• « Les enfants ne savent pas se venger de l'injure que le monde leur fait. » Est-ce en racontant leur histoire que la narratrice de ce livre saura leur faire justice ? Cette femme de cinquante ans s'est occupée d'Alias, le fils de ses voisins et amis, depuis toujours. Le couple s'est rapidement séparé et, quand l'enfant a eu dix ans, il a révélé les sévices physiques et psychologiques que sa mère lui faisait subir. S'ensuivent des plaintes, une enquête et un dossier qui atterrit à la Protection de l'enfance, une institution qui va, au mépris de ce que l'enfant a enduré, rendre sa vie plus cauchemardesque encore. Alias est le récit de cette témoin d'un naufrage, qui croise les expériences d'autres parents et enfants meurtris à jamais. Un livre puissant qui nous montre que « l'amour, comme les nuages, peut prendre des formes inimaginables ».

  • Jusqu'à ses six ans, Claire n'a jamais vu sa mère. Elle a été confiée dès sa naissance à une nourrice, Emilia dite « Yaya ». Ensemble, elles ont vécu heureuses dans un hameau de la Creuse. Un jour de juillet de 1943, sa mère biologique débarque en voiture, et en moins de dix minutes, arrache l'enfant à Yaya pour la ramener à Paris. Brusquement enlevée à l'extrême simplicité de leur tendresse et de leur solitude, la petite fille est transplantée dans l'immense appartement d'un univers familial bourgeois dont elle ignorait tout. Désorientée et muette de stupeur, elle découvre un père affectueux mais très absent, qui appartient au cabinet de Laval. Elle est confrontée à une mère sourde et lointaine, mondaine et uniquement préoccupée de son petit dernier ; à deux soeurs aînées dédaigneuses, à un jeune frère gâté et odieux, à deux grands-mères étonnantes et à trois domestiques. Face à ce tourbillon, l'enfant se tait, observe et se rebelle. Elle n'aura de cesse de s'échapper

  • Vivre libre

    Claire Gallois

    En retraçant l'histoire de Mohamed Bouazizi qui, à force de brimades et d'humiliations, s'est immolé le 17 décembre 2010, Claire Gallois nous apporte un éclairage sur les événements qui ont conduit le peuple tunisien à se soulever contre une didacture impitoyable et à balayer le système de népotisme et de corruption institué par Ben Ali.

  • Cinquante ans est un âge très dangereux - et pas pour les raisons qu'on raconte. C'est l'ultime chance de comprendre quelque chose à sa vie. Pour une femme, cet âge est encore plus grave que pour un homme. La société actuelle l'exécute sans bruit si elle ne demeure pas désirable. Trop vieille pour être jeune, trop jeune pour être vieille, il lui faut d'urgence dresser un bilan de ce qui l'a construite jusque-là, et d'abord ses amours : les hommes, les enfants, les parents. "Dis-moi qui tu as aimé, je te dirai qui tu es". Après, seulement, elle pourra affronter l'exil où va la reléguer la fin du désir des hommes. Après, seulement, elle pourra se tenir debout, droite, seule face à sa liberté.

  • Romancière et essayiste, Claire Gallois publie depuis quelques mois, sur le site du Point, des chroniques impertinentes et éclairantes sur l'actualité.
    " Jeux vidéo : permis de tuer " a déclenché un déferlement de violence et d'indignation, et provoqué un raz-de-marée de 150 000 visiteurs.
    Telles sont les règles du jeu d'Internet, ce nouveau roi du Monde, où l'on sent la société entière palpiter : chaque mot reçoit une sanction immédiate, les réactions sont crues, vraies, et engagent un dialogue passionné, presque un combat.
    Commencées fin 2012, ces chroniques sont placées sous une nouvelle ère politique, celle du " Moi Président ", selon la fameuse anaphore de François Hollande prononcée lors du débat présidentiel. Celle-ci a pu laisser croire que changer de chef d'État ferait changer de destin, malheureusement l'espoir a vite été déçu. Il a suffi de découvrir le portrait officiel du Président de la République, Play-Mobil oublié sur la pelouse du Palais, pour mesurer le début d'une ère " moyenne ".
    Au fil de ses chroniques où projets, idées, émotions scandent le tempo de l'actualité, Claire Gallois évoque des gens qui ne sont preneurs ni de la droite ni de la gauche. Ils se lèvent, ils se battent, que ce soit pour l'incroyable avancée du mariage pour tous, la tragédie de Florange, les mensonges courageux de Cahuzac à seule fin d'épargner d'autres menteurs, le surprenant retournement de l'Église catholique qui, avec son nouveau Pape, symbolise l'ouverture de cette religion à tous les pays...
    Le dialogue incessant se nourrit des nombreux commentaires. Il démontre la stupéfiante démocratie du web.

  • Ce roman est un discours de réception à l'académie française, mais un discours d'un genre bien particulier. insolent. brusque. emouvant. féroce. au dénouement inattendu. la narratrice, reçue sous la coupole en sa qualité d'écrivain de sexe féminin, en profite pour passer en revue les épisodes d'une vie. c'est l'heure du bilan, celui de régler les comptes, celui des révisions déchirantes, le moment où l'on se fiche de l'impudeur. claire gallois ne rate pas ses cibles. les hommes ? « plus on avance en âge et plus le lit devient un endroit très dangereux...j'ai toujours apprécié de dormir seule et ces temps-ci, je suis comblée. » sa place légitime dans le monde ? « depuis que dans un passé qui remonte à l'enfance, ma mère m'a demandé : « pourquoi n'es-tu pas morte à la place de ta soeur ? », j'ai toujours eu un doute. » l'institution ? « les femmes que vous consentez à accueillir sous la coupole sont choisies à une première condition : à savoir ne pas afficher leur sexe davantage que les anges. » s'il y a de l'autobiographique ici, la mort d'une soeur à dix-huit ans dans la chaleur d'un jour d'été, un grand-père rescapé de la première guerre, un voyage d'initiation en europe de l'est, un amant erratique et bohème, tout le talent de claire gallois tient à la liberté cinglante avec laquelle elle assemble le réel et l'imaginaire, le grave et le frivole ; le discours devient une méditation sur le temps et la vanité, qui commence comme une blague et s'achève la larme à l'oeil.

  • Christine n'aurait jamais dû rencontrer victor ni s'attacher à lui. d'amitié ? d'amour ? ces nuances-là ont-elles encore un sens quand deux êtres sont englués dans la malédiction de s'aimer à contre-temps, à contre-nature ?... dix ans durant, victor a ri aux histoires que lui contait christine. mais ils se sont aussi heurtés à cette absurdité : pourquoi le coeur et la tête aiment-ils celui ou celle que le corps devrait leur interdire ? sur les subtiles, mystérieuses et déchirantes relations entre un homosexuel et une femme, voici un récit audacieux et tendre. rieuse, agressive, émue, jouant au passage avec quelques comparses - le plus savoureux étant achille largo, le pétaradant homme à femmes dont christine a fait son amant sérieux -, claire gallois compose un audacieux chant d'amour. celui qu'on ose chantonner pour soi seul, à mi-voix, lèvres closes, quand on roule sous la neige dans une silencieuse voiture grise à l'arrière de laquelle est allongé, dans son cercueil, celui qui désormais ne se dérobera plus.

  • "Une épouse et mère se suspend-elle dans le vide, la tête en bas, pour voler à la rencontre d'un partenaire qu'elle connaît à peine ?" Au cours d'un voyage à Stockholm, Alice fait la connaissance d'un Anglais, Benjamin Usher, qui se trouve être cette année-là - elle le découvrira le lendemain - le prix Nobel de physique... Brève et fulgurante rencontre, suivie de quelques retrouvailles violentes, charnelles, cette aventure avec un personnage d'exception, qui a "la santé d'un arbre", suffit à remettre en cause l'équilibre d'un couple. Jusque-là bien au calme entre Christian, son mari, professeur d'histoire médiévale à Paris IV, et le petit Thomas dont les six ans pèsent leur poids de joies et de merveilles dans le ménage, Alice menait une vie sans histoire. Une vie quiète qui lui semble terne, soudain, banale, bornée. Comment résister à l'envie d'ouvrir enfin les fenêtres sur des horizons neufs ? Mais alors qu'elle semble tentée un instant de planter là époux et fils pour aller rejoindre Benjamin Usher, un quatrième homme se rappelle brutalement à son souvenir, tel le Commandeur, et tout bascule à nouveau, rendant au réel sa force, à la mort sa raison, à l'amour sa vraie place et à l'enfant son royaume. D'un sujet très contemporain, où chacun de nous peut entendre l'écho de ce qu'il a vécu, de ce qu'il vivra un jour ou l'autre, Claire Gallois tire le plus juste, le plus aigu de ses livres.

  • Quand elle y réfléchit, son existence n'a rien d'extraordinaire : odile est une bourgeoise d'un modèle courant. petite provinciale longtemps solitaire, elle a fini par épouser un médecin qui aurait pu être son père. il avait déjà deux fillettes, une jolie demeure de campagne assez délabrée, un bel appartement... l'avenir est tout tracé. qu'elle ait rencontré le fascinant vieux monsieur au fin fond des indes, quand elle y était infirmière, n'est pas si banal, mais ensuite le rôle d'odile ressemble à celui de beaucoup d'autres : les enfants à élever, puis à caser, plus ou moins bien, les amis à recevoir, la faisanderie ruineuse qu'il faut entretenir comme on peut, et maintenant ce vieillard à soigner, que la mort guette.
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    Du fond de son lit, il n'a sans doute pas tort de répéter en bougonnant que " la vie n'est pas un roman ". mais celle d'odile est pourtant singulière par sa plénitude ordonnée, ce courage à poursuivre la tâche, à lutter vaille que vaille contre les rides, le poids, le temps.

    La puissance, la vérité du personnage imaginé par claire gallois tient à la densité d'un roman nourri d'expérience, d'observations, de détails saisis sur le vif. toute femme s'y reconnaît un peu, surprise en ses secrets, tandis que l'humour acide, le ton parfois gavroche de l'auteur - c'est sa façon d'être pudique - colorent de désinvolture sa vision très originale des êtres, des enfants, de l'amour. claire gallois trouve ici la plénitude d'un talent qui ne doit rien à personne. son style est une voix. sa voix. nette, mais qui garde toujours un souvenir de tendresse derrière le sourire des dents serrées.

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