• Après « Et dans les arbres passe le vent » et « Ce sont là parfois d'étranges lunes », retrouvez les vagabondages et la plume légère et vivante de Danielle Giroud. D'un coup d'ailes vous irez de New York à Saint-Pétersbourg, de la Baltique à Gibraltar ; la magie de trois mots et vous serez sur la montagne Blanche, dans les steppes arides, en plein Bronx... souvent l'Histoire en toile de fond.
    Des thèmes graves ou futiles, des émotions, de la fantaisie. On y rencontre des randonneurs adolescents, une classe cartophile, des amoureux du cheval ou du vélo, une corrida, les résonances d'un divorce, une drôle de fugue, un fabuleux destin de chat et un mort qui continue de vivre...
    /> D'autres arts s'invitent : quelques peintres, la musique, des chansons... Il peut arriver que certains personnages des précédents livres s'y retrouvent pour des ressemblances passagères. Mais partout, c'est la perception miroitante des êtres selon le voisinage, toutes les ombres qui se profilent, la lumière quand même, le réel et l'imaginaire liés ; c'est une quête de reconnaissance d'identité.

  • Ils sont fuyants, pluriels, chimères, évanescents, jamais tout à fait transparents. Ils - et elles -, ce sont ces êtres que tentent de circonscrire les nouvelles de D. Giroud. Ils s'appellent ainsi Hélène et Gino, Augustin et Anne, JFN ou Jessica. Des êtres qu'effleure une écriture qui se prête au jeu du mystère, qui évolue et danse autour d'eux, mais en se démultipliant, en empruntant les voies de la variation et de la rêverie, du pastiche ou de la mise en abyme. Fait de déviations et de bifurcations, parcouru de touches quasi impressionnistes et d'étranges miroitements, "Et dans les arbres passe le vent" se déploie tout autant dans la précision et le flou que permettent les styles mosaïque. S'il est question de la quête de personnages et de leur essence dans les nouvelles de D. Giroud, cette recherche ne prend jamais les formes de l'effraction et de l'inquisition. Il y a plutôt de la douceur et de la gaieté dans cette tentative de dire ces êtres insaisissables et parfois fantomatiques. Ira-t-on jusqu'à affirmer que l'auteur, plus que de les percer, finit par se laisser totalement imprégner par eux ? Ira-t-on jusqu'à dire que D. Giroud se fait protectrice de leur identité en biaisant ses approches ? Certainement si l'on en juge le caractère parfois autobiographique de ces textes.

  • Qui peut prétendre connaître le vrai visage de l'Albanie ? Un pays longtemps abstrait, marqué par son histoire. Une terre montagneuse, avec des beautés sauvages, une campagne bichonnée, des villes gribouillis qui s'étendent, pressées. Un pays en pleine transition, qui tout à la fois se délabre et construit, se montre accueillant, est capable de colères, avec des élans de modernité et des résidus d'archaïsmes, des aspirations et un cruel manque de moyens. Deux couples d'amis, deux camping-cars, trois semaines de route et de découvertes, 5730 kilomètres. Un voyage original pour un pays méconnu, une expérience touristique et culturelle hors des sentiers battus : c'est l'aventure qu'ont choisi de vivre Danielle Giroud et ses compagnons amoureux d'ailleurs. Dans ce carnet de route, elle choisit de faire découvrir de l'intérieur les différentes facettes de l'Albanie - le Sud comme le Nord - et ses mille trésors. Nourrie d'humour, truffée d'informations, de conseils et d'anecdotes, une véritable invitation au départ.

  • "Ainsi donc ses mains élégantes, ses mains sans histoire, délicates et fidèles, qu'elle avait si souvent gantées, pommadées, vernies au bout, avec des ongles qui faisaient sa fierté; ses mains d'espièglerie et de caresse, mains-farfadets, agiles, mobiles... ses mains-marionnettes... papillonnantes et rieuses, fuselées, aériennes... n'étaient plus que ces palettes pataudes?".

    Et voilà comme des riens du quotidien nous déstabilisent, au gré d'une plume légère, pleine de fantaisie et d'empathie.
    L'étrangeté, le voyage, des rencontres curieuses... On se promène dans les décors et les âges: un bord de mer, un chalet dans la neige, Vérone, Palerme ou Séville, la lune dans tous ses états qui rôde ou s'esquive. On côtoie une famille turbulente, un doux rêveur qui se fait assassin, un petit chien qui devient un héros, Belle traversant les siècles. Les personnages, parfois, d'un texte à l'autre se répondent. D. Giroud leur donne vie, explorant des situations, l'incertitude des sentiments, le poids de la laideur, la guerre; çà et là, la genèse de l'écriture, en flirtant avec le fantasque, l'étonnant et même le fantastique.
    Et le lecteur de se laisser porter et emporter par des histoires où le réalisme se fait tangent, où l'onirisme partout affleure, où les mots ensorcellent.

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