Zoe

  • Elle se passionne pour la conquête spatiale, prépare des gâteaux légendaires, tient le ménage. Poète, lui s'efforce d'inventorier le monde et ce qui va disparaître. Madeleine et Gustave ont toujours vécu sous le même toit. A les voir, on pense à deux chouettes endormies qui se shooteraient au thé. Ou à d'étranges adeptes d'une existence lente et régulière, passée dans une maison où il y a plus de tiroirs que de jours dans l'année.
    Grâce à une écriture contemporaine, attentive à la lumière et au presque rien, Bruno Pellegrino réussit à nous rapprocher de ses personnages au point de nous propulser dans leur monde : une véritable expérience sensorielle. Né en 1988, Bruno Pellegrino vit entre Lausanne et Berlin. Après un récit paru en 2015, Comme Atlas (Zoé Poche, 2018), Là-bas, août est un mois d'automne est son premier roman, récompensé par de nombreux prix littéraires.
    Avec Aude Seigne et Daniel Vuataz, il a cosigné la série littéraire Stand-by, aux éditions Zoé. "Il dit aussi qu'il ne fuit pas, qu'il explore. Que la poésie, c'est poser des questions au monde, et espérer une réponse - et, dans l'intervalle, attendre". Préface de Michel Audétat

  • Marie a épousé Jean il y a six ans. Patiente, docile, elle prend soin de lui comme si elle était sa mère, Jean lui parle comme à une enfant. Est-elle vraiment heureuse ? La réponse éclate sur une plage du Sud de la France, lorsqu'un tout jeune homme lui laisse son numéro de téléphone en lui demandant : « Vous aimez l'aventure ? » Voilà que Marie, cette eau qui dort, rêve de tempêtes, ouvre les yeux et se rend disponible au monde.
    Dans une langue épurée, légère et précise, Madeleine Bourdouxhe évoque le désir et l'émancipation d'une femme, prisonnière des conventions autant que d'ellemême.

  • Confidences

    Max Lobe

    De retour au pays, Max Lobe est parti dans la forêt bassa rencontrer la vieille Mâ Maliga pour qu'elle lui raconte ce qu'elle sait du mouvement de l'indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Confidences est le récit de cette femme volubile et espiègle, qui a vécu dans sa chair la résistance contre la puissance coloniale. En racontant, elle n'oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur.
    C'est donc avec un mélange de légère ivresse et de profonde gravité que le lecteur découvre l'histoire de l'indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée. Max Lobe est né à Douala, au Cameroun, et vit aujourd'hui en Suisse. Il est notamment l'auteur de 39 rue de Berne et de Loin de Douala. Pour Confidences, il a reçu le prix Ahmadou Kourouma en 2017. "Nous voulions notre liberté. On voulait que ces gens-là, que ces Blancs-là, que ces Poulassi-là s'en aillent et qu'ils nous laissent, nous, ici, en paix dans notre pays, dans nos forêts".

  • Coupe sombre

    Oscar Peer

    Un accident de chasse, le procès, la prison. De retour au village, Simon doit affronter les regards, il faut être "endurant comme un âne pour vivre avec eux". Alors Simon accepte une tâche qu'on ne souhaiterait même pas au diable : une coupe de bois dans l'endroit le plus reculé et hostile de la région. Combat de l'homme avec la nature, ce texte est une histoire de solitude et de fureur dans une langue âpre et brûlante.

  • Adam et Eve Nouv.

    Adam et Eve

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    Avec Adam et Ève (1932), Ramuz donne corps à un projet qui l'a occupé pendant plusieurs années, et qui n'est rien moins qu'une réécriture des premiers chapitres de la Genèse. Destiné à « illustrer un vieux mythe d'Occident », le roman démontre la fatalité de la Chute. En peignant la désillusion de Louis Bolomey, Ramuz brosse une vision de la condition de l'homme sur terre qu'il assimile à un long désenchantement.

  • Gus quitte l'enfance un été de canicule. A l'instar du paysage qui se craquèle et de la nature agonisante, la famille du garçon part en poussière : le père, force de la nature, refuse peu à peu ses responsabilités et se renferme sur lui-même, tandis que la mère, présence rassurante et complice, s'éloigne doucement, jusqu'à partir avec une autre femme. Livré à lui-même, Gus doit prendre les rennes de la ferme et assumer toutes les responsabilités : mener les militaires et leur camion citerne aux champs assoiffés, traire les vaches trop pleines d'avoir été oubliées ou prendre en charge Rudy l'aide fermier légèrement débile. Il abandonnera finalement les derniers restes de l'enfance entre les bras de Mado, avant que la nature ne retrouve la vie sous une pluie bienfaisante.

  • Seeland

    Robert Walser

    Après un début de carrière fulgurant dans les avant-gardes berlinoises, Robert Walser revient s'installer en 1913 à Bienne, dans sa région natale du Seeland. Il y passera sept ans de dénuement, arpentant en promeneur infatigable ce pays de lacs, montagnes et forêts, y puisant la matière de l'écriture : Seeland, le dernier recueil de cette période, rassemble six nouvelles - au centre desquelles "La Promenade" - interrogeant la condition de l'artiste et sublimant la marche comme une manière d'être au monde et aux mots.
    Maître des petites proses et poète du quotidien, paradoxal dans son destin comme dans ses textes, Robert Walser (1878-1956) est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Son oeuvre littéraire, célébrée par Franz Kafka, Elfriede Jelinek ou W. G. Sebald, ne cesse de fasciner et de gagner de nouveaux lecteurs. Traduit et préfacé par Marion Graf "Un Paul Klee de la prose, un Beckett plein de bonne humeur et de douceur...
    Walser, quel écrivain merveilleux et déchirant". Susan Sontag

  • Sans alcool

    Alice Rivaz

    Dans une langue sobre et sans emphase, ces histoires de couples, d'hommes et de femmes déploient la fresque des relations humaines, régies par les inégalités : que ce soit dans les rapports de genre ou de classe, les mots ici sont puissants, capables de faire naître l'espoir comme de le briser.

  • Bourlingueuse du XXIe siècle, Aude Seigne écrit avec acuité et souplesse. Ses chroniques sautent allègrement d'un continent à l'autre, mettent en correspondance des pays et des bouts de souvenirs, des images, des gens, comme autant d'éclats de cet « état nomade » cher à Nicolas Bouvier.

  • Resté inédit du vivant de Ramuz, Posés les uns à côtés des autres (1943) est son roman le plus personnel. Situant l'action du récit à Pully - jamais nommée - où il s'est installé en 1930, l'écrivain met en scène ses voisins et son village. Leurs vies s'entrecroisent sans qu'ils ne sachent ni se comprendre ni se parler. Constituée de chapitres juxtaposés, euxmêmes divisés en séquences, la narration reflète cette séparation des êtres entre eux. Une séparation que rien ne peut combler, sinon la création artistique : « Les hommes sont posés les uns à côté des autres : le poète voudrait faire que les hommes ne soient plus posés les uns à côté des autres et pour cela il sculpte, il peint, ou il écrit ».

  • Ce recueil, qui fait place aussi bien à l'essai qu'à la poésie, met face à face vingt et un textes et les images qui leur correspondent. Des pages d'époques, de longueur et de genres différents, qui déploient toute la gamme d'un styliste virtuose : poèmes, proses, caprices, petite scène dramatique, critique d'art, compte-rendu d'exposition... avec pour dénominateur commun, la peinture. Walser y exprime toute la saveur des peintures galantes de Fragonard, fait bruisser de vie les images d'un album d'Anker ; converse avec l'Olympia de Manet, révèle des détails inattendus de La Vénus du Titien, rehausse le mordant des miniatures de Daumier... Voici un itinéraire dans la galerie intérieure de Robert Walser, à la découverte d'une sensibilité perçante, chaloupée et délicieusement espiègle.

  • Estive

    Blaise Hofmann

    Blaise Hofmann s'est fait berger le temps d'un été. Son troupeau, mille brebis comme « mille machines à vie » imprévisibles, il doit l'apprivoiser, tout comme le climat, la solitude et la nature. Ses habits mouillés puent, il mange toujours la même chose, il fait froid, ou chaud, il marche des kilomètres dans la montagne, Astérix et Obélix sont sur les verres à vin qui sentent encore la moutarde. Il est maladroit, il s'énerve, il faut apprendre à être calme, patient, mais aussi alerte, ça vient. « Ça veut venir », le rassure lapidaire Robert qui lui apprend. La lente osmose avec le troupeau finit par arriver. Récit de voyage sédentaire, reportage dans les Alpes et quête identitaire, Estive est aussi devenu un succès de librairie.

  • A Berne, du début des années 1920 jusqu'en 1933, Robert Walser mène une double vie littéraire : il publie proses et poèmes dans les principaux journaux et revues de tout l'espace germanophone ; mais au revers de cette vie publique, à l'insu de tous, il élabore ses textes en toute liberté dans son territoire secret, d'une écriture microscopique, au crayon. Dos d'enveloppes, marges de documents officiels, les supports les plus hétéroclites lui offrent un espace de créativité débridée que la sélection de proses présentée ici invite à découvrir, comme un continent textuel insoupçonné.
    Maître des petites proses et poète du quotidien, paradoxal dans son destin comme dans ses textes, Robert Walser (1878-1956) est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Son oeuvre, célébrée par Franz Kafka, S. Sontag ou W. G. Sebald, ne cesse de fasciner et de gagner de nouveaux lecteurs. Traduit de l'allemand par Marion Graf. Choix de textes et postface de Peter Utz "L'optimisme est une chose magnifique, voilà la réflexion que m'a inspirée une voix retentissante qui sortait de la bouche d'un promeneur".

  • Vimbai est la meilleure coiffeuse du Zimbabwe. Fille-mère au caractère bien trempé, c'est la reine du salon de Mme Khumala. Mais le vent tourne le jour où le jeune Dumi arrive. Surdoué de la coiffure, beau, généreux, attentionné, il détrône vite la star, qui enrage de plus belle lorsqu'elle décide de louer une chambre chez elle et qu'il se propose comme colocataire. Bientôt, la jalousie se mue en amour et Vimbai s'adoucit, est introduite auprès de la riche et adorable famille de Dumi, se prend à rêver mariage...
    Mais Dumi cache un secret bien gardé, dont Vimbai la première sera dupe.
    Sur un ton enlevé et joyeux, Le Meilleur Coiffeur de Harare est tout à la fois une comédie de classe forte et légère, et un portrait magistral du Zimbabwe, en faillite et corrompu, mais plein de dynamisme.

  • La Correspondance des routes croisées, l'ensemble des lettres que Nicolas Bouvier et Thierry Vernet se sont écrites dès le lycée à Genève jusqu'à la parution de L'Usage du monde en 1964 à Paris, a rencontré un vif succès. Afin d'en rendre l'accès plus large encore à ceux qui découvrent Nicolas Bouvier et ne souhaitent pas se lancer dans un volume complet de correspondance, nous publions en Poche les lettres que s'écrivent les deux amis dès que leurs routes se séparent, à Kaboul, jusqu'au moment où ils se retrouvent à Ceylan. La descente de l'Inde par Nicolas Bouvier, la découverte de Colombo et Galle par Thierry Vernet sont racontés dans le cadre de leur forte amitié et de leur stimulation mutuelle pour l'écriture du côté de Nicolas et l'image de celui de Thierry Vernet.

  • Château d'eau

    Bernard COMMENT

    Altermondialistes embourgeoisés, fonctionnaires-fourmis, voisins persécuteurs et clochards philosophes se croisent dans ces cinq nouvelles aussi clairvoyantes que subversives. Et si la Suisse, petite île protégée où on est toujours l'étranger de quelqu'un, était le miroir grossissant de nos aliénations contemporaines ? Préface de Hans-Ulrich Jost

  • Hangars

    José-Flore Tappy

    Dans ce texte lumineux sur le de ? sir et la peur d'aimer, sur le trouble et l'exploration de territoires obscurs, la pudeur le dispute a` la puissance d'e ? vocation. Jose ? -Flore Tappy donne matie`re a` l'inte ? riorite ? . Elle trouve le mot incisif pour dire la subtilite ? des e ? motions, la violence des sentiments. Pluto^t que de re ? duire la complexite ? des choses, elle l'e ? claire. Jose ? -Flore Tappy vit a` Lausanne ou` elle est ne ? e.
    Elle a publie ? plusieurs recueils poe ? tiques dont Terre battue (Empreintes, 1995), Lunaires (La Dogana, 2001) et Tra ? s-os-Montes (La Dogana, 2018), ainsi que des traductions de poètes latino-ame ? ricains. "Le poids n'est pas dans le fer ou le plomb il est dans la fume ? e qui m'arrache a` ta vue"

  • Juliette, 19 ans, débarque de Cuba au printemps dans une communauté vigneronne petite et étriquée, prise entre lac et vignes ; et la quittera secrètement en août pour une destination inconnue. Elle a beau être la nièce du cafetier Milliquet, Juliette restera une étrangère, foncièrement différente des villageois, principalement par sa beauté mystérieuse. Sa présence éphémère au sein des habitants va modifier fortement leur quotidien. Car elle possède une sorte de don, de pouvoir magnétique d'attraction.
    Mais Juliette, en toute innocence, va diviser le groupe jusqu'au drame. Ce texte lie les thèmes de la beauté, de la solitude et du désir sexuel pour dire l'imperfection du monde.

  • L'amour du monde

    Ramuz C-F.

    Une ville de quatre ou cinq mille habitants, un petit monde où les gens se contentent d'un beau soleil et d'une belle eau, parmi les vignes. Mais lorsque Louis Noël, grand voyageur, se met à raconter la vie sous d'autres cieux ; qu'un illuminé se prenant pour le Christ se promène sur la plage ; qu'un cinéma s'installe et fait office d'usine à rêves, l'imaginaire fait irruption dans le quotidien réglé, «une fenêtre a été ouverte sur le monde ».

  • Aline

    Ramuz C-F.

    « Elle était maigre et un peu pâle, étant à l'âge de dix-sept ans, où les belles couleurs passent, et elle avait des taches de rousseur sur le nez » : voici Aline, l'héroïne éponyme du premier roman de Ramuz. Tombée amoureuse de Julien Damon, fils de paysans riches, elle vit une véritable idylle, tandis que lui ne cherche qu'à apaiser sa faim. L'histoire débouche sur une fin tragique lorsqu'Aline, enceinte, apprend les fiançailles de Julien.
    Tournant le dos aussi bien au récit psychologique qu'aux modèles naturalistes, Ramuz décrit avec subtilité la passion et le revirement des coeurs. En écrivain débutant, il pose dans cette épure célèbre les jalons d'une forme de roman poétique, à laquelle il aspirera tout au long de sa carrière.

  • Au fil de deux nouvelles courtes mais d'une densité incroyable, Cendrars raconte l'horreur de la Première Guerre mondiale. J'ai tué, c'est l'arrivée massive des soldats au Front, insouciants et inconscients de la boucherie imminente. Porté par cette masse humaine, l'auteur décrit le sentiment d'impunité qui l'anime lorsqu' il assassine au couteau un soldat allemand sur le champ de bataille.
    Dans J'ai saigné, l'auteur vient de perdre son bras, emporté par une rafale de mitrailleuse. Il est arraché au Front dans une fuite sordide, sous les bombes, et amené à un hôpital de campagne où il passe une longue convalescence, entouré de blessés de guerre qui s'avèrent finalement bien moins chanceux que lui.

  • Avec Taille de l'homme, Ramuz examine différentes formes d'organisations sociales pour souligner le caractère universel de la condition humaine, rendu plus évident à ses yeux par la mondialisation. Christianisme, bourgeoisie, communisme, matérialisme, autant de concepts que Ramuz déconstruit pour renouer, dans un mouvement néorousseauiste, avec une pensée proche de la nature, à taille humaine.
    « Qui sommes-nous encore dans notre taille, nous autres hommes ? Quelle est encore notre mesure, alors que l'univers est chaque jour et en tout sens plus minutieusement mesure´ ? »

  • Bouvier, chercheur d'images et mémorialiste du cosmos, a collaboré dans les années 1990 à une revue où il tenait une rubrique intitulée Histoire de. Vingt-cinq textes sur image racontent des histoires qui ressemblent à celles de l'enfance, enchantent, instruisent, aiguisent le regard et fi xent notre mémoire.

  • Construction de la maison nous convie auprès d'une famille de propriétaires terriens vivant au rythme des saisons de la vigne, le temps du chantier de leur nouvelle demeure. A travers les événements que traversent la famille, Ramuz illustre les tensions entre le désir de transmission des hommes et le cycle implacable de la nature.
    Dans ce roman inédit, Ramuz met en place les prémisses qui lui assureront, dès 1924 et sous l'égide des éditions Grasset, la reconnaissance. On voit tout dans cette histoire, la première scène sur le lac, la mise en place du chantier, les filles qui se penchent dans les vignes, mais moins que s'il n'y avait pas de pente et la nature dans la lumière avec ses formes géométriques, qui devient une véritable oeuvre architecturale.

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