L'harmattan

  • Après une entrée fracassante sur la scène politique lors du procès Blaise Diagne, l'ancien tirailleur sénégalais Lamine Senghor se lance corps et âme dans le combat anticolonisaliste jusqu'à sa mort prématurée en 1927. Ce livre rassemble pour la première fois ses écrits dispersés, dont La violation d'un pays (1927), allégorie anticolonialiste d'une violence étonnante.

  • "L'intérêt porté toujours à l'histoire de la vie de la femme Sarah Bartmann, qui a inspiré la pièce La Vénus hottentote, ou Haine aux Françaises, est aussi prononcé qu'il l'était au XIXe siècle quand on en faisait l'exposition. Nous sommes toujours fascinés par sa vie, par sa voix profondément enterrée dans des archives officielles et par la gamme de tragédies sans précédent liées à son identité de - femme africaine, noire et pauvre. Emmanuel Théaulon, Nicolas Brasier et Armand Artois, auteurs de la pièce ici rééditée, ont capitalisé sur la popularité de Bartmann, la « Vénus hottentote », deux mois après son arrivée à Paris. Dans leur vaudeville, joué à partir du 19 novembre 1814, ils explorent sur le mode comique des thèmes sérieux : liaisons dangereuses, incestueuses et interraciales, la différence « sauvage », l'esthétique française et le nationalisme."

  • Les dénonciations des scandales nés des relations entre la France et le continent africain ne sont pas neuves. Dès la conquête, ce qui se passait aux colonies était scandaleux : népotisme, corruption, prévarication, incompétence... tous les vices de la République se répandaient outre-mer, créant une vraie pétaudière ! Le réquisitoire d'A. H. Canu n'épargne personne, ni la Marine, ni le tout nouveau ministère des Colonies, ni le lobby colonial et son personnage emblématique Eugène Étienne.

  • Il n'est aux Antilles françaises nul récit d'esclave, seuls restent les témoignages des maîtres. Louis-Xavier Eyma est l'un de ceux-ci, dans ses nouvelles il présente l'univers plantationnaire. Son oeuvre, Les peaux noires (1857), s'inscrit dans le contexte de l'anthropologie contemporaine centrée sur les races humaines, sa fréquentation des Noirs et des gens de couleur remédiant sans doute à ce que le discours métropolitain avait de fantasmatique. Ce livre constitue une sorte d'ultime plaidoyer sinon en faveur de l'esclavage au moins de ceux qui le pratiquèrent.

  • Avec le colonel Monteil et le capitaine Marchand, le lieutenant Baratier traverse la forêt vierge de la Côte d'Ivoire à la recherche de leur principal ennemi, le grand chef Samory. Le récit de cette aventure vouée à l'échec s'accompagne d'autres histoires militaires, dont les tirailleurs "sénégalais" sont les héros comme leurs officiers blancs, tous dotés d'un sens aigu de l'honneur et prêts à mourir pour la France.

  • Le regard extraordinaire que Lafcadio Hearn a porté sur la Martinique justifie amplement la présente réédition. L acuité de sa perspective s explique non seulement par ses origines hybrides et son statut d étranger, mais aussi par sa culture de francophile et sa profonde fascination pour les Tropiques. Hearn, fin portraitiste de la Martinique du XIX siècle finissant, propose un témoignage séduisant surtout par son savant mélange de registres, notamment ceux de l artiste, du folkloriste, du conteur et de l ethnographe.

  • Albert Baratier (1864-1917) , officier de cavalerie dans l'armée d'Afrique et dans l'armée métropolitaine, est acteur des grandes missions militaires confiées aux troupes coloniales en Afrique noire, en particulier celle du commandant Marchand, "de l'Atlantique à la mer Rouge". Précurseur échappant aux clichés réducteurs, soldat au destin brutalement interrompu, il est un témoin majeur de la constitution de l'empire colonial français et une des grandes plumes de la littérature militaire.

  • "René Maran est connu pour un seul de ses romans, celui qui lui valut le prix Goncourt en 1921 : Batouala, véritable roman nègre. Mais il en a écrit une bonne dizaine, ainsi que des nouvelles dont huit sont présentées dans ce recueil. Homme ""de couleur"", il se trouvait dans une situation inconfortable, étant administrateur colonial en Afrique équatoriale française alors qu il dénonçait les abus du colonialisme. Ce malaise se reflète dans ses nouvelles et ses romans situés en Afrique."

  • "A la veille de la Première Guerre mondiale, une jeune mulâtresse martiniquaise rend visite à sa famille parisienne. Claire-Solange multiplie alors les provocations. Suzanne Lacascade (1884-1966) livre un roman singulier et complexe aujourd hui considéré par la critique."

  • "Le marronnage, ou la fuite de l'esclave de la plantation, tient une place centrale dans la littérature de l'île de la Réunion (nommée île Bourbon à l'époque coloniale). Cette anthologie réunit cinq récits qui représentent les premiers développements du thème du marronnage à l'île Bourbon durant la première moitié du dix-neuvième siècle. Dans ces contes, nouvelles et romans, on découvre des tentatives désespérées d'évasion de la part des esclaves, des conflits armés entre fugitifs et chasseurs, et des scènes de capture et de torture. - - "

  • "La Case de l'oncle Tom, drame de Philippe Dumanoir et Adolphe D'Ennery (Paris, théâtre de l'Ambigu-Comique, 18 janvier 1853), est l'une des trois adaptations théâtrales, en France, du roman d'Harriet Beecher Stowe. Participant de la « tommanie » qui, après les États-Unis, a gagné l'Europe au cours de l'année 1852, c'est la pièce qui, de l'avis de tous, véhicule le mieux l'esprit abolitionniste du roman - et c'est elle qui jouit du succès et de la faveur du public. Théophile Gautier en témoigne parmi d'autres. Or, tout en se réclamant de l oeuvre originale dont ils ont conservé le titre, les deux dramaturges ont pris bien des libertés avec la fiction romanesque. Où réside alors la proximité avec le roman américain ?"

  • "Cet ouvrage met en scène un dialogue entre « Timée », ancien administrateur colonial à la retraite, et « Ergaste », jeune aspirant à la carrière coloniale. La forme dialoguée permet à Hardy, à travers les questions innocentes d'« Ergaste », de corriger ses présuppositions sur la nature du colonialisme à la française et le travail de l'administrateur, et d'esquisser un portrait plutôt idéalisé de l'oeuvre colonisatrice de la France, le tout à fort caractère autobiographique."

  • Découvrez Ecrits sur la littérature coloniale, le livre de Marius-Ary Leblond. Le nom de plume Marius-Arp Leblond cache deux cousins originaires de la Réunion, Georges Athénas (1877-1953) et Aimé Merlo (1880-1958). Au début du XXe siècle, ils se font praticiens, mais aussi historiens, critiques et théoriciens d'une catégorie littéraire à construire : la littérature coloniale de langue française. Introuvables depuis longtemps et réunis ici pour la première fois, leurs écrits sur la littérature coloniale présentent un intérêt triple. Les historiens de la littérature apprécieront des renseignements bio-bibliographiques : le critique littéraire trouvera des jugements pertinents sur maints ouvrages de l'ère coloniale, nourris de contacts personnels avec leurs confrères d'outre-mer et de convictions esthétiques partagées. Quant à la " théorie " coloniale, elle garde pour nous un intérêt documentaire incontestable : matière à déconstruire pour l'historien ou le théoricien de la postcolonialité, elle laisse apercevoir les rouages d'une logique devenue opaque, qu'il convient d'élucider.

  • "Pendant l hiver 1936, l auteure de ce reportage noue des amitiés parmi les Tunisiennes qui lui demandent de plaider la cause de leur émancipation ; celle-ci en revanche est contestée dans son principe même par la plupart des hommes de leur pays. Lucie Paul-Margueritte a le courage de ses opinions : ""Mon opinion est que l évolution de la Tunisienne se fera et, tout au fond de vous-même, vous la voulez tout en la redoutant. Cette évolution se poursuivra en dépit des nationalistes et des traditionnalistes.""

  • Ce livre retrace l'assassinat du capitaine Cazemajou et de son interprète français, Olive, à Zinder, sur ordre du sultan Ahmadou May Roumji. Comment la décision de tuer a-t-elle été prise ? Pour quels motifs plausibles ? Quels tensions et désaccords existaient aussi bien parmi les sujets du sultan que parmi les Français ? Abdoulaye Mamani propose sa vision de l'affaire.

  • L'année 1789 a été caractérisée par un débat serré pour et contre la traite et l'esclavage des Noirs, et par la publication d'un grand nombre d'ouvrages les concernant. Le long roman de Lavallée a le mérite de plaider la cause antiesclavagiste en mettant

  • Maïotte décrit avec truculence l'intimité de l'aristocratie blanche de Saint-Pierre. Alternant burlesque et tragique, cette histoire dévoile sa mentalité à travers ses interactions avec les domestiques noirs et les étrangers à l'île. Jenny Manet évoque le mieux le génie et l'esprit du pays et de la culture de l'époque. Dans Maïotte, les descriptions " ethnographiques " du spiritisme ou du quimbois, du carnaval ou encore des marchandes, soulignent la richesse et la complexité de cette fin de siècle.

  • Albert Sarraut fut l'un des maîtres-penseurs du colonialisme de la période de l'entre-deux-guerres. Cet ouvrage de 1931 est l'un des meilleurs exemples de la justification du colonialisme français : il touche à tous les impératifs coloniaux de la France, du tournant du siècle aux débuts de la décolonisation. C'est essentiellement Sarraut qui façonna le langage avec lequel les Français parlaient de leur empire colonial.

  • L'action de Le Tremblement de terre de la Martinique, de Lafont et Desnoyer (1840), se situe dans un hors-texte d'interventions et d'expansion coloniale que la France mène à l'époque. Elle souligne les différences et les liens entre la législation et l'opinion en France et en Martinique sur l'abolition de l'esclavage. Elle emploie la géographie de la Martinique de manière symbolique pour mettre en scène les tensions raciales qui risquent à tout moment de mener à un séisme d'une tout autre nature qui entraînerait, lui aussi, la ruine de la colonie.

  • Paul Bonnetain rapporte de son expérieuce militaire aux Antilles et en Guyane une série d'anecdotes et de descriptions impressionnistes qui sont les témoignages ironiques et pittoresques de la vie coloniale à la fin du XIXe siècle. Il en propose une vision bien plus sombre dans Le Nommé Perreux, roman naturaliste qui dépeint le destin tragique d'un jeune troupier. Les textes rassemblés dans ce volume offrent comme un contrepoids aux récits d'explorateurs et aux romans d'aventures qui ont nourri les illusions coloniales.

  • L'histoire racontée dans ce roman, publié en 1926 et réédité ici pour la première fois, augmenté d'un chapitre inédit, a son origine dans la construction à Paris, aux lendemains de la Grande Guerre, d'un "Collège Panmahométan" érigé à l'intention des travailleurs musulmans en France. Ledit Collège suscite les réactions les plus diverses - et les plus extrêmes- chez les Parisiens.

  • "Louis de Saulieu vit seul à Obock, loin de la ville de Djibouti, capitale de la Côte française des Somalis, méprisé par ses compatriotes à cause de son sommerce douteux et de sa vie solitaire. Mais la jeune et belle Andrée va écouvrir que Louis cache un héroïsme inattendu derrière ses actions suspectes. En réalité, il travaille en mission secrète pour le bien de l empire français. Comment Louis va-t-il garantir la sécurisation de la colonie face aux tentatives de déstabiliastion menées par les rivaux de la France dans le ""grand jeu"" impérial ?"

  • Romancière dont la vie et l'oeuvre restent entourées d'un silence provocateur, Madame A. Cashin doit reprendre sa place unique dans les archives coloniales. Son ouvrage Amour et liberté. Abolition de l'esclavage (1847) se déroule à Sainte-Lucie durant le soulèvement des esclaves de Saint-Domingue. Sous le couvert d'un roman historié, voire d'une histoire romancée, l'auteur transmet un plaidoyer en faveur de l'émancipation complète des Noirs.

  • Voici la première réédition des Veillées des Antilles de 1821, recueil de nouvelles sentimentales de Marceline Desbordes-Valmore, écrivain plus connu aujourd'hui pour sa poésie que pour sa prose. Elle figure parmi les nombreux romantiques qui se sont intéressés à la condition des Noirs au moment de la renaissance de l'abolitionnisme en France en 1820. Le souvenir du passé esclavagiste de la France sous-tend le recueil, inspiré de son voyage tragique aux Antilles en 1802 ; ces mêmes souvenirs transpercent dans ses lettres et des poèmes, dont un choix est inclus en annexe.

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