Arts et spectacles

  • Roger Vailland, romancier dandy, résistant esthète, aurait cent ans cette année. La republication des écrits de combat de ce témoin majeur des conflits intellectuels et politiques du XXe siècle était devenue une urgence. D'autant plus que le surréalisme est sans doute le mouvement littéraire le plus complexe du XXe français, puisqu'y seront passés tant de jeunes écrivains, y compris Vailland.
    Publié au lendemain de la Libération, "Le Surréalisme contre la Révolution" se présente comme un pamphlet contre André Breton, mais il témoigne aussi du parcours individuel de l'auteur, passé de l'hermétisme du Grand jeu à l'athéisme le plus militant. Ainsi, plus qu'un réquisitoire, ce texte est aussi un plaidoyer pour le rationalisme, dans la tradition des Lumières.

  • Forsythe detail

    Noltenius. Agne

    • Complexe
    • 16 Novembre 2003

    Agnès noltenius - pour moi, photographier le ballet de francfort était une manière d'interroger le travail, de disséquer le mouvement, de révéler des détails afin de rendre visible l'invisible.
    Ce qui m'intéressait, c'était l'architecture du mouvement. je voulais explorer sa complexité, les formes du corps. c'est vraiment un besoin que j'ai ressenti, un besoin presque physique. c'était un peu comme danser en même temps. william forsythe - c'est un acte collégial, un hommage très important qu'agnès rend à des personnes avec qui elle a travaillé physiquement, qu'elle a connues intimement. ces photographies sont un document qui traite de cette intimité et de ce qu'elle a partagé avec les danseurs pendant plus de dix ans.
    /> Si elle est l'auteur de ces images, tous sont les auteurs musculaires de ce temps.

  • A l'exception notable du Marchand de Venise, le théâtre évite, depuis la Seconde Guerre mondiale, de représenter sur scène un personnage juif et désigné comme tel.
    Et lorsqu'il s'y hasarde, il provoque de violentes réactions.
    Il fut pourtant une époque où " la question juive " était l'un des sujets de prédilection de la scène française. Des pièces antisémites, consciemment revendiquées ou non, étaient jouées avec un très grand succès dans de nombreux théâtres parisiens. Les critiques se déchaînaient. L'antisémitisme de ce répertoire dramatique était discuté, approuvé ou combattu pour ce qu'il était à l'époque : une opinion politique.
    L'antisémitisme ne se cantonnait pas à ces pièces, aujourd'hui tombées dans l'oubli, il contamina l'ensemble de la vie théâtrale des années 1880 à la Seconde Guerre mondiale, exhibant sur scène le " type juif ". Il irrigua aussi
    bien le théâtre de boulevard " de droite " que le théâtre d'avant-garde " de gauche ". (Gémier, Lugné-Poe ou Dullin ont contribué à diffuser cette caricature dans le public.
    ) Certains auteurs dramatiques juifs eux-mêmes ajoutèrent leur voix au concert antisémite. Tous dénoncèrent le " théâtre juif ou enjuivé ", synonyme d'un théâtre médiocre, boulevardier, par opposition au théâtre pur, pauvre, d'avant-garde, aux mains des vrais artistes. Ce volume propose une réflexion autour de quelques textes importants - inédits ou opportunément disparus après-guerre - et d'un cahier photos, sur cette mémoire " confisquée " du théâtre.
    Non pour jouer les procureurs mais pour comprendre le rôle et la responsabilité du théâtre dans notre histoire politique.

  • La notion de « Théâtre populaire » a été souvent étudiée du côté des artistes, des théoriciens, jamais dans sa dimension politique. Ce fut pourtant un long combat qui provoqua de nombreuses discussions à l'Assemblée nationale. Des hommes politiques de droite comme de gauche s'affrontèrent : l'État devait-il ou non s'engager, devait-il ou non aider à la création d'un véritable Théâtre populaire en France ? Ce volume se présente sous la forme d'un essai suivi d'une anthologie. Les textes qui la composent ont été choisis pour rendre compte du dialogue souvent houleux qui a existé, de la fin du XIXe au milieu du XXe, entre artistes et hommes politiques.

  • Au cours de l'été 73 avant j-c.
    , une poignée de gladiateurs échappés de l'ecole de capoue entraînent avec eux des milliers d'esclaves dans une guerre contre leurs maîtres. pendant plus de deux ans, ils tiennent en échec les légions romaines sur une grande partie du territoire italien. cette expérience sera tellement humiliante pour rome que les documents antiques sont presque muets sur cette épopée extraordinaire qui se termine par la vision sanglante de six mille esclaves crucifiés sur la voie appienne.
    Comment s'explique l'immense succès de cette révolte servile qui ne fut pourtant pas la seule à ébranler la rome antique ? l'etat romain était-il malade de ses victoires ? quelle était l'importance économique de l'esclavage ? l'esclave était-il encore considéré comme un homme ou bien comme un simple objet ? enfin, pourquoi spartacus, que rome rejeta dans l'obscurité, a-t-il pu bénéficier de l'étonnante fortune posthume que l'on sait, au point de devenir, au fil des siècles, le symbole quasi légendaire de la révolte pour la liberté, de l'antiquité à rosa luxemburg ? " catherine salles reprend avec talent le dossier spartacus, faisant le point aussi bien sur l'homme que sur la difficile question du statut de l'esclavage clans l'antiquité.
    " lire.

  • Cet ouvrage a pour objet l'histoire de la télévision française des années cinquante et son ancrage dans la vie républicaine.
    Au cours de cette période, la télévision s'implante progressivement sur le territoire national et le public la découvre. C'est bien la percée puis l'essor de la télévision que ce livre tente de cerner alors que sont recensés 3 794 postes de télévision en 1950 et près d'un million en 1958. Il s'agit ici de comprendre comment se sont tissés les liens entre la télévision naissante et l'histoire de la société française pour saisir en quoi ce nouvel outil de communication participe de ce temps historique.
    L'étude de ce moment fondateur repose sur les programmes de télévision, c'est-à-dire sur ce qu'ont vu les Français. Dans cette perspective, ce livre s'interroge sur la réception et l'appropriation de la télévision par les usagers, lesassociations, les responsables politiques, la critique on les hommes de l'art - ceux du cinéma notamment. La question des rapports entre télévision et citoyenneté et celle de l'émergence d'une nouvelle esthétique sont le fil directeur de cet ouvrage collectif sur la télévision française des années cinquante.

  • Amours coloniales

    Collectif/Colle

    • Complexe
    • 15 Janvier 1999

    De l'Indochine au Maroc, de Tahiti au Sénégal, la France, naguère, a envoyé ses enfants Outre-Mer. De leur côté, des originaires des colonies sont venus vivre en métropole. Durant plusieurs générations, " Blancs " et " indigènes " se sont côtoyés. Pour le meilleur et pour le pire. Au cours de cette période, des relations amoureuses et sexuelles se sont tissées. Le cas le plus fréquent a été celui des unions d'hommes blancs et de femmes colonisées. Plus rarement - et plus récemment - des femmes blanches ont transgressé les tabous en rencontrant des hommes " de couleur ". Quel fut le reflet de ces relations dans la littérature française contemporaine ? Quelles situations ont été imaginées ? Quelles joies? Quels drames ? Quels fantasmes exotiques ou érotiques révèlent-ils ? Certains textes ici regroupés portent des signatures célèbres : Alphonse Daudet, Guy de Maupassant, Pierre Loti, Isabelle Eberhardt, Georges Simenon... D'autres ont été écrits par des auteurs moins connus aujourd'hui, mais qui eurent autrefois leur heure de gloire : Louis-Charles Royer, Pierre Mille, Paul et Victor Margueritte, Paul Vigné d'Octon... Tous cependant ont pour trait commun la recherche de l'Autre, du Divers, de l'Exotique. " Un livre novateur : Alain Ruscio est parti de l'idée que les textes les plus célèbres ne sont pas les seuls lourds de signification. Il n'ignore ni le roman de gare, ni Maupassant, ni Simenon. Sa bibliographie sera désormais incontournable. Bref, il nous donne un vrai livre. "

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