De L'onde

  • Cet essai n'est pas un ouvrage universitaire, un travail de spécialiste, mais celui d'un lecteur attentif désireux de faire pénétrer dans l'oeuvre de Mac Orlan ceux qui ne la connaissent que superficiellement, mais qu'elle intrigue. On peut, pour cela, choisir un seul thème (« La Ville dans les récits, les souvenirs, et les chansons de Mac Orlan », par exemple) et l'approfondir... En ce qui me concerne, j'ai préféré jeter des « coups d'oeil » sur les romans les plus importants de cet auteur pour essayer de voyager dans ce monde imaginaire de la façon la plus agréable possible sans tenter d'épuiser la question. J'ai donc traité du « fantastique social » chez Mac Orlan ; traité aussi de ses portraits des filles d'amour et d'un quartier réservé, de sa conception de l'aventure comparée à celle de Malraux et de ses propos sur la chanson et sur la guerre. Par ailleurs, j'ai ajouté à cette plaquette un entretien avec la chanteuse Monique Morelli qui fut l'interprète de Mac Orlan et de Carco, entre autres.

  • Ces cinq « histoires cruelles » mettent en scène - à la façon de certaines émissions télévisées - deux rescapés de la collaboration, aidés au départ de leur carrière, tout à fait ignoble, par Bibi Ricord dont on a dit qu'il avait emporté en Amérique du Sud une partie du trésor de la « Carlingue », une jeune femme prise au piège, par amour, d'une horde de brigands sanguinaires surnommés les « chauffeurs d'Orgères » parce qu'ils « riffaudaient les paturons » des fermiers de la Beauce afin de s'emparer de leurs magots, une femme et un homme qui cherchent la paix de la chair et sont victimes de leur sexualité despotique, ainsi qu'un fou criminel puni par une femme et trois hommes du milieu. Avec, en appendice, un tableau détaillé de la vie de l'empereur du crime, Lucky Luciano, le plus puissant des fondateurs de « Cosa Nostra », la branche américaine de la Mafia :
    Modèle en Occident pour le crime organisé, un cancer social qui prolifère.
    En somme, des récits brûlants dont les braises ne s'éteignent pas une fois le livre refermé.
    Ils ont pour décor l'immense et épaisse forêt de Montargis à la fin de l'Ancien Régime et pendant le Directoire, le Paris et le Vichy de l'Occupation, les bas-fonds de Clermont-Ferrand entre 1945 et 1970, et le quartier fièvreux de la célèbre rue Saint-Denis et de ses affluents au début des années 1980. Des décors reconstitués avec minutie car, pour l'auteur sensible aux images, aux couleurs et aux sons, si le décor et le cadre temporel sont convaincants, les personnages vivent.
    « À mes yeux, dit André Nolat, certains de ses personnages sont des monstres, d'autres des jouets du destin et des circonstances. Cependant, il me semble préférable de laisser au lecteur le soin de porter un jugement plus objectif et de faire, ici, la part de la vérité et de la fiction. »

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