Margarita del Mazo

  • Avoir un ours, c'est bien, mais en avoir deux, c'est mieux ! Notre jeune héroïne le sait bien, deux points de vue valent mieux qu'un.

    Si son petit ours est un doudou capable de lui désigner les perce-neiges et les flocons, qui peut bien être ce grand ours qui lui montre l'horizon ?

  • Charlie, qui est très petit, n'a d'yeux que pour Inès.
    Mais la grande et jolie Inès, qui attire tous les regards, ne voit jamais Charlie. Il a beau faire tout ce qu'il peut pour être remarqué, rien n'y fait : pour Inès, c'est comme s'il n'existait pas.
    L'espoir renait le jour où Inès annonce qu'elle va porter des « lunettes pour mieux voir » : pour sûr, elle le verra enfin !
    Elle était simplement myope !
    Malheureusement, les lunettes ne changent rien à la situation. Par contre, elles deviennent le grand sujet dont tout le monde parle. Charlie se dit que s'il porte lui aussi des lunettes, il sera au centre de toutes les attentions. Pourtant, il découvre tout autre chose : maintenant qu'il y voit plus clair, il aperçoit la meilleure amie d'Inès, si jolie mais si petite qu'il ne l'avait pas aperçue...

  • Compter les moutons aide à s'endormir... mais quand l'un d'entre eux se met en grève, c'est tout le troupeau qui panique !

    Être un mouton c'est très facile. Il suffit de suivre les indications du manuel des moutons : marcher, manger, dormir, et... tous les soirs, sauter la haie pour aider Sasha à s'endormir. Pas besoin de penser, juste faire ce que fait le reste du troupeau. Mais que se passe-t-il lorsqu'un jour, mouton numéro 4 en l'occurrence, décide de ne plus suivre le manuel ? Le troupeau ne veut pas d'un vilain mouton noir ou d'une brebis galeuse ! Comment convaincre Numéro 4 de sauter pour que Sasha réussisse enfin à s'endormir ? Un récit doux et truculent pour aider les enfants à s'endormir... avec le sourire.

  • C'était une nuit sans lune.
    L'horloge sonna UNE HEURE DU MATIN. DONG !
    Soudain, Mathéo se réveilla effrayé.
    Il avait entendu un bruit derrière la porte, là où les manteaux étaient suspendus.
    Il regarda dans cette direction, mais il ne vit qu'une ombre.
    Il ouvrit grand les yeux, sans ciller, et l'ombre se transforma en un. MONSTRE !

    Inspiré de la propre expérience de l'auteur, cet album aide les enfants peureux à constater qu'ils ne sont pas seuls à voir des ombres se transformer en monstres affamés.

    Les peurs de l'enfance font partie de l'évolution et disparaissent au fur et à mesure que les enfants grandissent. Les contes de personnages terrifiants leur permettent de vaincre ces peurs.

    En tout cas, dans cette victoire, les parents jouent toujours un rôle essentiel. Mathéo n'explique qu'à sa mère, de crainte d'être ridiculisé, ce qui lui arrive, car jusqu'à présent, il avait usé de subterfuges pour convaincre son chien, son petit frère et sa tante de dormir avec lui.

    Protéger excessivement les enfants ou les faire se sentir couards sont des attitudes qui peuvent enkyster le problème et accentuer la peur. Sans se moquer de lui, la mère de Mathéo est confiante et compréhensive.Mathéo avait réussi à se libérer du monstre en offrant tous ses compagnons pour éviter d'être mangé. Finalement il sera capable de l'affronter.L'auteur crée un personnage astucieux qui suscite la sympathie du lecteur, sympathie qui finalement se transformera en admiration face à la démonstration de courage.

    Pour façonner l'angoisse du héros, l'illustrateur tient compte de trois prémisses : maintenir le rythme de la narration, respecter l'abstraction du texte par rapport à l'espace pour ne pas limiter l'imagination du lecteur et créer un album qui fait peur.Les illustrations ont été réalisées avec du graphite et des crayons de couleurs claires (blanc, ivoire, crème) sur du papier rouge. Une technique traditionnelle utilisée par Durero et Da Vinci qui constitue un dessin spontané et immédiat, selon l'auteur.

    Après plusieurs essais, l'illustrateur a décidé d'utiliser la couleur du monstre comme fond pour tout le livre. Avec ce choix, il opte pour un album qui fait peur, le rouge est associé au péril, mais il est aussi le symbole de la passion, de l'énergie et de la force. Et Mathéo n'en manque pas pour vaincre le monstre !

  • Moustique

    ,

    • Oqo
    • 24 Juin 2010

    Un moustique aide un vieil homme à découvrir quelle est la chair la plus savoureuse sur terre pour le débarrasser d'un terrible serpent qui veut le manger.
    En contrepartie, le vieux le dote d'une dentition de fer pour que nulle victime ne lui résiste, mais l'insecte mordant se laissera entraîner par sa voracité...

    Sur un ton humoristique, ce conte traditionnel chinois, de caractère étiologique, révèle pourquoi le moustique, au lieu de parler, émet des bourdonnements comme cri de guerre. Le lecteur peut suivre les péripéties des personnages qui montrent comment la justice et la solidarité triomphent sur la taille et la force, dans une histoire qui nous rapproche de la culture traditionnelle d'un peuple qui, pendant des siècles, eut comme moyen d'expression cette voix qui maintenant prolonge sa vie dans l'écriture.
    Le texte simple et très amusant s'ajuste parfaitement à l'humour qui imprègne toujours les illustrations de Roger Olmos . Dans ce travail d'Olmos apparaissent les déformations volumétriques qui lui sont si personnelles et caractéristiques. Elles proportionnent une perspective curieuse des personnages, qui rappelle le peintre Botero, probablement sans le vouloir. Les personnages humains sont masculins (le vieil homme, le forgeron, les enfants...), les personnages fantastiques sont des animaux (serpent, moustique, oiseau, hirondelle, rat...) ; une opposition efficace pour expliquer en images une histoire qui semble une leçon anthropologique qui, en paraphrasant Kipling, pourrait avoir comme titre Pourquoi le serpent mange des souris . La proposition plastique que Roger Olmos dans Moustique réunit les caractéristiques auxquelles il nous a habituées dans ses précédents albums illustrés et qui pourraient constituer sa carte de visite pour ce genre de travaux: huiles fortes en prédominance absolue sur un texte qu'il respecte de forme scrupuleuse dans le discours plastique-littéraire de la double page.

  • Une nuit Papa Lion visita le pic et lui commanda un masque léger comme une plume, froid comme la haine et rouge comme la colère.
    Le passage à l'âge adulte de celui qui sera le Roi de la savane devient chez l'auteur une plaidoirie contre les clichés, les conventions et les stéréotypes. Ainsi, cet album critique les vies gouvernées par ce que les autres attendent de nous et nous met en garde contre les problèmes provoqués par la difficulté d'être soi-même : quelque chose de paradoxalement si simple et si compliqué à la fois.
    L'organisation chromatique des couleurs (rouges, jaunes, bleus) des illustrations de Paloma Valdivia illustre l'emplacement géographique de l'histoire et renforce sa charge dramatique. Elle accentue aussi le caractère positif et joyeux des protagonistes, pour transformer les images en un complément efficace de la charge narrative du texte.
    L'illustratrice chilienne met en relief le haut degré d'iconicité des personnages, tant les secondaires comme ceux qui occupent les premiers plans. Une figuration très personnelle et une schématisation reconnaissable font que nous prenons un vif plaisir à les regarder.

  • Zongle

    ,

    • Oqo
    • 1 Septembre 2014

    - Dis donc, le sorcier Grimacier !
    - Je ne suis pas Grimacier. Je suis Zongle, celui qui ne coupe jamais ses ongles! répondit le sorcier, indigné.
    - Ne te paye pas ma tête. Tu es Grimacier !
    - Non. Je suis Zongle !
    Voici le début surprenant d'une grande amitié entre Zongle, un sorcier qui chasse des enfants pour son garde-manger et Blanche, une petite fille qui devait être sa prochaine victime, mais qui grâce à son intelligence, évitera d'être avalée par le sorcier. La vie de Zongle changera radicalement.
    Le sorcier, un peu nigaud, est une proie facile pour le jeu de confusion entamé par Blanche, une nuit où Zongle entre dans sa chambre pour l'avaler.
    En ridiculisant certaines caractéristiques physiques, que Zongle n'avait jamais remarqué auparavant, Blanche lui fait douter de son identité et même du fait qu'il puisse la manger.
    Troublé, il s'enfuit.
    Une histoire drôle, aux dialogues ingénieux et aux images fraîches qui tourne autour de l'astuce, qualité qui, d'après l'auteur, transforme le plus faible en plus fort. Elle souligne aussi l'importance de se regarder dans une glace pour s'assurer de qui nous sommes vraiment.
    L'illustratrice joue un rôle important pour le façonnage de Zongle qui devait faire un peu peur, mais aussi transmettre de la tendresse, quelqu'un de « moyen » du point de vue physique et intellectuel. Par contre, donner vie à la petite Blanche a été une tâche facile. L'artiste qui a l'habitude de s'inspirer des personnes qui l'entourent, a pris comme modèle sa nièce une petite fille intelligente et drôle, parfaite pour se moquer de Zongle.
    Par ailleurs, pour rassurer Blanche, elle imagina une chambre pleine de doudous aux yeux ouverts et attentifs pour qu'elle ne soit pas seule avec Zongle. Les doudous transmettent un état d'âme en accord avec la situation.
    Ainsi, Charlotte Pardi a utilisé une ressource très habituelle chez les petits : exprimer les sentiments (peurs, insécurité, phobies) à travers les doudous. Un rôle que jouent aussi les contes comme celui-ci.

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