Perrin

  • Churchill

    Andrew Roberts

    • Perrin
    • 27 Août 2020

    De Churchill, croit-on, tout a été dit - en premier lieu lui par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes - le moindre n'étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé - qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais « classiques », mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent une éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l'homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d'être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce « Vieux Lion » dont toute la vie avant 1940 n'a fait que préparer le grand oeuvre que demeurent ses années de guerre.
    Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l'histoire.

  • Entre mars et mai 1871, Paris connut une insurrection révolutionnaire qui devait rapidement aboutir à la mise en place d'un conseil populaire, la Commune. Moins de deux mois plus tard, les insurgés capitulaient devant les troupes régulières et le gouvernement de Thiers, replié à Versailles. La répression fut sanglante. La Commune est un moment singulier dans l'histoire de France et demeure encore aujourd'hui l'enjeu d'une bataille mémorielle.
    Dans ce texte d'une grande clarté, Jean-Pierre Azéma et Michel Winock racontent - en usant largement de témoignages contemporains - ,l'avènement puis la chute de la Commune, mais également ses représentations ultérieures et ses conséquences à long terme. Un grand récit sans parti pris orchestré par deux de nos plus grands historiens.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Comment comparer la peste de Justinien, qui se répandit comme une traînée de poudre dans tout le bassin méditerranéen dès le VIe siècle, et le sida, ce redoutable fléau que l'on ne découvrit que dans les années 1980 ? Aussi variées que soient leurs manifestations, les pathologies décrites dans cet ouvrage - choléra, syphilis, lèpre, variole... - ont un point commun : toutes sont des pandémies. Transmises par contagion, elles s'étendent en un temps record sur de vastes régions et touchent ainsi une part importante de la population mondiale. Dès lors, comment lutter contre ces ennemis invisibles qui semblent frapper au hasard ? Quelles stratégies adopter pour combattre ces maux, sans laisser la peur et la panique prendre le dessus ? Faut-il s'en remettre aux pouvoirs en place, ou bien chercher des réponses auprès des scientifiques ?
    Dans cette enquête totalement inédite, Patrick Berche et Stanis Perez retracent l'histoire mondiale des grandes maladies en adoptant une démarche à la fois globale et critique. Depuis le Paléolithique, les humains font face à des menaces qui ne cessent de se métamorphoser. Et si la peste a laissé place à la tuberculose pendant l'ère industrielle, tandis que la révolution pastorienne au XIXe siècle a momentanément permis de mieux contenir ces maux, de nouvelles pandémies liées à notre mode de vie ont progressivement fait leur apparition. Ainsi, aujourd'hui, la mondialisation et la société de consommation nous obligent à nous réinventer pour protéger la santé publique, notamment à l'ère de la Covid-19. Cette incontournable synthèse, où se mêlent bonheur d'écriture et rigueur scientifique, nous donne enfin les clés pour comprendre les précédents d'un sujet plus que jamais d'actualité.

  • Portraits et destins

    Franck Ferrand

    • Perrin
    • 4 Février 2021

    Après le succès de « Franck Ferrand raconte », le prince de l'histoire revient avec vingt histoires écrites pour l'essentiel pour le magazine Historia. Dans la lignée des maîtres du « passé simple » - G. Lenôtre, André Castelot et Alain Decaux- il délivre des récits à la fois enlevés et d'un grand plaisir de lecture.
    Figurent notamment au menu :
    - Alexandre Le Grand, le dieu guerrier ;
    - La bataille de Salamine ;
    - Les bûchers oubliés de François Ier ;
    - La révolte des sabotiers ;
    - Colbert. L'ambitieux sans limites ;
    - La belle Aïssé, égérie de la régence ;
    - Le mystère Stradivarius ;
    - Louis XVI et Marie-Antoinette. Le mariage du Siècle.
    - L'énigme Louis XVII ;
    - 18 brumaire. Bonaparte prend le pouvoir ;
    - 1820. Le duc de Berry se meurt ;
    - Le sac du palais d'Eté ;
    - La IIIe République revoit sa copie ;
    - Versailles, la paix illusoire ;
    - La saga de Petrossian (1920) ;
    - Le burn-out de Paul Deschanel ;
    - Avril 1969. De Gaulle s'en va ;
    - Ils ont marché sur la lune.

  • Les mythes de la Seconde Guerre mondiale t.2 Nouv.

    L'histoire de la Seconde Guerre mondiale nous semble bien connue ; elle est en réalité encore largement construite sur un certain nombre de mythes qui ont la vie dure auprès du grand public. Pour y remédier, et dans la lancée du premier volume, Olivier Wieviorka et Jean Lopez ont réuni les meilleurs historiens de la période, y compris à l'international (Robert Paxton). Sur chaque sujet, ils cassent les clichés convenus et les images toutes faites, donnant, au final, un ouvrage aussi agréable à lire que novateur.
    En voici le sommaire :
    - 1 000 victoires aériennes et 100 000 tués: les mythes héroïques du printemps 1940 ;
    - Entre 1940 et 1944, Vichy a protégé la France ;
    - Les Allemands ont failli remporter la bataille d'Angleterre ;
    - La marine japonaise était redoutable ;
    - Les Allemands n'ont pas pris Moscou à cause de l'hiver ;
    - Le régime de Vichy a protégé les Juifs français en sacrifiant les Juifs étrangers ;
    - Hitler, chef infaillible ?
    - Les FTP, fer de lance de la résistance armée en milieu urbain ;
    - Stalingrad, le tournant de la Seconde Guerre mondiale ;
    - Les Italiens, de gentils occupants?
    - Les homosexuels d'Europe ont été déportés ;
    - Midway, tournant décisif de la guerre du Pacifique ;
    - La Suisse, un pays neutre ;
    - Patton, le meilleur général américain ;
    - Le coeur de la France libre battait à Londres ;
    - La propagande a joué un rôle décisif pendant la Seconde Guerre mondiale ;
    - Le monde arabe a souhaité la victoire du Reich ;
    - Le PCF n'a pas voulu prendre le pouvoir à la Libération ;
    - Les Soviétiques l'ont emporté grâce au nombre ;
    - Le bombardement d'Hiroshima a été de loin le plus meurtrier que le Japon ait jamais connu ;

    Ajouter au panier
    En stock
  • Emmanuel Macron : vérités et légendes Nouv.

    L'ovni du « nouveau monde » Macron a-t-il réussi son pari ? Est-il un réformateur authentique ? Un écologiste d'opportunité ? S'est-il mis à dos élus et syndicats ? Les « gilets jaunes » l'ont-ils changé ? Sa politique étrangère est-elle différente ? Est-il responsable de l'ampleur prise par l' « affaire Benalla » ? Brigitte Macron est-elle sa première conseillère ? Son talon d'Achille est-il sa fidélité à ses équipes ? Entretient-il une relation de confiance avec ses premiers ministres ? Méprise-t-il la presse ? Derrière la fonction, qui est l'homme : un caméléon arrogant, un volontariste empressé ? Telles sont les questions auxquelles répond ce Macron.

  • étonnant Moyen Âge

    Jean Verdon

    • Perrin
    • 15 Avril 2021

    Le Moyen Age a longtemps été considéré comme une période sombre, violente, ignare, bien différente de la lumineuse Renaissance. Heureusement, de nombreux spécialistes se sont efforcés de détruite cette image. En s'inspirant de leurs travaux, jean Verdon restitue le vrai visage du Moyen Age, époque étonnante pour nos contemporains, tant par sa spécificité que par sa créativité et, parfois, par sa modernité. Pour ce faire, il présente une cinquantaine de faits, d'événements, de réalités qui ne peuvent que nous surprendre. En voici quelques exemples.
    - La campagne se prolonge dans la ville, au point qu'à Paris un cochon fait tomber le cheval du fils aîné du roi Louis VI qui trouve la mort dans cet accident !
    - Les rapports sexuels entre époux, les seuls que tolèrent les clercs, sont limités à un nombre réduit de jours, et uniquement pour procréer - selon certains ils entraînent pourtant un péché, et la violation de cet interdit aurait d'ailleurs pour conséquence la mise au monde d'enfants infirmes...
    - L'Eglise, de nos jours unique et très hiérarchisée, voit coexister à la fin du XIVe siècle et au début du XVe trois papes, plus exactement deux papes et un antipape, d'où des années d'anarchie et de désordres.
    - Le cimetière médiéval ne ressemble pas au cimetière contemporain. Outre qu'il est réservé aux fidèles chrétiens, il ne sépare pas toujours les vivants et les morts. Aux derniers siècles du Moyen Age, nombreuses sont d'ailleurs les interdictions faites aux habitants d'y résider, faire du commerce, tenir des réunions, danser ou jouer...
    - Alors que la vie est bien plus courte que de nos jours, les voyages peuvent durer des mois, voire des années. Et si le commun des mortels voit toute sa vie bornée à un horizon restreint, les gouvernants passent leur temps à voyager, n'hésitant pas à franchir les continents.
    - Les Anglais appartenant aux classes les plus élevées, dont on dit qu'ils détestaient les Français, parlent pourtant la langue de ces derniers durant plusieurs siècles après la conquête de leur pays, en 1066, par Guillaume, duc de Normandie.
    Autant d'étrangetés, parmi beaucoup d'autres, qui donnent à voir un autre Moyen Age, bien loin des poncifs véhiculés.

  • Hatchepsout, Néfertiti, Néfertari ou encore Cléopâtre : ces noms de reines égyptiennes nous sont familiers. Le cinéma et la littérature se sont emparés du destin de certaines d'entre elles, telles des synonymes de faste, de beauté et de puissance dans notre mémoire collective. Mais au-delà de ces clichés, qui étaient vraiment ces épouses, mères ou filles de pharaon qui ont influencé et marqué de leur sceau l'histoire de l'Egypte ?
    Ecrire une histoire des femmes célèbres de l'Egypte ancienne ne suffit pas : il faut approcher cet univers dans la pluralité de ses niveaux, mythiques, historiques, institutionnels. Cet ouvrage, nouvel opus de l'égyptologue Florence Quentin, s'appuie sur les dernières découvertes concernant ces souveraines pour dresser le portrait des plus prestigieuses d'entre elles, qui vécurent durant le Nouvel Empire, à l'apogée de la civilisation pharaonique (entre 1550 et 1069 avant notre ère).
    A travers le récit de ce que l'on sait de leur vie, se dessine aussi la condition de la femme égyptienne à cette époque. Dans toutes les classes de la société, celle-ci bénéficiait d'un respect assez rare dans le monde antique pour être mentionné.
    L'Egypte ancienne fut tout à fait singulière dans sa façon de lui donner accès à des fonctions et métiers réservés habituellement aux hommes partout ailleurs. Ce statut privilégié se reflète dans la position qu'occupèrent ces puissantes souveraines, qu'elles soient « Grande Epouse Royale », régente, et même Pharaon au pouvoir absolu, comme ce fut le cas à trois reprises au Nouvel Empire (ainsi la grande bâtisseuse Hatchepsout).
    Servi par une narration historique vivante, fondée sur de solides recherches égyptologiques, ce livre convie le lecteur à une immersion auprès de « Celles qui emplissaient le palais d'amour », ces « Dames de Grâce » qualifiées aussi de « Souveraines de toutes les femmes et de tous les pays ».

  • Pour Napoléon

    Thierry Lentz

    • Perrin
    • 11 Mars 2021

    Exaspéré par les polémiques qui surgissent à tout bout de champ sur Napoléon, relatives particulièrement à l'esclavage, au patriarcat, à sa dictature ou aux guerres que l'empereur a menées, Thierry Lentz y répond dans cet essai argumenté, au ton vif et personnel. Vingt chapitres très enlevés pulvérisent les faux procès, fondés pour la plupart sur l'ignorance et l'anachronisme, parfois sur l'aveuglement idéologique et la bien-pensance, voire la haine de la France et de son histoire, devant laquelle les politiques se courbent trop souvent. Surtout, l'historien impeccable, sans défendre systématiquement Napoléon, rappelle le rôle décisif et pérenne tenu par le Consulat et l'Empire dans la construction de la France contemporaine, jusque dans notre présent et notre intimité. Oui, Napoléon vit en nous, et les Français, dans leur ensemble, ne s'y trompent pas, qui reconnaissent en lui un héros national, avant et à côté de Charles de Gaulle.

  • Plus d'un demi-siècle après l'indépendance de l'Algérie, est-il possible de raconter sans manichéisme et sans oeillères la guerre au terme de laquelle un territoire ayant vécu cent trente ans sous le drapeau français est devenu un Etat souverain ? De la Toussaint sanglante à la fusillade de la rue d'Isly en passant par la manifestation du 17 octobre 1961, Jean Sévillia relit tous les grands épisodes de cette guerre intestine. Il compare les chiffres, démasque la propagande, replace la cruauté du conflit dans celle de l'époque. Car ce livre raconte cette histoire telle qu'elle fut : celle d'une déchirure dramatique où aucun camp n'a eu le monopole de l'innocence ou de la culpabilité, et où Français et Algériens ont tous perdu quelque chose, même s'ils l'ignorent ou le nient.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Le siècle des dictateurs

    Olivier Guez

    • Perrin
    • 22 Août 2019

    « Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. » Paul Valéry, Regards sur le monde actuel.

    Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme.

    Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité.

    Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté.

    Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.

  • Le 27 septembre 52 avant notre ère, tout était réuni pour que Vercingétorix l'emporte à Alésia sur les légions de César ; or, c'est tout l'inverse qui se produisit. Comment expliquer ce désastre où se joua le destin de la Gaule ? Le 29 mai 1968, le général de Gaulle disparaît ; face au mouvement social, eut-il la tentation de se retirer, et qu'est-il allé dire et faire à Baden-Baden ? Le secret de ces heures capitales n'est pas entièrement élucidé. L'Atlantide était-il une contrée emportée par un tsunami au milieu de la mer Egée, ou une métaphore platonicienne ? Certains pensent que le linceul de Turin a enveloppé le corps du Christ, d'autres sont assurés du contraire. Qui a sculpté et dressé ces monumentales figures dans une île improbable du Pacifique Sud ?
    La grande histoire est faite aussi de ces incidents, hasards et affaires qui ont défrayé la chronique et conservé leur part de mystère tout en influant sur les destinées des pays. Ces énigmes, on s'épuise, parfois depuis des siècles, à les élucider, on s'en irrite souvent, mais elles conservent le charme des secrets de famille. Certaines d'entre elles, pourtant, ont influé sur les destinées du monde. Voici enfin, en un seul volume, ce qu'il est possible de savoir et de comprendre sur quarante d'entre elles, précédemment publiés dans les deux best-sellers dirigés par Jean-Christian Petitfils.

  • Les Français connaissent les vingt-six maréchaux de Napoléon. Mais que savent-ils des dix-sept que Staliné a élevés ? On leur doit pourtant la création de l'Armée rouge et sa formidable victoire contre l'Allemagne nazie et le Japon impérial. Certains figurent parmi les plus grands capitaines du siècle passé : Toukhatchevski, Chapochnikov, Joukov, Vassilevski, Koniev, Rokossovski, Malinovski, Tolboukhine. A leurs noms s'attache aussi la conquête de l'Europe orientale et centrale, et son intégration au monde soviétique. L'on sait moins que nombre d'entre eux ont joué un rôle politique important dans les dix ans qui ont suivi la mort de Staline, et ce jusqu'à la fin des années soixante. Cet ouvrage unique en son genre, qui s'appuie sur des sources exclusivement russes, explique la logique à l'oeuvre dans les choix militaires et humains de Staline. Il donne à suivre des parcours individuels stupéfiants, parfois tragiques, quelque fois rocambolesques, toujours inattendus. Le récit de ces dix-sept vies parallèles compose ainsi une fresque immense qui va de la Première Guerre mondiale à la crise des fusées à Cuba, de l'océan Pacifique à Berlin, des défilés glorieux sur la Place rouge aux geôles de la Loubianka. Jaloux les uns des autres, apeurés devant leur maître, cachant parfois de terribles secrets, les dix-sept sortent enfin de l'injuste anonymat qui, pour la plupart, a été de règle jusqu'à aujourd'hui.

  • SAC : Service d'Action Civique. Peu d'organisations politiques ont autant défrayé la chronique et suscité les passions que le service d'ordre gaulliste, fondé en 1960. Ses milliers d'adhérents, rugueux et déterminés, protégeaient les meetings et campagnes d'affichage du parti au pouvoir. Gaullistes fidèles, anciens de la Résistance ou de la France libre pour beaucoup, ils vouaient un culte au Général dont ils se considéraient comme les grognards inconditionnels. Ce carré de la Garde était engagé lors des élections compliquées et les moments de crise du régime (putsch des généraux, barricades de 68). Mais le SAC avait aussi sa part d'ombre. Car à côté d'une majorité d'honnêtes militants figuraient des éléments douteux : membres d'extrême droite attirés par l'anticommunisme violent, aventuriers et escrocs mythomanes, malfrats à la recherche d'une impunité policière et judiciaire. Des mauvaises fréquentations expliquant les délits dans lesquels des adhérents se trouvaient impliqués : braquages, trafics de drogue, d'armes et de fausse monnaie, proxénétisme, escroqueries, rackett, agressions... Aux méfaits crapuleux s'ajoutaient à l'occasion des dérives et violences politiques : infiltration des forces de l'ordre, provocations et espionnage clandestin, coups contre les militants de gauche. Que le patron politique du SAC ait été Jacques Foccart, puissant et mystérieux conseiller du Général pour les affaires sensibles touchant aux services secrets, à l'Afrique et à l'outre-mer, achevait d'exciter les imaginaires. Le SAC n'aurait-il pas été un service d'ordre barbouzard jouant les polices parallèles ?
    Sans négliger cette part de fantasme, et fort de sources inédites, François Audigier démêle le vrai du faux et inscrit l'histoire de l'organisation dans un temps plus long. Il en réaffirme la nature politique en montrant que les gros bras étaient aussi les petites mains d'un gaullisme manquant alors de militants et en soulignant les liens personnels forts du Président avec ces « Prétoriens » du régime. Plus largement, il explore les questions sensibles du lien aux forces de l'ordre officielles, de la pratique du renseignement politique et de l'infiltration des services de sécurité. Loin des clichés, l'ouvrage se penche enfin sur les membres du SAC, des grandes figures (Charles Pasqua, Pierre Debizet, Paul Comiti...) aux adhérents les plus modestes, ces Mamelouks du Général souvent plus sensibles à l'épopée du gaullisme qu'à son programme politique, ces militants bagarreurs qui, en marge du parti, constituaient un « corps franc » dévoué à de Gaulle.

  • Vingt-cinq ans les séparaient, et en vérité tout un monde. D'un côté Pompidou, l'apôtre de la France heureuse et du progrès tranquille, proche du terroir et des gens, de l'autre De Gaulle, distant et solitaire, épris de grandeur et d'histoire, plaçant toujours la France au-dessus des Français. Ce cliché ne suffit pas à expliquer pourquoi ces deux hommes, si différents, ont semblé tant s'apprécier, cheminant de conserve et partageant largement, dans l'exercice de leurs fonctions, une vision commune de la politique, de l'Etat et de la France, avant de connaître, pour finir, les effets d'un surprenant désamour soldé par mai 68, l'affaire Markovic et le référendum perdu d'avril 69. C'est le mystère de cette relation d'un quart de siècle qui est entièrement revisité ici. De son éclairage dépend peut-être la bonne compréhension de la crise démocratique que traverse notre pays. Car la vraie fracture est en fait post-pompidolienne. Ce sont les générations politiques qui ont suivi, notamment celles qui se réclamaient encore du gaullisme, qui ont fait dévier les institutions de leur ligne initiale, ont perdu les codes du régime et conduit notre démocratie dans la voie sans issue où elle semble désormais égarée.

    Une rencontre, une séduction réciproque, une confiance profonde puis, à l'épreuve du pouvoir qui révèle le fond des caractères, une rupture. Un épisode mal connu et déterminant de notre histoire contemporaine.

  • Le mémorial de Sainte-Hélène : le manuscrit retrouvé Nouv.

    Le conseiller d'État Emmanuel de Las Cases accompagna Napoléon dans son exil en 1815, mais dut le quitter seize mois plus tard. Ce n'est qu'en 1823 que parut son Mémorial fondé sur ses conversations avec l'Empereur, réelles ou supposées : il apparut vite que ce document était parfois trop beau pour être tout à fait vrai. Pour en juger, il aurait fallu disposer du manuscrit original, rédigé à Sainte-Hélène presque sous la dictée de Napoléon. Or les Anglais l'avaient confisqué en expulsant Las Cases. Les quatre historiens qui le publient l'ont retrouvé récemment à la British Library, où il sommeillait incognito depuis deux siècles. Cette aventure éditoriale apporte un éclairage précieux et souvent inattendu sur ce que Napoléon a vraiment dit, et que Las Cases a enrichi et enjolivé. Ainsi la voix de l'Empereur se fait plus proche et plus authentique.

    Ajouter au panier
    En stock
  • « Coureurs de bois, voyageurs, traiteurs, hommes du Nord, mangeurs de lard, hommes libres, chasseurs des montagnes »?: ces appellations pittoresques témoignent d'une Amérique oubliée, celle d'avant la conquête de l'Ouest. D'origine européenne, les hommes qu'on désignait ainsi sillonnaient le Nouveau Monde en quête de fourrures, séjournant et parfois hivernant parmi les Amérindiens ; ils formaient des sociabilités itinérantes et masculines, étroitement associées aux communautés autochtones. Restituer leurs circulations, c'est repenser la construction des sociétés coloniales dans leur rapport à l'espace, à l'ordre et à l'altérité, et mettre au jour des expériences singulières de la masculinité, comme d'une certaine forme de liberté. Le lecteur est ainsi convié au dévoilement d'une aventure interculturelle intense et méconnue, longue pourtant de deux siècles et qui s'est jouée sur tout un continent.

  • En 5 parties - « Les origines », « Le royaume de France », « La nation française », « À l'épreuve du XXe siècle » et « Vers la France de demain » - et en 100 cartes inédites et richement détaillées, des principaux sites préhistoriques à la carte de la pandémie du coronavirus, cet ouvrage novateur donne à voir une autre histoire de France, vivante, presque charnelle. 100 cartes pour 100 moments qui auront été pour notre pays, d'abord pendant sa construction, ensuite lors de son développement, des épisodes décisifs, des tournants, des points de bascule formant autant de repères sans lesquels le passé, avec ses continuités et ses ruptures, ne se comprend pas.
    La bataille d'Alésia, le partage de Verdun, la France des monastères et des cathédrales, le royaume de Saint Louis, les déchirures des guerres de Religion, la frontière fortifiée de Vauban, les Lumières, les guerres de Vendée, la France de Napoléon, la révolution de 1830, la construction du réseau ferré au XIXe siècle, l'école, l'urbanisation et les langues régionales en 1900, la Grande Guerre, ses victimes, le temps des colonies et de l'Algérie française, la décolonisation, les élections présidentielles de la Ve République, Mai 68, le réseau autoroutier, les étapes de la construction européenne, les bouleversements du modèle familial, les opérations militaires récentes ou encore la crise des Gilets jaunes : autant de sujets et autant de cartes, parmi beaucoup d'autres, que commente Jean Sévillia avec maestria et concision.
    Conjuguant plaisir de lecture et érudition, cette première Histoire de France inédite en 100 cartes permet surtout de comprendre l'évolution de notre pays, d'en appréhender les faiblesses et d'en apprécier les formidables richesses.

  • L'épopée napoléonienne ne s'est pas terminée à Paris avec l'abdication du 22 juin 1815. Dans un tout autre cadre, un rocher au milieu de l'Atlantique-Sud, et dans un registre intime, celui du confinement de quelques Français dans une demeure humide, elle s'est poursuivie pendant six années, dont Las Cases, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, n'a donné qu'un aperçu biaisé sur les premiers mois. Ce ne fut pas une extinction lente et passive. Jusqu'à sa mort le 5 mai 1821, Napoléon mena un combat rude et solitaire contre la fatalité. Jamais, placé dans des circonstances exceptionnelles, il ne renonça à l'espérance et à la gloire, qui l'avaient animé toute sa vie. En dépit de la paranoia de ses geôliers et des petitesses de son entourage, il ne renonça à rien, et suscita aussi des complicités inattendues, au point que sa captivité aurait pu tourner autrement. L'empereur n'aimait pas les histoires écrites d'avance. Sans doute est-ce pour cela aussi qu'il continue de fasciner.
    A partir de sources ignorées ou inédites, Pierre Branda traite des différents aspects matériels, politiques et moraux, de l'existence de l'illustre exilé et de ce qui s'y rattache. Tous les acteurs du drame, des compagnons les plus proches aux témoins les plus humbles, des gouvernants aux anonymes, prennent consistance et mouvement, à Sainte-Hélène mais aussi à Londres, à Paris, et partout où le sort de Napoléon obsède, inquiète ou apitoie. Toutes les situations, tous les incidents, sont passés au peigne fin et rendus à leur signification véritable. Il en ressort des éclairages insolites, des portraits toujours justes et parfois sévères, des remises en perspective et, au fil de jours parfois interminables, un récit saisissant, comme si le lecteur n'en connaissait pas la fin.

  • La première expédition organisée par les Chrétiens pour délivrer les lieux saints de l'occupation musulmane est l'un des épisodes les plus connu de l'histoire du XIe siècle. Pourtant, Peter Frankopan nous offre un panorama largement renouvelé des raisons qui y ont mené et du déroulement des opérations. En choisissant simplement de placer son enquête dans la capitale impériale, carrefour de l'Orient et de l'Occident : Constantiople.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Les Borgia

    Jean-Yves Boriaud

    Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée.
    D'origine catalane, ces « Borja » vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455 Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492 Alexandre VI, qui, s'il compromet sa fonction dans plusieurs scandales, donne à l'Église, par la force, un territoire comparable à ceux des États-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Église, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. À Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille.
    Sous la plume légère et savante de Jean-Yves Boriaud, la saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Église, entre pourpre et sang, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Loin des idées reçues, cet ouvrage sans équivalent raconte et explore « le siècle ouvrier ». Faisant la part belle aux témoignages, l'auteur trace les contours du quotidien ouvrier : travail, engagements, combats, mais aussi vie de famille, logements, loisirs. Il inscrit l'histoire de ces hommes et ces femmes dans un siècle scandé par les crises, du Front populaire à Mai 1968, en passant par les deux guerres mondiales et la crise des années 1930.
    Balayant bien des clichés - comme les liens indéfectibles entre partis de gauche et classe ouvrière - et investissant d'autres thèmes - les femmes, les immigrés, la « centralité » ouvrière -, cette synthèse novatrice nous livre les clés pour saisir la force et la complexité d'un monde qui incarne le XXe siècle français dans son aspiration à la solidarité comme dans sa récente déstabilisation.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Princesse allemande d'Anhalt-Zerbst, née à Stettin en 1729, la future Catherine II est envoyée en Russie à l'âge de 16 ans dans l'éventualité d'un mariage avec le grand-duc Pierre, fils de la tsarine en titre, Elisabeth, elle-même fille de Pierre le Grand. Elle sait séduire cette dernière, entre dans l'Eglise orthodoxe en troquant son prénom de Sophie pour celui de Catherine et finit par épouser Pierre en 1745. Celui-ci est peu populaire car, né en Allemagne, il a toujours rejeté la culture de son pays d'adoption. À l'inverse de son époux, Allemand d'inclination, Catherine parle parfaitement le russe et sait donner des gages à la haute aristocratie. Devenu tsar au décès d'Elisabeth en janvier 1762, Pierre III a tôt fait de comprendre que sa femme intrigue contre lui, laquelle le prend de vitesse et le fait déposer en juillet. Emprisonné, il mourra peu après dans des conditions mal élucidées, et on suspectera longtemps Catherine de l'avoir fait assassiner.
    De ce moment commence un règne de trente-quatre ans particulièrement brillant. D'une capacité de travail inépuisable, l'impératrice fait développer les voies fluviales et construire des canaux. Grâce à son époux morganatique, Grigori Potemkine, elle réussit à frayer un passage vers la mer Noire et ses Détroits, un rêve que chérissait déjà Pierre le Grand. Sous son long règne, le territoire de l'empire ne cesse de s'agrandir aux dépens de ses voisins, tandis que Catherine cherche à harmoniser l'administration selon des principes rationnels, puisés dans la philosophie occidentale, mais elle néglige les différences régionales, ethniques et religieuses. Elle développe le commerce avec l'étranger en multipliant les contrats économiques bilatéraux. Ses efforts pour créer une bourgeoisie urbaine se soldent par un échec et se révèlent profondément injustes envers les éternels laissés-pour-compte du régime : les serfs. S'en suivent d'incessantes révoltes paysannes, notamment celle de Pougatchev, et des insurrections des minorités sises en marge de l'empire. L'expansion vers le sud réussit grâce aux actions militaires ; les conquêtes, fixées par des traités, sont reconnues par la majorité des puissances occidentales. A l'ouest, les trois partages successifs de la Pologne profitent le mieux à la Russie. Au total - et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes -, l'impératrice, portée aux nues par Voltaire, Diderot ou Grimm, avec lesquelles elle était en relations épistolaires suivies, aura marché sur les brisées de Pierre le Grand en mettant au plus haut le régime autocratique, régime en principe honni par les représentants des Lumières. À sa mort en 1796, celle qui fut très tôt appelée Catherine la Grande laissait un empire puissant et opulent comme jamais, qu'aucun pays, tant en Europe qu'en Asie, ne pouvait ignorer. Non sans de profondes fragilités toutefois, lesquelles se révéleront tout au long du XIXe siècle. Jusqu'à l'épilogue de la révolution d'Octobre.

  • Cette enquête historique s'inscrit dans un débat de fond, souvent houleux, qui s'est développé en France au cours de la décennie écoulée : celui des racines et de l'identité françaises, un débat qui n'est pas achevé et semble dans une impasse aux yeux de l'auteur.
    Son ambition est de passer de la polémique à l'histoire, en abattant nombre d'idées reçues qui font obstacle à une compréhension claire et raisonnée du sujet. À partir de quand la France commence-t-elle d'être la France ? Quels sont les critères qui définissent le pays ? Le nom ? La langue ? Les paysages ? Les frontières ? Le patrimoine ? Les arts ? Les héros ? La mémoire ? Un récit national ?
    L'auteur, suivant les pistes gauloise, franque et d'autres, plus récentes, détricote l'ensemble des poncifs généralement admis et montre que la naissance du pays est continue. Une gestation et non une révélation permise par le retour à la longue durée, sans préjugés ; afin d'éclairer le présent à la lueur du passé, et non le déformer. Une synthèse pédagogique et historique qui faisait défaut.

empty