• De la curiosité

    Alberto Manguel

    Dans son livre le plus personnel, Alberto Manguel raconte comment il a assouvi sa propre curiosité par le commerce incessant qu'il a entretenu sa vie durant avec les livres grâce auxquels il s'est frayé un chemin dans l'énigme et la complexité du monde. Et réaffirme les vertus du pacte que curiosité et lecture ne cessent de reconduire au bénéfice des plus féconds accomplissements que nous réserve notre imaginaire.

  • Une invitation aussi magistrale que délectable à retrouver les plus légendaires personnages de la littérature mondiale : du Petit Chaperon rouge à Dracula en passant par Alice au pays des merveilles, Faust, la Belle au bois dormant, Don Juan, Robinson Crusoé, Superman, Quasimodo, Sindbad-le-marin, Frankenstein et le capitaine Nemo. Ou comment ces personnages inoubliables débordent de leurs livres pour nous guider sur le chemin de la vie, par l'un des plus éminents bibliophiles au monde. Une préface tout en intimité et 40 illustrations de la main de l'auteur viennent compléter ce livre-talisman.

  • Célébration heureuse de la plus civilisée des passions humaines, cette histoire écrite du côté du plaisir et de la gourmandise est un livre savant qui se lit comme un roman d'aventures.
    Parti à la recherche des raisons qui ont fait aimer le livre, alberto manguel propose un étonnant récit de voyage à travers le temps et l'espace, dont chaque étape lui est occasion de détours, de visites, de réflexions profondes et d'anecdotes réjouissantes.
    Passionnante, jubilatoire, cette histoire de la lecture, traduite en plus de vingt-cinq langues, a reçu en france le prix médicis essai 1998.

  • La cité des mots

    Alberto Manguel

    Face à la question de la montée de l'intolérance dans nos sociétés, Alberto Manguel, dressant de fascinants parallèles entre les réalités individuelles et politiques du monde contemporain et celles que prennent en charge le mythe, la légende et le récit, propose de prêter attention à ce qu'ont à nous dire les visionnaires - poètes, romanciers, essayistes ou cinéastes -, forts du commerce de longue date qu'ils entretiennent avec l'énigme du coeur humain.

  • Dans le dessein de dépasser, pour cicatriser une très profonde blessure, la douloureuse expérience qui fut la sienne lorsqu'il lui fallut, en 2016, pour d'absurdes raisons administratives, quitter la France, où il vivait depuis quinze ans, et remballer sa bibliothèque constituée des 35 000 volumes qui furent les compagnons de son existence et qu'il s'était, toute sa vie, employé à amasser patiemment, ardemment  et amoureusement, Alberto Manguel propose ici un  voyage émotionnel où il re-parcourt son histoire personnelle, revisite les pays où il a résidé, et évoque ses nombreux déménagements, lesquels furent toujours liés à la recherche d'un endroit où enfin héberger ses livres, sans lesquels il lui est impossible de travailler... et sans doute même de vivre.

  • Qu'elle soit constituée de quelques livres ou de volumes par milliers, qu'elle obéisse à une classifi cation rigoureuse ou aléatoire, que les livres qui la composent soient alignés sur des étagères ou rangés dans des cartons, qu'est-ce qu'une bibliothèque, sinon l'éternelle compagne de tout lecteur - son rêve le plus cher ?
    Après Une histoire de la lecture, Alberto Manguel offre un essai au propos formidablement complémentaire, d'où il ressort que construire une bibliothèque, privée ou publique, n'est rien de moins qu'une mise à l'épreuve d'ordre philosophique dont l'avènement annoncé de la bibliothèque électronique ne saurait réduire la portée.
    Voyage au coeur de nos livres et histoire de leurs demeures, La Bibliothèque, la nuit nous rappelle à quel point les livres, réinventant sans fi n la «bibliothèque» qui les accueille, sont seuls maîtres de la lumière dans laquelle ils nous apparaissent - ces livres qui en savent décidément sur nous bien davantage que nous sur eux.

  • Chez borges

    Alberto Manguel

    Est-il meilleur moyen de rencontrer un auteur, parmi les plus fameux et les plus fascinants du xxe siècle, qu'en lui faisant la lecture ? Durant les dernières .années de la vie de J. L Borges, Alberto Manguel, alors étudiant à Buenos Aires, fut chargé par l'écrivain argentin de lire les pages auxquelles ce dernier, atteint de cécité progressive, n'avait plus accès par lui-même. Au fil de souvenirs, dont on sent l'importance qu'ils ont eue sur l'écriture et la réflexion de Manguel, se dessine un récit empreint de retenue et d'affection qui évoque les affinités littéraires en même temps que le simple quotidien d'un génie ordinaire.

  • Parce que la lecture est peut-être avant tout une "conversation", tout lecteur éprouve le besoin de "répondre" aux textes qui l'interpellent et confèrent à sa propre vie un surcroît d'existence.
    Ayant décidé de relire, une année durant, ses livres de prédilection tels qu'ils lui semblaient susceptibles de refléter le chaos contemporain ou d'enrichir et d'éclairer son rapport personnel au monde, Alberto Manguel offre ici, entre carnet intime et recueil de citations, ce journal dont l'érudition à la fois sensible et subversive rend compte à merveille de l'infini du "dialogue" entre toute oeuvre et son lecteur.

  • Fixées sur une toile ou sculptées dans la pierre, photographiées et désormais scannées, numérisées , jamais les images n'ont, depuis les origines, failli à leur vocation de transformer l'instant en éternité. Mais l'histoire qu'elles recèlent demeure souvent cryptée et comme illisible. A l'instar du baiser du prince réveillant quelque Belle au bois dormant, seul un regard peut alors réanimer ce qui a été ainsi endormi.
    Redonner vie au monde des images, tisser des liens entre oeuvres prestigieuses et réalisations d'artistes moins connus, révéler, ce faisant, l'itinéraire de certaines traditions iconographiques, solliciter autrement le regard, apprendre à lire ce que l'on voit autant de pistes ouvertes par cet ouvrage ambitieux. Exemplaire, généreuse, éminemment féconde, l'approche d'Alberto Manguel, sous le double signe du savoir et du plaisir, invite tout lecteur-spectateur à reprendre possession de l'univers même de la représentation, et peut-être à composer, à son tour, son propre livre d'images

  • L'écrivain Alberto Manguel montre dans ce recueil de récits de voyages la part essentielle que l'imagination a toujours occupée dans la découverte du monde. Depuis l'origine, les hommes ont éprouvé le besoin de s'inventer des royaumes et des terres lointaines qui n'existent pas encore dans la réalité. L'Iliade et l'Odyssée, avant Robinson Crusoe, en sont de merveilleux exemples. « Beaucoup des premiers voyages sont des quêtes de l'impossible », souligne-t-il. Tout périple est une quête à la fois magique et spirituelle. Dans sa préface, Manguel restitue au voyage sa dimension d'utopie en évoquant Thomas More et en citant Stevenson : « Mieux vaut voyager avec espoir qu'arriver à destination. » Contrairement à la géographie des encyclopédies et des atlas, la géographie imaginaire n'a pas de frontières. Ses lieux existent dans un espace illimité et occupent un paysage dont l'abondance est infinie - les rives d'Utopies, le pays des Merveilles, l'Eldorado, le pays d'Oz, l'île de Peter Pan, les enfers et le paradis de Dante, l'Odyssée d'Ulysse, les voyages de Gulliver, l'île de Robinson, le château de Kafka...
    Alberto Manguel a choisi parmi d'innombrables textes six oeuvres originales et méconnues, dont celles d'auteurs canadien, américain et hongrois. L'une d'elle, Herland de Charlotte Perkins Gilman, est ici traduit pour la première fois en français.

    Ce volume contient :
    Denis Vairasse, Histoire des Sévarambes - 1675-1679.
    Abbé Pierre François Guyot Desfontaines, Le Nouveau Gulliver - 1730.
    Étienne Cabet, Voyage en Icarie : roman philosophique et social - 1839.
    James De Mille, L'Étrange Manuscrit trouvé dans un cylindre de cuivre - 1888 (traduit de l'anglais par Lauric Guillaud).
    Charlotte Perkins Gilman, Herland - 1915 (traduit de l'américain par Bernard Hoepffner).
    Fryges Karinthy, Capillaria - 1921 (traduit du hongrois par Judith et Pierre Karinthy).

  • A la croisée de 3 courants - policier, métalittéraire et historique -, ce roman célèbre les zones d'ombres où se joue la vérité de toute histoire puisque "Tous les hommes sont menteurs", de l'auteur au lecteur.

  • En première lecture, ce livre est un essai sur le film de james whale (1935), ses origines (le célèbre roman de mary shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc.
    Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. c'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. a sa première apparition, le visage du monstre est présenté par manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de greta garbo.
    Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus oú nous entraînent l'intelligence et la culture de manguel. la comparaison, du point de vue de la création pure, entre la fiancée créée par frankenstein et la mariée mise à nu par ses célibataires créée par duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation ! enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là oú on le penserait.
    Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes " normaux " lui refuse. l'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite.


  • mais de rudyard kipling, que savons-nous ? l'homme qui a inventé ces histoires a vécu une vie longue et difficile, en dépit du fait qu'il fut très tôt dans sa carrière salué comme l'un des plus grands écrivains du monde.
    c'était un homme très discret qui détestait les questions des journalistes et des critiques et qui refusa toujours les distinctions honorifiques car il souhaitait n'être connu qu'en tant qu'écrivain.

  • Si ce livre permet au lecteur de renouer avec l'érudition jubilatoire si caractéristique de l'auteur d'Une histoire de la lecture, il lui donne également l'occasion de rencontrer un homme engagé dans l'histoire de son temps, rebelle à toutes les censures, esprit libre et pourfendeur averti des préjugés, humaniste habité par le souci constant de placer la création au centre géométrique de l'univers social, culturel, politique.
    Avec l'Alice de Lewis Carroll pour guide, Alberto Manguel explore la nature du lien qui s'établit entre le monde et les mots que nous choisissons pour le nommer.

  • Né "animal-lecteur" avide de découvrir un récit en toute chose (paysages, cieux, visages, images ou mots), l'homme, confronté au monde changeant et inintelligible qu'habite son espèce, ne cesse de chercher à lui conférer une impossible cohérence. Mais, de même qu'"on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve", l'expérience de l'authentique lecture est toujours celle d'une folle métamorphose : celle d'un moi qui mute sous l'effet d'un texte qui n'est qu'apparemment "fixé" sur une page. Accepter de courir le risque de se perdre à ce jeu reste pourtant le meilleur moyen de devenir plus sage.

  • L'histoire commence comme une des histoires que tu nous racontes, tusitala.
    Elle commence par l'arrivée d'un homme sur une île. l'homme apporte beaucoup de choses de chez lui - son lit, sa table, ses livres, sa femme - et il commence à se construire une maison. mais les choses qu'il a apportées de chez lui ne sont pas bonnes pour l'île, ou peut-être que l'île n'aime pas ces choses. a. m.

  • La vie paraît paisible sur la côte québécoise où est installée la famille Berence. Mais les pleurs de Rebecca, la bonne argentine, le silence de la mère, qui vit en recluse, les interrogations précoces de la petite Ana révèlent des failles.
    C'est finalement le récit de la mère qui va dévoiler l'indicible. Elle raconte sa rencontre dans l'Algérie des années cinquante avec le capitaine Berence, un homme sensible et posé. La douleur des parents déracinés et l'exil en France. Paris. Sa vie d'épouse de militaire absent. Puis le départ pour l'Argentine, où le monde s'effondre : elle y découvre, par hasard, que l'homme qu'elle aime n'est pas étranger aux disparitions non élucidées qui touchent la population...
    Dans ce roman d'une poignante efficacité, Alberto Manguel montre, à travers une famille presque ordinaire, comment la violence d'Etat peut trouver un relais dans l'esprit d'un individu attachant et de haute conscience intellectuelle.

  • Ah, la beauté parfaite de cette forme arrondie ! Etait-ce un coude ? Etait-ce un svelte genou ? Etait-ce un élément de cette anatomie secrète que je n'aurais pu nommer ? Peu m'importait.
    [. ] Cette petite parcelle de femme scintillait et frémissait sous l'effet de la main, et elle me semblait si parfaite, si immaculée dans son existence distincte que j'eusse souhaité connaître un sortilège qui l'eût placée en ma possession, afin de la garder comme un oiseau dans une cage ou un diamant dans un écrin.


  • a rome, néstor fabris reçoit une invitation qui vient perturber sa paisible existence d'antiquaire.
    taraudé par les démons du passé, il embarque en direction de buenos aires pour une brève visite sur les terres de sa jeunesse. l'enée argentin parcourt, sitôt arrivé, le chemin périlleux qui conduit dans le royaume d'outre-tombe. tout dans la ville lui est hostile. ses lieux de prédilection s'évanouissent quand le sort s'obstine à le faire revenir sur ses pas; ses anciens amis, rencontrés au hasard de ses pérégrinations, semblent des spectres prompts à lui rappeler que, lors d'une terrible journée de manifestations sévèrement réprimées par les forces de l'ordre, lui aussi a disparu, mais pas, comme eux, dans les geôles de la police.
    a bord d'un autobus fantomatique, il gagne alors un terrifiant luna park qui retient pour toujours les innocents et les coupables d'un jugement qui n'a jamais été prononcé. si, pour le protagoniste, le retour vers rome n'est à présent plus possible, il l'est, en revanche, pour alberto manguel, qui revient à la langue de son adolescence pour explorer dans ce roman résolument fantastique les années sombres de l'histoire argentine.


  • Enracinés dans leur histoire, les personnages de fiction ne se contentent pas cependant des limites que leur impose la couverture d'un livre. Hamlet naît déjà jeune homme derrière les remparts d'Elsinore et succombe au milieu d'un tas de cadavres dans une salle lugubre du château, mais des générations de lecteurs ont hérité des événements de son enfance freudienne et de leurs successives et inédites transformations politiques. Le Petit Poucet a grandi, Hélène a vieilli, Rastignac travaille au Crédit Agricole, Artemio Cruz a sévi dans d'autres pays d'Amérique latine, Kim a été recruté par le ministère britannique des Relations Extérieures et la princesse de Clèves a été obligée de faire la queue à pôle emploi. Mais à la différence de leurs lecteurs qui vieillissent et ne redeviennent jamais jeunes, les personnages imaginaires sont en même temps ce qu'ils étaient quand nous les avons découverts et ce qu'ils sont devenus sous l'effet de nouvelles lectures. Tout personnage se reconnaît dans Protée, ce dieu de la mer à qui Poséidon a accordé le pouvoir de se transformer en n'importe quelle forme de l'univers.

  • Qui ne reconnaîtra sa propre enfance, ses propres jouets, dans cet incroyable inventaire de souvenirs ? Dans une chambre qui se transforme comme par magie au fil du temps, les plus beaux jouets du monde se succèdent et prennent vie.
    Animés par la main d'un enfant universel qui aurait traversé le siècle en s'amusant, ils deviennent les personnages de saynètes angéliques et cocasses, cruelles et poétiques... L'écrivain Alberto Manguel nous accompagne tout au long de cette épopée. A travers son imaginaire et ses souvenirs d'enfant, il nous révèle à quel point le jouet nous permet d'appréhender le monde.

  • Si ce livre placé sous le signe de lewis carroll permettra au lecteur de renouer avec l'érudition jubilatoire si caractéristique de l'auteur d'une histoire de la lecture, il lui donnera également l'occasion de rencontrer un homme engagé dans l'histoire de son temps, rebelle à toutes les censures, esprit libre et pourfendeur averti des préjugés - toutes choses qui en ont fait le passionné de lecture que l'on sait.
    S'attachant une fois encore à célébrer la fiction, seule entreprise capable selon lui de donner au monde une cohérence à laquelle d'aucuns censeurs, de siècle en siècle, cherchent à substituer un chaos propice au maintien des esprits en esclavage, alberto manguel évoque aussi son parcours d'homme, d'écrivain et de citoyen. c'est ainsi qu'on découvrira dans cet ouvrage aux allures, parfois, d'autoportrait les territoires singuliers où s'enracine un humanisme subversif, habité par le souci constant de placer la création - dans tous ses états et sous toutes ses formes - au centre géométrique de l'univers social, culturel, politique.
    Enfin, et comme chaque fois que l'on chemine en compagnie des écrits d'alberto manguel, dans la forêt du miroir représente pour le lecteur une chance renouvelée de retrouver ses enfances, sous la conduite, ici, de l'alice de lewis carroll, reine des traversées et inégalable complice de ce nouveau "voyage" proposé à notre désir.

  • Pinocchio & robinson

    Alberto Manguel

    Pinocchio & Robinson réunit trois textes : Comment Pinocchio apprit à lire dénonce l'expérience superficielle de la lecture lorsque les livres ne servent qu'à apprendre et non pas à explorer. La Bibliothèque de Robinson dénonce l'utilisation du livre comme instrument de pouvoir et de prestige. Entre la passivité et l'autorité se meut le lecteur idéal, dans le labyrinthe sans fin des bibliothèques. Le livre se termine par une tentative de définition du lecteur idéal (texte déjà paru en 2003 sous le titre Vers une définition du lecteur idéal dans la Revue de la Maison des Écrivains étrangers et des Traducteurs à Saint-Nazaire).
    Ludique, réjouissant, un rien provocateur, ce petit livre est une prise de position politique face à l'uniformisation de l'insignifiance.

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