Parascolaire

  • La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l'encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C'est l'histoire, «excessivement répugnante», dit l'auteur, d'un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s'inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l'oppression du cauchemar.

  • Le Figaro du 23 janvier 1868 à propos de Thérèse Raquin : « C'est le résidu de toutes les horreurs. Le sujet est simple, le remords physique de deux amants qui tuent le mari mais qui, ce mari tué, n'osent plus s'étreindre, car voici le supplice délicat qui les attend : "Ils poussèrent un cri et se pressèrent davantage, afin de ne pas laisser entre leur chair de place pour le noyé. Et ils sentaient toujours des lambeaux de Camille, qui s'écrasait ignoblement entre eux." Enfin, un jour, ces deux forçats de la morgue tombent épuisés, empoisonnés, l'un sur l'autre, devant le fauteuil de la vieille mère paralytique, qui jouit intérieurement de ce châtiment par lequel son fils est vengé... Forçons les romanciers à prouver leur talent autrement que par des emprunts aux tribunaux et à la voirie. »

  • Ces deux chapitres, parmi les plus célèbres des Essais, sont une véritable leçon de tolérance. Montaigne nous apprend que les sauvages ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Les chrétiens s'entretuant durant les guerres de Religion sont tout aussi sauvages que les Sauvages. «Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage» : nous sommes tous le Cannibale de quelqu'un.
    C'est aussi le récit d'une curiosité et d'une fascination : Montaigne nous parle de la découverte du Nouveau Monde, des récits des voyageurs qu'il a lus, et de sa propre expérience de l'altérité.
    Montaigne invente ici ce que l'on nomme le relativisme culturel : une société n'est pas meilleure qu'une autre ; pour comprendre des usages qui ne sont pas les nôtres, il faut simplement se mettre à la place de l'autre. Ce décentrement, ce regard éloigné, cette défense radicale de la différence sont aujourd'hui plus que jamais nécessaires.

  • Oedipe roi

    Sophocle

    La ville de Thèbes est ravagée par la peste. Son souverain, oedipe, mène l'enquête. Il découvre que l'homme qu'il a tué jadis, Laïos, était son père, et qu'il a épousé sa propre mère, Jocaste, dont il a eu quatre enfants. Elle se suicide, il se crève les yeux et s'exile.
    Une des plus belles tragédies de l'Histoire, modèle de l'enquête policière et de son suspens, de la peinture de la destruction de soi, et des relations troubles qui tissent les liens familiaux, grande interrogation jetée au destin, cette pièce est à l'origine de nombreuses imitations (jusqu'à Gide et Cocteau) et de nombreux commentaires (jusqu'à Freud ou Jean-Pierre Vernant).

    «Ô lumière c'est la dernière fois que je te vois, je suis né de qui je ne devais pas, je suis uni à qui je ne dois pas, j'ai tué qui je n'aurais pas dû.» oedipe roi, IIIe épisode.

  • Toute la Provence en Folio Junior Textes classiques !

    La petite chèvre de M. Seguin, maître Cornille, le curé de Cucugnan, l'Arlésienne..., autant de personnages de contes aujourd'hui inoubliables. Avec les Lettres de mon moulin, c'est toute la Provence qu'Alphonse Daudet a fait entrer à jamais dans la littérature française.

  • « Rien n'a plu davantage dans les lettres persanes, que d'y trouver, sans y penser, une espèce de roman. On en voit le commencement, le progrès, la fin : les divers personnages sont placés dans une chaîne qui les lie. À mesure qu'ils font un plus long séjour en Europe, les moeurs de cette partie du monde prennent, dans leur tête, un air moins merveilleux et moins bizarre : et ils sont plus ou moins frappés de ce bizarre et de ce merveilleux, suivant la différence de leurs caractères. Dans la forme de lettres, l'auteur s'est donné l'avantage de pouvoir joindre de la philosophie, de la politique et de la morale, à un roman ; et de lier le tout par une chaîne secrète et, en quelque façon, inconnue. » Montesquieu.

  • Rien n'est plus étranger au personnage de Julien Sorel que la sérénité des vainqueurs. Alors que Napoléon, son modèle, est à jamais défait, Sorel est condamné à grandir dans une famille mesquine, à vivre dans une province trop étroite. Le fracas des fusils a laissé place au bruit lancinant de la scierie familiale : soldat privé de bataille, il ne lui reste que le coeur des femmes à faire saigner. Premier de ses amours, dernière de ses victimes : Mme de Rênal, jeune femme mélancolique, tombée amoureuse de Julien, devenu précepteur de ses enfants. Il la retrouvera dans le claquement des pistolets. Arrivé à Paris il séduit Mathilde de la Mole, jeune et fougueuse aristocrate, non pour sa fortune mais par défi, pour subjuguer la fierté qu'il croit lire dans ses yeux.
    Pour Sorel c'est là tout l'amour : un combat enraciné dans l'hostilité d'un échange de regards. Ayant pour origine un fait divers sanglant, Le Rouge et le Noir y puise une singularité tranchante. Loin d'une fresque abstraite, le roman a tout d'un corps rouge du sang qui s'y écoule, noir de la poudre qui y brûle.

  • Molière mourant s'est arraché une de ses plus belles comédies, et des plus actuelles. Qui ne se croit malade ? Qui ne dépend un jour de ses médecins, au point de refuser de guérir, ou d'en être séparé ? Et quel médecin n'est tenté par l'arrogance et le secret ?
    Un auteur visionnaire a ainsi dépeint la France, pays qui détient le record de la consommation des médicaments en Europe.

  • " Qui donc est en quête d'une histoire d'amour n'aille pas plus loin, écrit l'auteur de la principale version allemande du roman, au XIIIe siècle.
    Je satisferai son désir en contant l'histoire d'amants bien nés qui firent paraître une noble passion : un amour passionné, une amante passionnée, un homme, une femme, une femme, un homme, Tristan, Iseut, Iseut, Tristan. " Ce récit conte le mythe de l'amour plus fort que la vie, que les rapports sociaux, que soi-même : " Amour par force vous démène. " Comme l'écrit encore Gottfried de Strasbourg : " Ce sera le pain de tous les nobles coeurs.
    Ainsi leur mort à tous deux restera vivante. Nous lirons leur vie, nous lirons leur mort, et aimer sera plus doux que le pain. ".

  • Le jeune Perceval est élevé par sa mère à l'abri du monde. Le jour où il rencontre dans la forêt des chevaliers aux armures étincelantes, sa décision est prise : il sera lui aussi chevalier ! Il se rend aussitôt au château du roi Arthur. Mais pour atteindre son idéal, Perceval va devoir affronter mille dangers et percer le mystère du Graal, ce vase sacré aux pouvoirs miraculeux.

  • Cinna

    Pierre Corneille

    Corneille, on le sait maintenant, était un profond analyste de la vie et du pouvoir politiques. Il raconte ici l'échec d'une conjuration - seule forme d'opposition sous la dictature - et le pardon qui la suit. Sous l'intrigue apparente, et historique, il a voulu montrer le drame du pouvoir vieillissant, de l'opposition impuissante, des individus dépassés par des forces qui les écrasent. Cette tragédie n'a donc rien perdu de sa puissance, ni de son actualité.

  • Il y a le moyen age des cathédrales, des chevaliers, des princes, de la sainte ampoule et de la sainte epine.
    Et puis il y a le moyen age de ceux qui ont construit les cathédrales, adoré en silence la sainte epine, souffert par les chevaliers et les princes : les " vilains ". affreux, sales et méchants, comme disent le film et la chanson ? plus ou moins mais aussi rusés, subtils, increvables, capables de faire franche lippée, rapine et dérision de tout. leur héros, leur champion, leur ulysse, c'est renart dont les mille tours et aventures décrivent l'envers de la société médiévale et du monde courtois.
    Avec renart, le vilain entrevoit sa revanche et " l'affreux nain " sera un jour scapin, figaro, donald duck, mickey et même charlie chaplin.

  • Ce volume rassemble, autour du Chef-d'oeuvre inconnu, six autres nouvelles. Elles ont été choisies parce qu'elles traitent de la peinture, ou qu'elles ont une valeur picturale particulière, qu'elles sont «colorées».
    Dans Le Chef-d'oeuvre inconnu, le vieux maître Frenhofer met dix ans à terminer son tableau ; lorsqu'il le montre enfin, ses amis n'y voient que chaos. Le peintre en meurt. Pierre Grassou est, au contraire, un peintre sans talent, humble et touchant, dont s'engoue une famille bourgeoise. Facino Cane évoque le personnage mystérieux d'un clarinettiste aveugle, qui entraîne le héros à Venise.
    Dans L'Elixir de longue vie, L'Auberge rouge, Maître Cornélius, Un drame au bord de la mer, on devine l'influence de Delacroix. Dans l'ensemble du volume, on trouvera donc à la fois une esthétique et des aventures romanesques. C'est l'oeil de Balzac visionnaire qui brille dans ces sept beaux récits : le premier est célèbre, les autres méritent de le devenir.

  • Leur père refuse de les marier avec celui qu'elles aiment ? Lucile et Lucinde font toutes deux semblant d'être atteintes par un mal inconnu. D'éminents médecins se succèdent à leur chevet, sans résultat... Mais, quand il s'agit d'amour, rien de tel qu'un faux docteur pour guérir de fausses malades ! Deux courtes comédies dans lesquelles Molière se moque de la vanité des médecins et de la sottise des pères.

  • Essais

    Michel de Montaigne

    Coffret de trois volumes vendus ensemble.

  • Le Chevalier de Maison-Rouge (1845) se consacre aux derniers mois de Marie-Antoinette. Dans l'ombre, un homme plein de passion tente de sauver celle qui fut la reine, en s'appuyant sur le dévouement d'une femme pure, Geneviève Dixmer ; un amour impossible se tisse entre cette femme et Maurice Lindey, l'un des républicains héroïques qui ont pour charge de garder la prisonnière.
    Sur l'abîme creusé par la Révolution, il s'agit, pour Dumas romancier de toute l'Histoire de France, de jeter un pont vers ce temps disparu, la fin de la monarchie, ou des monarques. La Marie-Antoinette qu'il recrée dans ce roman, il la considère ainsi : « Reine, c'est une grande coupable ; femme, c'est une âme digne et grande. » Une grande et double figure, sur fond d'intrigues amoureuses et de réforme totalitaire. Personne n'a su, mieux que Dumas, peindre la passion dans l'Histoire.

  • "Lentement, peu à peu, se déroule une histoire dont tout l'intérêt repose sur une imperceptible déviation de l'intellect, sur une hypothèse audacieuse, sur un dosage imprudent de la Nature dans l'amalgame des facultés. Le lecteur, lié par ce vertige, est contraint de suivre l'auteur dans ses entraînantes déductions." Baudelaire

  • Non loin du Nil, dans la vallée de Biban-el-Molouk, un jeune artistocrate anglais, lord Evandale, et un savant allemand, le docteur Rumphius, découvrent une tombe inviolée. Depuis plus de trois mille ans, nul n'a foulé le sol de ces chambres funéraires où repose le sarcophage d'un pharaon. Mais quand s'ouvre le lourd couvercle de basalte noir, les deux hommes trouvent, à leur grande stupéfaction, la momie parfaitement conservée d'une jeune fille...

    Un roman captivant qui mêle histoire et amour, un voyage au coeur de la civilisation fabuleuse des pharaons. Un classique passionnant.

  • Les centaines d'essais de Virginia Woolf témoignent de l'engagement obstiné de l'auteure dans et pour la littérature. Articles de critique littéraire, essais esthétiques, pièces plus directement expérimentales, voire intimes : ces essais nous dévoilent le dialogue ininterrompu de Woolf avec la littérature de ses contemporains, et au-delà avec la littérature anglaise et européenne - des dramaturges grecs de l'antiquité aux écrivains russes.

  • Mes pensées

    Montesquieu

    Jeter des idées sur le papier et les voir aller leur chemin en toute liberté fait partie des intentions proclamées d'emblée par l'auteur : « Ce sont des idées que je n'ai point approfondies et que je garde pour y penser dans l'occasion. » Mais « Mes pensées », pour Montesquieu, ce sont aussi celles qui permettent de garder en réserve, ou par devers soi, une formule définitive, un jugement aussi méchant que brillant, une maxime dont on se demande si, à force d'être banale, elle ne serait pas étonnamment profonde. Alors qu'un autre recueil de Montesquieu, le Spicilège, est surtout tourné vers l'histoire et constitue un réservoir documentaire, Mes pensées révèlent bien davantage un esprit en action. On y trouvera notamment un chapitre entier échappé de L'Esprit des lois, et les restes d'un ouvrage qui a été dépecé pour en alimenter un autre. Tous les thèmes chers à Montesquieu sont présents, notamment un long développement sur la théorie du pouvoir.

  • Maupassant part de Marseille le 9 juillet 1881 pour l'Algérie en insurrection. Il y reste de juillet à septembre, envoyant des chroniques qui, assez profondément revues, complétées et modifiées, seront réunies et publiées en volume, en 1884, par l'éditeur Havard, sous le titre Au soleil. Sept ans plus tard, en octobre 1888, Maupassant part de Marseille pour visiter Alger, Constantine, Biskra. Il séjourne ensuite à Tunis, du 11 au 16 décembre, et se rend de Tunis à Kairouan ; en novembre 1889, jusqu'en décembre, c'est de nouveau Alger, la Kroumirie, Tunis. Du long voyage de l'écrivain, coupé par des séjours à Paris, datent les articles qui concernent l'Afrique du Nord, devenus chapitres de La Vie errante ; ils sont complétés par un voyage en Italie et Sicile, et un séjour en Bretagne.

  • Les fonctionnaires sont une invention de l'Empire développée par le XIXe siècle et l'époque contemporaine, et le roman de Balzac étudie la naissance de ces «armées bureaucratiques» qui vont envahir la France, de ce «pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains» qui sera la Bureaucratie moderne. Les «employés» de Balzac sont déjà les ronds-de-cuir de Courteline mais ils agitent aussi des problèmes qui sont encore ceux de leurs collègues d'aujourd'hui : décentralisation, justice ou non de l'impôt indirect, bien-fondé des nationalisations, extension du service public, etc. Construit autour d'une intrigue administrative (À qui la place?), le livre est un roman à clefs qui met en scène certaines des vedettes politiques de l'époque et l'on y verra comment les exploits de la «bande noire» sont à l'origine de quelques-unes des plus augustes fortunes industrielles de la France contemporaine.

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