Musee D'art Moderne Et Contemporain De Geneve

  • Une analyse détaillée d'un corpus majeur de l'artiste allemand par Erik Verhargen, accompagnée d'un historique de la pièce établi par Thierry Davila.
    Présentée quasiment en continu depuis l'ouverture du MAMCO au public, l'oeuvre de Franz Erhard Walther y occupe une place singulière. Celle-ci est structurée par l'Ensemble d'oeuvres no 1 (1. Werksatz), soit 58 objets en tissu cousu et activables, dont l'impact historique est unique sur la scène de l'art depuis les années 1960.
    Cet ouvrage s'attache à l'étude systématique et détaillée de ce corpus à travers une ample analyse d'Erik Verhagen. Elle est complétée par un historique, rédigé par Thierry Davila, de la présentation de l'oeuvre de Franz Erhard Walther au MAMCO. Au total, cette publication est l'une des toutes premières, disponible en français, à être consacrée à une figure majeure de l'art actuel.

  • Une analyse de l'oeuvre monumentale de Gordon Matta-Clark, la seule structure architecturale existante de l'artiste.
    Pièce majeure de la collection du MAMCO de Genève, Open House, créée à l'origine à SoHo (New York) durant le printemps 1972, est la seule oeuvre de grande dimension de l'artiste américain Gordon Matta-Clark (1943-1978) conservée par une institution.
    Il s'agit d'un container à l'intérieur duquel a été construit un labyrinthe fait de portes et de cloisons en bois récupérées.
    Véritable manifeste esthétique, cette construction de fortune cristallise bien des prises de position assumées par son créateur, tant dans ses relations avec la sculpture que dans ses rapports critiques à l'architecture.
    Elle est ici étudiée pour la première fois par trois auteur-e-s, Sophie Costes, Thierry Davila et Lydia Yee, qui en restituent toute la richesse et la complexité. Une façon de réaffirmer l'importance de la figure de Gordon Matta-Clark pour l'art des XXe et XXIe siècles.

  • Fac-similé de la première monographie consacrée à Marcel Duchamp, parue en 1959. Une initiation à l'oeuvre et à la personnalité d'un artiste doublée d'une reconsidération de la situation du peintre dans la société contemporaine et d'une analyse approfondie des mobiles de l'activité créatrice. Mise en page par Duchamp lui-même, avec ses propres textes, des textes d'André Breton et Henri-Pierre Roché et de très nombreuses illustrations, cette édition comprend une bibliographie et un catalogue raisonné de l'ensemble de son oeuvre.
    Comment le Nu descendant un Escalier, banni des Indépendants de 1912 devient l'année suivante, à l'Armory Show de New York, le tableau le plus célèbre de l'époque ? Comment Marcel Duchamp, recherché et fêté en Amérique, vit indifférent à tout succès commercial ? Comment ayant travaillé huit ans à son oeuvre monumentale le Grand Verre, il cessa de peindre sans renoncer pour autant à exercer son influence décisive ? Autant de problèmes brûlants sans l'élucidation desquels l'Art Moderne ne saurait être vraiment compris et qui étaient, jusqu'ici, demeurés sans réponse.

    « Le livre de Robert Lebel joue un rôle très important dans l'histoire de l'art contemporain. Il rappelle la nécessité, pour le peintre, d'explorer et de «nommer» par des formes une réalité absolument inépuisable et à laquelle l'art ne peut impunément tourner le dos. Mais il rappelle, de surcroit, qu'une grande oeuvre d'art ne peut être réalisée qu'en accord avec le comportement de son auteur dans la vie. » Alain Jouffroy, Arts « L'ouvrage de Robert Lebel sur Marcel Duchamp a permis de remettre en lumière la personnalité hors série et le rôle important joué dans l'art moderne par le plus fidèle à lui-même, et le moins émoussé par l'âge, des empêcheurs de danser, de penser et de créer en rond dans le confort du bon sens. » Michel Courtois, Cahiers du Musée de Poche Cette édition comprend une bibliographie et un catalogue raisonné de l'ensemble de l'oeuvre de Duchamp.

    Édition originale publiée à Paris par Trianon Press.

  • Un panorama complet de la pratique picturale d'Olivier Mosset sur six décennies.
    Olivier Mosset est devenu une référence incontournable pour plusieurs générations de peintres abstraits suisses, européens et américains. Avec une conscience aigüe de l'histoire, la radicalité de son art ne cesse d'interroger la peinture, et les moyens dont celle-ci dispose pour résister aux assauts répétés du spectacle et de la réification. A l'occasion de la rétrospective que lui consacre le MAMCO, la publication revient sur les différentes étapes de sa carrière, de ses premières expérimentations dans le Paris des années 1960 jusqu'aux monumentaux travaux récents, en passant par l'appropriation, la peinture radicale ou encore son rapport au cinéma expérimental. L'iconographie repose sur une série de prises de vues de grande qualité réalisées pendant l'exposition au MAMCO.
    Couverture sérigraphiée avec de l'encre thermochromique, changeant de couleur à partir de 27,5°C (le lecteur imprime temporairement ses empreintes lorsqu'il manipule le livre).

    Publié à l'occasion de l'exposition d'Olivier Mosset au MAMCO, Genève, du 25 février au 6 décembre 2020.

  • La première étude de l'ensemble des archives et des documents relatifs au musée d'artiste créé par Martin Kippenberger.
    Créé en 1993 par l'artiste allemand Martin Kippenberger, le MOMAS (Museum of Modern Art Syros) est un musée d'artiste ouvert jusqu'en 1996 et situé sur l'île de Syros dans les Cyclades. Installé dans un bâtiment inachevé, Kippenberger y invitait ses amis artistes à y faire des projets et à y déposer des oeuvres. Cosima von Bonin, Hubert Kiecol, Stephen Prina, Christopher Wool (qui en réalisa la signalétique), Lukas Baumewerd, Michel Majerus, Michael Krebber, Heimo Zobernig furent parmi les artistes invités à intervenir dans un lieu destiné à un public fort réduit (une dizaine de personnes tout au plus).
    Véritable critique de l'institution muséale, le MOMAS a fait l'objet de plans et de maquettes qui appartiennent à la collection du MAMCO. Ce livre est la première étude de l'ensemble des archives et des documents relatifs au MOMAS. L'ouvrage contient également des entretiens inédits avec plusieurs des artistes invités par Kippenberger à participer à son musée.

  • Les écrits de l'une des figures majeures du Land Art.
    Voici disponible pour la première fois en langue française la totalité des écrits composés entre 1966 et 1994, auxquels sont joints trois textes postérieurs à cette période, par l'artiste anglais Peter Hutchinson, une des figures majeures du Land Art. Écrits est bien le terme approprié pour qualifier ces textes - qui tiennent de la critique, du journal (journal d'art et de jardinage), de la botanique, tout autant que des récits de science-fiction ou du jeu avec les signes et le langage - car Hutchinson utilise la langue comme une matière à part entière, semblable en cela à tout écrivain véritable. Ce faisant, il nous donne à comprendre non seulement son travail avec et dans le paysage qu'il mène dans des territoires avant lui soustraits à la pratique artistique (les fonds sousmarins, les volcans), mais aussi l'époque dans laquelle il a commencé d'oeuvrer et les artistes dont il a été l'ami (Robert Smithson notamment).
    La fantaisie, la liberté, l'audace, l'originalité dont témoigne cet ouvrage ont peu d'équivalent dans la littérature artistique actuelle. C'est que Peter Hutchinson est un authentique créateur c'est-à-dire un explorateur, un découvreur de mondes nouveaux et sans commune mesure avec ce qui, jusqu'à lui, était balisé. La préface de Gilles A. Tiberghien, spécialiste du Land Art, resitue ces textes dans la logique globale de l'oeuvre d'Hutchinson, laquelle est un véritable écosystème guidé par un souci du monde qui préfigure amplement les urgences écologiques actuelles. Là n'est pas la moindre des vertus de ce livre : il nous montre un artiste à l'oeuvre qui ne cesse pas d'être, par avance, notre contemporain.

  • Les sept essais qui composent ce recueil balisent quarante années du travail d'Herbert Molderings, un des plus importants spécialistes actuels de l'oeuvre de Marcel Duchamp. Celui-ci étant apparu, dans le dernier quart du XXe siècle, comme le grand maître à penser de l'art le plus audacieux, les études ici réunies veulent montrer que c'est par son attitude non métaphysique, sceptique et ironique à l'endroit de l'activité artistique, que Duchamp a préparé la voie à l'esthétique postmoderne.
    À travers un processus permanent de déconstruction des conventions, il a substitué au discours formel des mouvements picturaux modernistes le primat du don d'invention, du plaisir de penser. Contrairement aux tenants de la « peinture pure », il ne considère pas la vision comme un processus abstrait, sans relation avec le corps, mais l'envisage comme partie intégrante d'un désir et d'un rapport physiques au monde. Une position que l'artiste pousse à l'extrême dans sa dernière oeuvre, le « théâtre optique » Étant donnés : 1° la chute d'eau, 2° le gaz d'éclairage, où le regardeur devient lui-même objet du regard. Cette oeuvre est mise ici en rapport, comme rarement elle l'a été, avec le contexte historique auquel elle doit sa naissance : la flamme ravivée de la « peinture pure », celle de l'expressionnisme abstrait aux États-Unis.
    Plus qu'aucun autre historien de l'art, Herbert Molderings s'est intéressé à la période de l'exil américain des années 1940, synonyme pour Duchamp d'un véritable renouvellement artistique. Ses recherches l'ont notamment conduit à mettre au jour plusieurs oeuvres jusqu'alors méconnues : l'autoportrait Marcel Duchamp à l'âge de 85 ans, incunable de la photographie conceptuelle, Le Rayon vert, une installation lumineuse et photographique aujourd'hui perdue, ou encore le collage Réflection à main de 1948. Ces travaux s'inscrivent tous dans un ensemble d'oeuvres marquées par de nouvelles réflexions esthétiques qui, résumées sous la notion d'« inframince », traitent de sensations extrêmement subtiles, à la limite du seuil de perception. Une traversée de Duchamp qui est aussi, et par conséquent, une véritable heuristique de l'imperceptible.

  • Une étude complète de l'installation de Sylvie Fleury, hommage à Claes Oldenburg.
    L'installation Bedroom Ensemble II de Sylvie Fleury est composée de mobilier domestique où tous les meubles ont été recouverts de fausse fourrure, un matériau, récurrent dans l'oeuvre de l'artiste. Mais elle rend surtout hommage à un artiste qui a, lui aussi, élevé le prosaïsme d'objets dérisoires au rang de la sculpture monumentale : en 1963, Claes Oldenburg reconstituait, sous ce même titre, des chambres à coucher dont il déformait les perspectives pour en accentuer l'effet de profondeur et les déréaliser. Cet ouvrage est la première étude globale de cette installation mais tente aussi de la situer par rapport aux autres oeuvres que possède le MAMCO.

  • Recueil réunissant six cent cinquante-sept « définitions/méthodes », le protocole pictural au fondement de l'oeuvre de Claude Rutault et source d'une nouvelle forme textuelle.
    (introduction) (...) peinture d'une famille et son évolution au fil des générations. le nombre des membres de la famille détermine le nombre de parties de l'oeuvre. par famille il faut entendre les différents modèles de structures familiales et leur évolution existant à ce jour dans le monde.
    Le nombre de toiles de chaque membre de la famille est choisi d'un commun accord par les parents à l'initiative de l'oeuvre. une deux trois toiles pour chacun... parents et enfants à égalité. le père et la mère auront une toile de même surface mais la forme pourra être différente. une toile pour chaque enfant, dès la naissance.
    Il est évident que les enfants devront attendre des années avant de participer à l'oeuvre. question d'éducation, de volonté, de patience, de conviction. aux parents d'organiser la mise en place de l'oeuvre et son évolution.
    Les toiles des enfants devront rester en piles, visibles, en attente, jusqu'à ce qu'ils puissent réellement prendre en charge. l'âge de prise en charge peut varier d'un enfant à l'autre. chacun choisira alors une ou plusieurs toiles qui ne seront pas obligatoirement celles que les parents leur destinaient initialement. ils choisiront un ou plusieurs murs, des couleurs, un accrochage.
    Ils actualiseront cette peinture en prenant appui avec au départ l'aide des parents, sur les règles habituelles des dé-finitions/méthodes.
    Lorque les enfants quittent le foyer ils emportent leur(s) toile(s). l'histoire continue, ailleurs, autre. chaque enfant qui fonde un foyer poursuit l'histoire de la famille.
    Par contre les enfants n'héritent pas des toiles de leurs parents. lorsque ceux-ci (...)

  • Faisant suite à La Relation comme forme - L'interactivité en art, ce second volume des écrits de Jean-Louis Boissier s'attache à l'analyse technique et esthétique des devenirs de l'écran.

    L'écran, omniprésent dans notre environnement, devenu mobile et mobilisable, conduit à d'autres formes de relations. Ces implications artistiques de la mobilité effective, Jean-Louis Boissier en retrace l'histoire et l'actualité et en interroge implicitement le futur, en s'appuyant sur sa propre pratique expérimentale. Cela sur le mode d'un récit personnel dans lequel des figures essentielles comme celles de Jean-Luc Godard et de Chris Marker côtoient celle de Masaki Fujihata, artiste inventeur de médiums.

    Voir aussi Vivre par(mi) les écrans.

  • Le Film et son double explore l'hypothèse du cinéma performatif, à savoir la façon dont le cinéma peut s'actualiser en dehors de son dispositif technologique traditionnel, notamment par la parole. L'ouvrage s'essaie à définir des catégories comme celles du film papier, du film script ou du film conférence, à l'aide d'oeuvres du cinéma moderne, expérimental, du lettriste et de l'art contemporain.
    Déplacé de la salle à l'écran de l'ordinateur, dissocié de son dispositif technologique traditionnel, le film rencontre aujourd'hui de subtiles métamorphoses. Il semble persister sous son avatar numérique à la manière d'une promesse, d'un fantôme ou d'un double. On observe en effet dans le champ du cinéma expérimental et de l'art contemporain de nombreuses stratégies artistiques qui tentent de remplacer le film par un simple énoncé sous la forme de conférences illustrées, de lectures ou de performances. Peut-on faire un film avec des mots ?
    Faisant suite à Sortir du cinéma, publié par le MAMCO en 2013, Le Film et son double se propose d'étudier le devenir performatif du cinéma à travers cinq catégories spéculatives : le film papier, le film script, le film conférence, le film boniment, le film mouvement. Un film peut-il exister sous la forme d'un collage ou d'une suite visuelle ? Le script peut-il se substituer à l'oeuvre ? Une conférence est-elle un film performatif ? Peut-on pénétrer dans l'écran pour raconter une fable ? Les mouvements sociaux d'occupation des places relèvent-ils du cinéma vivant ?
    Au fil de cet ouvrage sont étudiées des oeuvres du cinéma classique (Sacha Guitry) ou moderne (Marguerite Duras, Jean Eustache, Marcel Hanoun), du champ expérimental (Hollis Frampton, Isidoro Valcárcel Medina) ou du mouvement lettriste (Isidore Isou, Roland Sabatier) ainsi que des performances d'artistes contemporains (Tony Conrad, Rabih Mroué, Peter Miller). Deux études consacrées respectivement aux apports du lettrisme et à la disparition du projectionniste complètent cette enquête. Le cinéma à venir sera-t-il performatif ?
    Cinéaste et théoricien, Erik Bullot (né en 1963) a réalisé plus d'une vingtaine de films, à mi-chemin du film d'artiste, du documentaire et du cinéma expérimental.

  • Penser les devenirs de l'art à travers les avant-gardes allemandes : Maria Stavrinaki offre une véritable leçon de regard à travers ces huit essais qui proposent des aperçus novateurs sur des artistes, des oeuvres et des mouvements majeurs (Hugo Ball, Max Beckmann, Marcel Breuer, Franz Marc, le Merzbau, l'expressionnisme et Dada...).

    Les huit essais qui composent ce recueil proposent, de Max Beckmann à Hugo Ball, de Franz Marc à Marcel Breuer, de l'architecture expressionniste à Kurt Schwitters, une traversée des avant-gardes allemandes qui ne vise ni à leur célébration aveugle ni à leur critique systématique. Il s'agit plutôt pour l'auteure de prendre la mesure de leurs ambitions, de leurs réussites et de leurs impasses pour penser avec elles les devenirs de l'art. Pour ce faire, une attention toute particulière est consacrée aux éléments qui composent une oeuvre, un discours, une situation, lesquels sont examinés chaque fois comme formant des dispositifs ouverts, tantôt parfaitement cohérents et tantôt irrémédiablement aporétiques. Cette cohérence et ces apories sont la matière même de l'histoire, non pas comme un produit fini mais comme un exercice de la pensée. C'est ce que démontre ce livre qui, apportant des aperçus profondément novateurs sur des artistes majeurs, nous donne une véritable leçon de regard.

  • Le catalogue raisonné des oeuvres de la période italienne de l'artiste américaine : la totalité des quelques 500 peintures et dessins réalisés dans les années 1970 reproduites (ou, pour les oeuvres détruites ou non localisées, redessinées par Marcia Hafif d'après les notes qu'elle a conservées), un long entretien au cours duquel elle revient sur sa démarche dans le contexte culturel de cette période, une analyse de son travail dans une perspective historique par Eric de Chassey.
    Un ouvrage majeur pour comprendre l'histoire de l'abstraction occidentale, au travers de cette figure de la femme peintre, emblématique des mutations de l'époque.

  • Une étude novatrice de l'oeuvre de l'artiste belge, dont la pratique filmique et photographique profondément originale est livrée tout autant aux ultimes développements techniques actuels qu'aux ombres projetées - aux théâtres d'ombres - fondatrices de l'histoire des arts.
    Apparu sur la scène internationale à la fin des années 1990, le travail de David Claerbout n'a cessé, depuis, de manifester sa singularité - de l'approfondir et de l'étendre. Essentiellement composé de films, mais aussi de photographies et de dessins, cet univers, façonné par une relation au temps qui transforme celui-ci en quelque chose de l'espace, est aussi une oeuvre au noir : nuit, clair-obscur, ombres multiples et insistantes en font un monde de projections en grisaille, de ténèbres à explorer, autant de formes inventées pour mettre à l'épreuve les limites de notre perception.
    C'est ce que s'attache à montrer cet ouvrage qui suit la logique ombreuse - et ténébreuse -, jusqu'à présent jamais relevée par la critique, structurant nombre de films à la durée et à la lenteur minérales, mais aussi nombre de photos « invisibles » de David Claerbout. Par ce biais, celui-ci affirme encore davantage la profonde originalité de sa pratique livrée tout autant aux ultimes développements techniques aujourd'hui disponibles pour créer qu'aux ombres projetées - aux théâtres d'ombres - fondatrices de l'histoire des arts. Des pièces d'ombre donc pour faire une image actuelle intimement proche de ses ancêtres autrement dit pour inventer une contemporanéité sans âge.
    Le travail de l'artiste belge David Claerbout (né en 1969) est marqué par une réflexion sur le temps, considéré comme médium artistique. Inspiré par la phénoménologie et par les écrits de Gilles Deleuze sur l'image et le cinéma, il a développé une sorte de « photographie en mouvement » qui lui permet d'introduire des éléments narratifs dans l'image.
    Entre image fixe et image en mouvement, entre photographie et techniques numériques, les oeuvres de Claerbout sont exigeantes, difficiles à « consommer » : en attendant que « quelque chose se passe », le spectateur accepte une expérience de la durée qui produit à la fois les conditions et le désir d'une réflexion sur les rapports entre la narration, l'image et ses supports technologiques.

  • Une analyse de la reconstitution du logement de Ghislain Mollet-Viéville, le plus important ensemble d'oeuvres d'art conceptuel et minimal en Suisse Romande.
    Présent au MAMCO depuis l'ouverture de l'institution au public, L'Appartement est un espace particulier dans le parcours du musée. Il s'agit de la reconstitution de l'appartement de Ghislain Mollet-Viéville situé à l'origine au 26 de la rue Beaubourg à Paris. Occupé et aménagé par ce dernier de 1975 à 1991, ce lieu de vie était aussi un lieu d'échanges et d'exposition d'oeuvres précisément choisies. L'art minimal et conceptuel y tenaient une place essentielle pas simplement à travers des oeuvres mais aussi comme forme de vie. Désormais partie intégrante de la collection du MAMCO, L'Appartement propose, entre autres, des pièces de Donald Judd, Carl Andre, Claude Rutault, Art & Language, Joseph Kosuth, Lawrence Weiner et André Cadere. Cet ouvrage en est la présentation détaillée à travers un essai de Patricia Falguières, un entretien avec Ghislain Mollet-Viéville et une étude de chaque oeuvre par Thierry Davila. Il montre aussi combien collectionner signifie inventer un type singulier de fréquentation de l'art.

  • Cinéastes et artistes, historiens et théoriciens de l'art proposent une cartographie inédite de l'essai filmique contemporain en 47 textes critiques. Ici, l'essai n'est pas pensé comme genre mais comme forme hybride entre fiction et documentaire, cinéma et art contemporain.
    L'essai : la notion semble aussi datée que les « temps modernes », son heure de gloire littéraire paraît lointaine. Elle trouve pourtant aujourd'hui une nouvelle pertinence dans le domaine de l'image en mouvement. Cinéma et art contemporains sont engagés depuis une vingtaine d'années dans des rapports d'influence et de friction qui ont fait émerger un territoire commun à l'identité floue et, sans doute pour cela même, d'une indéniable fécondité quant aux formes et procédés qui s'y expérimentent. L'énergie transgressive qui anime ce territoire n'est autre que celle de l'essai - qui malmène les hiérarchies et traverse les frontières. Une énergie critique pour temps de crise, qui croit à la vie des formes et brave les oppositions entre théorie et pratique, fiction et documentaire.
    Des origines littéraires (Montaigne, Diderot, Musil...) aux oeuvres les plus contemporaines (Teguia, Steyerl, Des Pallières...) en passant par les maîtres essayistes modernes (Godard, Smithson, Farocki...), cet ouvrage s'est voulu fidèle à l'énergie centrifuge de l'essai : associant critiques et cinéastes, chercheurs et artistes, accueillant les écritures les plus diverses (essais théoriques, visites d'ateliers, entretiens, traductions inédites), il propose une série d'hypothèses critiques lancées comme des fusées - réjouissantes et déterminées.

  • Ce deuxième volume des Essais datés de Thierry de Duve propose un ensemble de textes qui théorisent la question de l'adresse ou sont adressés à des interlocuteurs choisis, vivants ou morts, entre hommage et disputatio (Jacques-Alain Miller, Benjamin Buchloh, Marie-José Mondzain, Jean Clair, Jean-François Lyotard, Herman Parret, Mieke Bal, Daniel Arasse).

  • Le recueil des essais de Thierry de Duve sur Marcel Duchamp.
    Écrits entre 1976 et 2012, les textes qui composent ce premier volume d'Essais datés concernent tous l'oeuvre de Marcel Duchamp et ses parages. Car si l'on connaît les livres que Thierry de Duve a consacrés à l'inventeur du readymade, on sait probablement moins qu'il n'a jamais cessé de publier, durant plus de quarante ans, en sus de ses travaux canoniques, des essais sur cette figure majeure de l'art du XXe siècle. Cet ouvrage est donc le résultat d'une longue et fidèle traversée, celle d'une oeuvre-clé dont un geste en particulier ne cesse de retenir l'auteur : celui qui conduisit Duchamp en 1917 à vouloir montrer Fontaine dans une exposition. L'analyse de ce coup de force, de ses conséquences passées, actuelles et à venir, n'exclut cependant pas ici d'autres vues sur d'autres audaces duchampiennes. De même, Thierry de Duve analyse un certain nombre de travaux qui sont dans une résonance explicite ou diffuse avec Duchamp, c'est-à-dire qui interrogent, approfondissent et en réalité réinventent sans cesse sa figure (Marcel Broodthaers, Bertrand Lavier, Sylvie Blocher). Une véritable constellation artistique se dessine qui met en jeu la valeur, l'autorité et l'impact du geste artistique décisif. De là le fait que ces essais réunis ne sont heureusement pas un panégyrique mais un usage exploratoire - et souvent même jubilatoire - de celui qui signait quelquefois ses courriers Duche. Ce volume est le premier d'une série de quatre qui aborderont diverses facettes de la théorie esthétique de Thierry de Duve et de sa vision de la modernité. Il reprend le principe des essais datés déjà en partie publiés à la fin des années 1980 qui demandaient à être profondément réorganisés et surtout complétés.

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