.

  • La rivière Golshifteh déploie un long poème en prose de l'auteur Gérard Lépinois. Poème inventif, malicieux et humaniste, qui prend en regard une femme, la peint et lui propose. La rivière est un hymne à la vie, une méditation sensuelle des regards qui s'éveillent et se nourrissent l'un et l'autre.

  • Loin des contes de fées et des mondes idéalisés, Océane, Kevin, Géraldine et les autres nous racontent les complexes autour desquels ils organisent leur quotidien. Un texte qui nous emmène avec humour et émotion dans l'univers doux-amer de l'enfance. Un accueil enthousiaste a la création en 2006: TTT « une sorte de «Petit Nicolas» très engage. » H. Bichonnier, « Sortir a Paris I Enfants », Télérama « Cruels et drôlissimes. » Madame Figaro « Une vérité qui s'apprécie toute crue ! » Le Parisien Les contes de la petite fille moche, un théâtre pour petits et grands qui a déjà su parfaitement trouver sa voie, et qui se poursuit aujourd'hui avec une nouvelle mise en scène et cette présente édition.

  • Force neuf / Rentre chez toi misérable rentre où tu dois être / Ce n'est plus l'heure d'être / Tu deviens voyou brigand terroriste à cette heure / De ne plus être l'enfant que nous fomentions / Et nous nous tu nous oublies.

    Les enfants de moins de douze ans volent !! tisse les mots à la force du vent, et nous emmène peu à peu dans la tempête. Sa poésie parle d'enfance, des arbres, de l'artisanat, mais aussi du jeu de l'être, de son voilement et son dévoilement.
    Né en 1957, Michel Gendarme est poète, auteur dramatique, et romancier. Les enfants de moins de douze ans volent !! est son premier titre au sein de la collection. Il a aussi public Le voyage d'Amadou (les survivants) aux « Cahiers de l'Égaré », et d'autres textes chez « Gros Textes Éditions », ou encore les éditions du « Non Verbal ».

  • Il y a de l'espace, allez-y, profitez-en ! Walter avait la voix qui montait. Ce ton faux que sa musicienne d'épouse détecte toujours très bien. Mais elle préféra ne pas le lui faire remarquer, vu qu'elle même n'en menait pas bien large. Sa mâchoire était vissée comme au jour d'un concours de piano, avec Scriabine au répertoire imposé. Elle se remaquilla un peu, joua du miroir pour mieux scruter le visage des deux dégueulasses qui venaient assassiner sa banquette arrière. On pouvait deviner même a leur reflet qu'ils puaient. On entendait le blessé, l'horrible, le plus petit, sucer la paume de sa main.

  • Du jardin d'Éden et autres plaisirs compose un ensemble d'histoires, de paroles et de situations, autour du thème de la relation amoureuse, la relation de couple, hétérosexuelle ou homosexuelle, mais aussi la relation amicale, ou encore, la relation familiale. Il s'agit d'un écrit plein d'humour et de bienveillance, par l'autrice et chanteuse Christine Fabre. « À cette vie merveilleuse, riche et inépuisable » ; c'est par ces mots que Christine Fabre dédicace son livre. Et il n'est pas difficile de sentir à la lecture, comme l'ensemble des histoires et des paroles qui nous est donné, s'imprègne de cette phrase magnifique.

  • Après le désastre de Pearl Harbor, l'ingénieur américain George Dodd est chargé par son gouvernement de construire une base aéronavale dans un atoll de Polynésie. Il doit pour cela raser un Rot paradisiaque où vivent, en parfaite harmonie avec la nature, une centaine de Polynésiens. A son retour de mission, le narrateur raconte la découverte émerveillée de cette vie simple et heureuse, et son oeuvre désolante de destruction qui a brisé sa croyance optimiste dans la civilisation du progrès. Avec cet ouvrage sensible et indigne, écrit a chaud en 1943, au fort de la guerre du Pacifique, James Norman Hall nous invite a une réflexion écologique avant l'heure, qui frappe aujourd'hui par son actualité.

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