Littérature générale

  • Les inégalités sociales de santé constituent un objet de recherche particulier en ce sens qu'il porte sur une réalité le plus souvent ignorée et même parfois niée par une partie de ceux qui en sont les victimes. Leur existence est la preuve la plus probante que la société qui les produit est injuste et, ce, d'autant plus qu'elles sont importantes. Produit final des autres inégalités sociales, elles sont de ce fait amenées à se maintenir et parfois même à s'accroître tant que l'injustice sociale ne diminuera pas dans notre société. La poursuite de leur étude sur la longue durée (ici près de trente ans) est à la fois fascinante et exigeante : elle suppose de la part de ceux qui s'y attèlent une forme d'engagement personnel pour un monde plus juste. Mais il s'agit aussi d'une question où les idéologies latentes chez ceux qui l'étudient sont fortement présentes et peuvent conduire à des errements et à des occultations.

  • En 1958, le philosophe Henri Lefebvre a 57 ans.
    Il a milité 30 ans au Parti communiste. Or, on l'a suspendu. On lui reproche d'être philosophe. Il décide de rédiger un bilan de son itinéraire. Ce livre du philosophe est pour lui l'occasion d'évaluer son implication politique et philosophique, mais aussi son expérience amoureuse. La somme et le reste paraît pour la première fois en 1959, en deux volumes. Il a été en 1973 (en version abrégée) ; puis en 1989 en un volume.
    Cet ouvrage a pu être situé comme l'un des plus importants de l'histoire de la philosophie. Il est une méditation sur l'aliénation, le dogmatisme, l'invention de soi avec et contre les institutions. Il est un modèle d'autobiographie écrite avec rigueur qui s'efforce de saisir l'universel à travers la particularité du vécu personnel. Il indique une voie pour l'analyse institutionnelle, intégrant à la fois le vécu singulier et l'histoire sociale.
    Aujourd'hui, le dogmatisme est partout. Lors qu'en 1959, il était au Parti, maintenant il a envahi l'entreprise, l'université, la recherche, le quotidien. Ce livre porte donc une espérance nouvelle. Comment se construire, malgré l'institution ?.

  • Le juridique n'a pas naturellement vocation à rendre compte des phénomènes psychopathologiques.
    La notion de toxicomane circule pourtant sans critique dans le champ clinique, alors qu'elle trouve ses limites et son unité dans celui du droit. D'où son extrême faiblesse théorique et la récurrence de ses effondrements. Partant de cette remarque épistémologique (de bon sens), les auteurs de ce livre tranchent et forgent un axiome autour de quoi tout leur texte pivote : Le toxicomane n'existe pas.
    Cette thèse se trouve ici soutenue d'un point de vue phénoménologique, clinique, socio-historique et psychanalytique.

  • Cet ouvrage tente de diffuser plus largement les acquis des études créoles de ces vingt dernières années, dans les principaux domaines concernés par la linguistique : phonétique-phonologie, morphologie-syntaxe, lexicologie, sociolinguistique, histoire et genèse des créoles, place des études créoles dans les institutions.
    Comme il est impossible de résumer en quelques pages à chaque fois la totalité des connaissances accumulées sur tant de langues différentes, les auteurs de l'ouvrage ont choisi parfois de donner les clés permettant de pénétrer dans un domaine, et en conséquence, proposent des indications bibliographiques qui orientent le lecteur désireux de poursuivre son chemin de manière autonome.

  • Georges Herbert mead

    Hans Joas

    L'intérêt renouvelé pour la tradition pragmatiste , telle qu'elle s'est manifestée en France depuis une dizaine d'années, a placé l'oeuvre de Georges Herbert Mead au centre de l'attention.
    Cet ouvrage explore pour la première fois une oeuvre complexe, ramifiée et souvent mal connue, en la parcourant dans sa totalité. Hans Joas y propose une analyse rigoureuse des divers aspects de la pensée de Mead - sociologique, psychologique, politique, éthique, métaphysique - pour les faire converger dans un projet cohérent. L'ouvrage propose au lecteur à la fois une biographie intellectuelle et politique de Mead, la restitution d'un parcours dans son époque et des débats qui l'agitèrent, et une confrontation systématique de la théorie de Mead avec les grandes figures de la sociologie et de la théorie sociale contemporaine.
    Se dégage de cette étude un projet ambitieux et novateur, indissociablement politique et sociologique, que la notion d'intersubjectivité pratique vient résumer. Hans Joas propose d'en restituer les coordonnées, d'en pointer aussi parfois les limites, et dégage progressivement les linéaments d'une théorie de l'action originale qui s'édifie sur une oeuvre dont l'actualité demeure vive.

  • Pourquoi les consommateurs expriment-ils des résistances au marché, à la consommation ou aux actions des firmes ? Comment se manifestent-elles, dans quel domaine, contre quels objets ? Cet ouvrage, qui rassemble douze contributions de chercheurs et d'experts du monde académique, présente un état des réflexions et des recherches sur les phénomènes de résistance des consommateurs au marché.
    Né d'un programme à dimension européenne financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), les travaux rassemblés dans cet ouvrage sont issus d'un processus de sélection de six contributions d'experts et des six meilleures communications présentées lors du premier colloque international " Consommation et résistance(s) des consommateurs ", organisé par l'IRG-Paris-Est en novembre 2008. Il s'adresse en particulier aux chercheurs en marketing ou en sociologie, aux étudiants d'écoles de commerce et de troisième cycle de gestion ainsi qu'aux professionnels du marketing soucieux de comprendre les mouvements de rejet, d'opposition ou d'esquive des consommateurs au marché.
    Il aborde un sujet émergent qui traduit la mutation des figures du consommateur et de ses rapports au marché.

  • La philosophie économique a aujourd'hui droit de cité dans notre univers académique.
    Elle est conçue comme un lieu de rencontres entre disciplines séparées et non comme une tentative de morceler encore davantage un espace intellectuel déjà trop fragmenté. Dans un souci de symétrie et d'équilibre interdisciplinaire, la philosophie économique est synthétiquement articulée selon le triptyque : économie politique et philosophie sociale, économie normative et philosophie morale, science économique et philosophie des sciences.
    Le présent volume est le quatrième de la série Philosophie économique. Il s'inscrit résolument dans le prolongement des trois premiers, en prenant appui sur la démarche synthétique qui a précédé. Mais il inaugure cette fois une approche analytique, en traitant d'un thème particulier : La pauvreté dans les pays riches. Ce numéro 4 appelle donc toute une série de successeurs, aussi longue que sont nombreux les thèmes majeurs dont la " philosophie économique " doit se saisir.

  • Le rêveur lucide

    Magali Chetrit

    Qu'est-ce qu'un rêve lucide ? Ce n'est pas un rêve éveillé.
    Pour la psychologie cognitive, c'est un rêve au cours duquel le rêveur devient conscient de rêver et capable de contrôler le déroulement de son rêve. L'énoncé onirique " je rêve " serait alors dispensé de toute interprétation. Mais on sait moins que Freud admet lui aussi la possibilité d'une conscience et d'un libre-arbitre dans le rêve, sans que cela ne remette en cause l'intervention d'un renforcement inconscient.
    Cet ouvrage présente sur un mode critique les différentes thèses soutenant l'existence d'un rêve conscient : état modifié de conscience, état de méditation spontanée, maîtrise des rêves connue des Masai ou des Aborigènes, application thérapeutique aux rêves post-traumatiques. Les limites de la thèse freudienne sont ensuite examinées : comment la métapsychologie peut-elle rendre compte d'un devenir conscient au cours du rêve, processus inconscient par excellence ? En effet, ces " rêves orientables ", ainsi nommés par Ferenczi, nous orientent d'abord vers un travail du rêve faisant preuve d'un stratagème particulièrement habile à formuler un désir indicible : revendiquer le droit à désirer que l'impossible soit possible.

  • " Nous avons fait l'Europe, faisons maintenant les Européens " pourrait résumer la substance des réflexions inédites que nous livre Bronislaw Geremek pour dépasser les blocages institutionnels de l'Union européenne et approfondir le sentiment de citoyenneté et d'appartenance européennes une approche d'historien pour qui la durée est une dimension indissociable de l'analyse, une pensée exigeante soutenue par une foi inébranlable dans l'union de l'Europe, qui se double d'une capacité de propositions et d'engagement constante.
    Outre les témoignages directs de Bronislaw Geremek, des proches, des collègues et des acteurs politiques, Jean-François Bergier, Jacques Le Goff, Henryk Samsonowicz, Wladyslaw Bartoszewski, Jerzy Buzek, José Marfa Gil-Robles et Cezary Lewanowicz, font revivre un homme chez qui coexistent en s'enrichissant les multiples facettes de l'historien, du militant, de l'homme d'Etat et de l'enseignant. Grand historien social, professeur titulaire de la chaire de civilisation européenne au Collège d'Europe de Natolin, député au Parlement européen, Bronislaw Geremek a été le président de la Fondation Jean Monnet pour l'Europe de 2006 jusqu'à son décès accidentel le 13 juillet 2008.
    Membre dirigeant du syndicat Solidarnosé, il a aussi été ministre des affaires étrangères de la République de Pologne et l'un des grands artisans de l'entrée de son pays dans l'OTAN et dans l'Union européenne.

  • Dans cet ouvrage, Katharina Reiss fait le bilan de sa réflexion traductologique sous la forme de huit chapitres denses et intelligibles, touchant les questions fondamentales en discussion concernant la traduction.
    Qu'il s 'agisse du rapport entre théorie traductologique et pratique traduisante, du concept d'équivalence, de la typologie des traductions, de la compréhension des textes, des apports de la linguistique moderne à la traduction, l'auteur illustre sa réflexion traductologique d'exemples clairs et bien expliqués, en adéquation exacte avec son propos, qu'elle emprunte à différentes langues, dont le français.

  • L' heure h

    J Tezenas Du Montcel

    Joseph Tézenas du Montcel a vécu la première guerre mondiale comme combattant de 1re ligne, trois ans durant, de 1915 à 1918.
    Jour après jour, pour essayer de comprendre le paroxysme de violence et d'horreur dans lequel il est plongé, il rédige des notes et carnets ; il les rassemble en 1960 dans un ouvrage manuscrit qu'il intitule L'Heure H, étapes d'infanterie. Il y livre dans toute leur vérité et parfois toute leur crudité les impressions et souvenirs non édulcorés d'un poilu du Front immergé dans le vécu des tranchées.
    Cet ouvrage nous parle d'une voix très forte. Il est le témoignage parfois critique mais toujours sincère d'un adolescent patriote devenu adulte à l'épreuve du feu, transmettant une expérience de la peur et du courage qui parle toujours aussi fort au lecteur d'aujourd'hui. Il apporte une réflexion particulièrement passionnante sur la guerre et l'immense paradoxe du fait militaire : rien de plus inhumain que la guerre et pourtant, au-delà de l'horreur, l'homme s'y révèle dans son humanité la plus sublime.

  • La manière dont les hommes racontent l'histoire de leur vie ne peut pas être abstraite des formes sociohistoriques selon lesquelles les époques et les cultures se représentent et codifient les rapports de la collectivité et de l'individu, du public et du privé, de l'individu à lui-même.
    Le présent ouvrage invite à réinscrire les usages contemporains de l'histoire de vie dans une généalogie multiforme dont il retrace les principaux moments, depuis l'antiquité gréco-latine jusqu'aux récents développements des sciences de l'homme et de la société. les filiations de l'histoire de vie sont à rechercher autant dans les pratiques spirituelles de l'écriture de soi que dans le projet, culminant dans l'oeuvre de wilhelm dilthey, de faire de l'intelligibilité biographique le paradigme de la compréhension humaine.
    Renouant avec la longue tradition des pratiques de soi, la formation redécouvre le pouvoir heuristique du récit de la vie : c'est en faisant de sa vie une histoire que l'homme s'expérimente comme sujet et se fait l'auteur de son passé et de son avenir.

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