• Le 17 juin 1965, trois ans après l'Indépendance de l'Algérie, Pelé et la mythique Seleçào débarquent à Oran pour disputer un match amical contre l'équipe nationale, en présence du président Ahmed Ben Bella. C'est une ville encore traumatisée par les années de guerre et les exactions de l'OAS, mais ivre de toute sa nouvelle liberté, que nous découvrons à travers les yeux du jeune Noureddine. Le temps d'un match, l'adolescent va passer par tout le spectre des émotions. Jusqu'au dénouement final qui ne voit pas seulement la victoire des Brésiliens, mais le coup d'État du colonel Boumediène. En l'espace de trois jours, Noureddine aura grandi et perdu un peu de son innocence.

  • Le nez sur la vitre

    Abdelkader Djemaï

    Un émigré algérien de 58 ans, quitte Avignon, où il vit, pour retrouver à Nancy son fils de 25 ans.
    C'est durant le trajet en car que se déroule le roman. Aux choses vues par le vieil homme - ses
    compagnons de voyage, une station service, un accident de la circulation - se mêlent le souvenir
    d'un voyage en autocar qu'il a fait, enfant, avec son propre père, en Algérie et l'évocation de ce
    que fut sa vie (cueilleur d'alfa sur les hauts-plateaux, mort de son père, installation avec sa mère
    en ville, la misère et la guerre, son émigration vers la France, les petits boulots, puis son
    engagement comme ouvrier dans une papeterie, son mariage avec sa cousine, la naissance de ses
    enfants qui ont tous réussis, sauf ce fils avec lequel il n'a jamais communiqué) et se mêle aussi
    l'histoire de ce garçon difficile.
    A l'arrivée à Nancy on apprend que le jeune homme était incarcéré pour conduite en état d'ivresse
    et homicide involontaire et qu'il s'est suicidé.
    Avec la simplicité des grands, Djemaï donne une nouvelle dimension au thème qui lui tient à coeur
    et que, livre après livre, il explore : les émigrés algériens en France. Il ne « sociologise » pas, il ne
    politise pas, il ne polémique pas. A travers l'histoire banale de personnages ordinaires, il donne à
    voir et à sentir et nous touche au coeur. Il y a dans ce nouveau roman une âpreté plus forte que
    dans les précédents. Certes, il ne s'appesantit pas sur la tragédie de ce vieil homme courageux et
    digne qui n'a rien compris à l'éloignement de son fils, immigré de la deuxième génération. Mais la
    réserve avec laquelle il la traite, la rend encore plus poignante. Ce livre court, à la fois doux et
    abrupt, laisse un souvenir prégnant.

  • Comment, en toute discrétion, séduire la belle et insaisissable épouse d'un grand notable de la ville ? en devenant le nègre de son mari, pardi ! dans l'espoir de chavirer le coeur de nadia, le narrateur transformera la vie du vieux golo en une vaste épopée, pleine de conquêtes et d'exploits mirifiques, lui offrant ainsi un avant-goût de l'éternité.

  • Gare du nord

    Abdelkader Djemaï

    Arrivés en France dans les années 1950, Bonbon, Bartolo et Zalamite, trois vieux amis, n'ont pas eu la vie facile. Déracinement, choc des cultures, nostalgie et solitude sont heureusement adoucis par la découverte éblouie de la barbe à papa, des bals populaires et des combats de catch. Ils déambulent dans Paris, les yeux grands ouverts sur un monde inconnu et truculent : le nôtre.

  • Camping

    Abdelkader Djemaï

    Le camping zéro étoile de Salamane en Algérie ressemble à un timbre poste où s'agglutinent mille personnes, sans compter les resquilleurs et les pistonnés. Mais à onze ans, il s'en moque : la mer, la télé, le riz aux patates et la belle Yasmina enchantent ses premières vacances. C'était en juillet, un peu avant que la tension ne monte comme le lait sur le feu et que les islamistes n'enflamment le pays...

  • Lambert est un abbé défroqué. Il se fait connaître comme sourcier. Il publie même un livre sur le sujet chez Gallimard. On le fait venir à Oran pour trouver de l'eau douce. Il n'en trouve pas mais, malin, grande gueule, armé de tous les culots, il réussit à se faire élire maire. Portrait d'un personnage haut en couleur, le roman est aussi un tableau très vivant d'Oran, entre les deux guerres, une sorte de Clochemerle colonial dont la population européenne est majoritairement espagnole et où les Algériens ne jouent aucun rôle.

  • De jean paulhan avec ses fleurs de tarbes au turbulent jules laforgue et ses complaintes, en passant par l'impératrice eugénie et la reine yvette horner, qui firent beaucoup pour les trains, le thermalisme et l'accordéon, la bigorre est assurément une terre attachante.
    Elle est connue aussi pour son rugby et ses cols mythiques qui musclent les mollets et la réputation des coureurs du tour de france. au pays des grottes, du tourmalet, du pic du midi, de la balaguère, ce vent qui "mange la neige", et du porc noir qui ne mange pas n'importe quoi, la garbure et le madiran ont également de beaux jours devant eux. fraîches et colorées, ces chroniques - qui se souviennent à la fois de gino bartali, de jack palance, des harlem globe trotters, de l'ange blanc, de francis blanche et d'abdelkader zaaf - "carburent" aux coups de coeur pour une région ouverte aux rumeurs du monde et aux images de l'enfance.
    Celles d'un écrivain né à oran, au bord de la méditerranée, et, à l'origine, nourri des lectures de zembla, de tartine mariole et de blek le roc.

  • Le 24 décembre 1847, l'émir Abd el-Kader (1808-1883) attend, dans le froid et la pluie, d'embarquer sur Le Solon qui a mouillé dans le petit port de Djemâa-Ghazaouët proche de la frontière marocaine. La veille, après une résistance de quinze années contre le corps expéditionnaire français, il avait signé sa reddition sous la promesse d'être conduit, avec quatre vingt seize de ses proches et compagnons, à Alexandrie ou à Saint-Jean-d'Acre.À travers la vie de l'émir, chef de guerre mais aussi chef d'état, poète, maître soufi et grand voyageur, Abdelkader Djemaï fait revivre une des épopées les plus marquantes du XIXe siècle.Les paysages d'Algérie qui ont vu naître et combattre l'émir, Tagdempt la capitale qu'il bâtît entre le Tell et le Sahara, l'impressionnante Smala, ville itinérante de vingt mille habitants, puis l'exil en France, en Turquie et en Syrie servent de toile de fond au destin d'un personnage exceptionnel, homme de progrès, de dialogue et de tolérance.

  • Janvier 1912, sous une pluie diluvienne, Matisse arrive avec Amélie, son épouse, à Tanger.

    Au cours des deux séjours qu'il y effectuera, il découvre peu à peu cette ville bâtie entre l'Atlantique et la Méditerranée et d'où il repartira avec une vingtaine de toiles, de dessins et une soixantaine de carnets et d'études.

    Il y fera la connaissance de la lumière douce, des couleurs vives, de paysages luxuriants et de ses habitants, en majorité des Marocains, des Espagnols et des juifs. Mais s'il y trouve du plaisir à créer, il sera notamment confronté à l'absence de modèles féminins nécessaires à son travail.

    Sous forme d'une longue lettre, ce récit, qui se déroule à la veille de la Grande Guerre, s'attache, à partir de faits réels et de la correspondance du peintre, à retracer, entre autres, ses rapports avec Zorah, la jeune prostituée qui finira par poser pour lui.

    Outre le portrait d'une époque et d'une ville singulière, Abdelkader Djemaï, mêlant la fiction et le quotidien, évoque aussi, dans ce livre qui porte le titre d'un tableau de Matisse, la figure de son grand-père paternel et Oran, sa ville natale.

  • Un moment d'oubli

    Abdelkader Djemaï

    • Seuil
    • 5 Février 2009

    "personne ne sait ton nom ni d'oú tu viens.
    Tu n'as même pas un sobriquet, méchant ou sympathique. ni de chien ou de chat pour te tenir compagnie. tu n'es qu'un fantôme, une silhouette morte, une ombre creuse qui se traîne sur les trottoirs de s. " un homme, la cinquantaine cassée, arrive, un soir de pluie, dans une ville qu'il ne connaît pas. sac au dos et jambes usées, jean-jacques serrano va errer dans ses rues, ses avenues. il n'a plus de papiers, de montre, de but, sinon celui de se fuir et de se séparer de tout.
    De tout, sauf de son chagrin.

  • " je continue de fouiller, de dénuder, de creuser plus loin, toujours plus loin, plus profond, jusqu'à l'os.
    La patience est une vertu, un moyen de faire ployer le temps, d'en faire un allié, une arme décisive. une façon aussi de ménager son souffle, d'aiguiser la lame, le jugement, la sentence. tout peut servir : l'émotion, la nostalgie, les rancoeurs, la haine, la culpabilité, la fatigue de soi et le dégoût des autres. sans oublier les histoires de fesses, la délation, le ressentiment et la peur. surtout la peur qui grignote, qui dévore, qui liquéfie.
    En somme, je m'intéresse à tout ce qui fait la matière, la trame, la fibre, les faiblesses, les failles des individus. " ainsi commence le rapport cynique et froid d'un enquêteur anonyme, membre d'une étrange police, qui officie dans une villa discrète et isolée, au 31, rue de l'aigle.

  • Histoires de cochons

    Abdelkader Djemaï

    • Michalon
    • 5 Février 2015

    Tout est bon. pour parler du cochon ! Animal détesté ou respecté, il n'en reste pas moins que l'on connaît mal son histoire. Abdelkader Djemaï nous propose avec gourmandise un voyage dans le temps pour mieux apprécier cet animal qui n'a pas le mauvais caractère qu'on lui prête.
    Distillant son récit de souvenirs personnels, d'anecdotes savoureuses récoltées au gré de ses pérégrinations, Abdelkader Djemaï nous invite à reconsidérer ce mammifère trop souvent méprisé ou décrié à travers l'histoire du Noir de Bigorre, du Corse, du Pie Noir du Pays basque ou encore du Large White, race la plus répandue.
    Quotidien en plein air, élevage intensif, concours du cri du cochon, insultes comme « gros porc » ou « boudin », relation complexe au religieux. Le cochon n'aura plus de secret pour nous. En chipolata lors des barbecues estivaux ou à la carte des grands restaurants gastronomiques, le cochon n'a pas fini de nous ravir les papilles. pour notre plus grand plaisir.

  • Djemaï était un adolescent lorsque la fin de la guerre d'Algérie a mis sa ville à feu et à sang : attentats sanglants de l'OAS, départ en panique des Pieds-Noirs, armée française aux prises avec les nouveaux maîtres du FLN et les desperados de l'OAS. C'est la vision d'un enfant confronté à ces déchaînements de violence que donne Djemaï avec sa pudeur et sa tendresse habituelles.

  • Dans ces quinze nouvelles où une guêpe hargneuse provoque un assassinat et des prunes suaves la mort d'un tueur, tout est possible - surtout le pire.
    Un jeune a décidé, pour rencontrer enfin dieu, de couper le monde comme un citron. un autre tentera de franchir clandestinement la montagne d'un pays opulent pour vivre au paradis. un chauffeur de taxi va, lui, rencontrer un drôle de passager alors qu'un pacifique transporteur de pastèques aura le malheur de renverser un politicien de haut vol.
    Ces récits, qui font aussi la part belle au rêve, à travers l'histoire dune actrice de cinéma, d'un figuier maternel ou d'un nourrisson " vieux " de cinq heures, mettent en scène des personnages confrontés à des situations insolites et parfois cruelles où la fantaisie côtoie l'inattendu.

  • Dans les rues d'une ville algérienne brûlée par l'été, un fonctionnaire à la direction générale des statistiques - tombé en disgrâce - assiste dans l'angoisse et l'impuissance à la montée d'une atmosphère de défiance, de suspicion et de terreur.
    Une population apeurée, marquée par les fusillades, les agressions, les meurtres et la répression survit dans des conditions difficiles. le narrateur vit cet été pourri dans le sentiment d'une irréalité douloureuse et atone. les événements les plus atroces ne suscitent plus en lui qu'une fausse indifférence. son passé resurgit parfois : la vie d'avant avec ses odeurs et ses couleurs vives, le corps de sa femme morte.

  • Une petite ville d'Algérie est dévastée par un violent tremblement de terre.
    Juste avant le désastre, Sandjas souhaite déclarer son amour à Assia, la jeune femme de ses rêves. Le contexte social complique néanmoins sa tâche, l'obligeant à poursuivre celle-ci, qui sans cesse se dérobe. Occasion pour Abdelkader Djemaï de décrire, de manière presque palpable, le pays de son enfance : sons, couleurs, parfums épousent un monde minéral, tandis que fourmillent les anecdotes pleines d'humour.
    Mais la terre tremble, charrie tout sur son passage. Enseveli sous les décombres Sandjas étouffe, impuissant, sans que l'on sache si sa quête amoureuse fut réelle, ou seulement fantasmée.

  • Le portrait tendre, émouvant, drôle de la septuagénaire Madame Michel qui pour ne pas se laisser manger par la vieillesse goûte des plaisirs simples, comme bichonner son jardin, collectionner les poupées de Provence et regarder les feuilletons d'amour qui commencent vers neuf heures du matin ou après le déjeuner, et surtout gâter son chat. Justement, un mercredi qu'elle n'oubliera pas de sitôt, trois pompiers viennent porter secours à son chat coincé dans un arbre. Une invitation à déjeuner pour un dimanche de juillet qui s'annonce tranquille et plaisant, tout incline à l'échange, à la confidence, aux anecdotes amusantes, aux histoires vécues par chaque convive et par la propriétaire des lieux...

  • Un parcours, une topographie, une rencontre, celle de l'écrivain avec une ville, Oran, qui présente " le dos à la mer ".
    Des relations parfois heurtées, marquées par l'écriture allégorique de la Peste ou l'image minérale et rugueuse du Minotaure sécrétant l'ennui. Oran, où il achèvera d'écrire le Mythe de Sisyphe, c'est aussi la fuite à bicyclette vers les plages du littoral qui séduisent cet incurable Méditerranéen. Ce sont également les lieux, les boulevards, les places, le port, la gare, les cafés, et l'atmosphère d'une ville et d'une époque décrits dans ses récits et ses Carnets.

  • «Née en Algérie en l949, le grand Sud (alors inaccessible à cause de la guerre), a nourri mon imaginaire. C'est pourquoi lorsqu'une association Franco-Algérienne, m'offrit la possibilité de vivre avec des femmes dans les villages du Gourara, j'acceptai tout de suite. J'ai pu faire des photos en con?ance, dans l'intimité, grâce aux liens qui se tissent. L'accord est tacite, muet, dans la lenteur du temps qui s'égrène. Nos repères temporels disparaissent. Il faut être présent, disponible, mais on ne peut rien bousculer. Il faut que l'offrande vienne de ces femmes rencontrées, et le percevoir à d'in?mes signes. De 1999 à 2001 j'ai pris le parti de ne vivre qu'avec les femmes alors qu'en tant qu'étrangère j'avais accès aux 2 mondes.
    Ce thème dont il existe très peu d'images, est abordé d'une manière à la fois poétique et documentaire : accompagné d'un texte de l'écrivain Abdelkader Djemaï, il est préfacé par le sociologue Rachid Bellil.» Françoise Saur

  • Impressions d'Algérie est le fruit de deux regards proches, parfois complémentaires, toujours sensibles à la réalité et à l'histoire d'un pays qui les rassemble ici à travers l'écriture et l'image. Choisies par Abdelkader Djemaï, les cent vingt photos de Philippe Lafond qui construisent et rythment ce voyage à l'intérieur de l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui nous donnent à voir et à lire des visages, des cités anciennes, de vieux villages, des chemins de montagne, des paysages immuables et des écrivains. Dessinant, à leur façon, le portrait d'une terre et de ses habitants, elles nous racontent, à travers des régions comme l'Oranie, la Kabylie, le Constantinois ou des villes comme Alger et Tlemcen, les périodes historiques, les arts, les traditions, les cafés, les mariages, la rue et la vie quotidienne dans ses différentes expressions.

  • une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain.
    il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer.

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