• Emmanuel Macron a de grandes ambitions pour l'Europe, énoncées lors d'un discours à la Sorbonne et dans une lettre adressée à l'ensemble du continent. Elles se heurtent à un manque total de répondant de Mme Merkel et plus généralement du principal partenaire de la France, l'Allemagne.
    Pourquoi ce couple historique censé être le moteur de l'Union européenne ne fonctionne-t-il plus ? Peut-on le réparer et comment ? C'est l'objet de cet ouvrage, qui porte un regard incisif sur l'Allemagne d'aujourd'hui et sur les aléas de nos relations avec la grande voisine d'outre- Rhin. La France, note Édouard Husson, observe depuis deux siècles l'Allemagne avec passion, que ce soit pour la haïr ou l'imiter, tandis que celle-ci hésite entre admiration et condescendance - sans qu'aucune ne soit vraiment capable de comprendre l'autre.
    À l'heure où les déséquilibres mondiaux mettent l'Union Européenne en péril, face aux États- Unis et à la Chine, où les populismes et l'immigration menacent sa cohésion de l'intérieur, Édouard Husson décrypte d'une plume acérée l'incroyable décalage entre la vision qu'ont les élites françaises de l'Allemagne et la réalité. Grâce à ses expériences personnelles, ses rencontres et sa profonde connaissance du terrain, il nous éclaire de manière inédite sur le les lignes de faille de l'Europe d'aujourd'hui et propose en urgence des pistes pour demain.

  • De l'arrivée au pouvoir d'Hitler à la mise en oeuvre de la conférence de Wannsee, nous découvrons l´importance de Reinhard Heydrich dans la mise en place du génocide. Mettant à bas les idées établies selon lesquelles la Solution finale serait née d´une décision prise à la conférence de Wannsee, l´ouvrage démontre que dès l´entrée des troupes allemandes en Union soviétique, la liquidation des juifs devint systématique et immédiate. Reinhard Heydrich fut alors le coordonnateur et le technocrate qui mit en place l´organisation permettant la destruction systématique des juifs d´Europe par un système qui lui survécut. Des prémices des persécutions aux projets de déportation à l´étranger, des premiers massacres en Pologne puis en Russie, jusqu´à la création des camps d´anéantissement, le livre analyse la logique infernale qui mène les nazis à la Shoah.

  • Longtemps les dirigeants français ont envié ceux de la République fédérale : le voisin allemand résistait mieux à la crise mondiale déclenchée par les chocs pétroliers des années 1970. En fait l'Allemagne occidentale avait effectué, après 1945, une reconstruction sans pareille, puis s'était affirmée comme l'un des grands pays exportateurs parce que, disait-on, l'esprit d'entreprise y était plus valorisé, l'État moins dépensier et les syndicats plus raisonnables qu'en France. On vantait le «modèle» allemand, symbolisé par la force du Deutsche Mark, devenu une monnaie de réserve officieuse pour les investisseurs du monde entier.
    Et puis vinrent la fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique. L'Allemagne de l'Ouest intégra la RDA. Désormais le moteur économique du continent en était aussi la première puissance politique. L'Allemagne, pourtant, n'a pas abusé, sauf dans l'ancienne Yougoslavie, de cette puissance retrouvée : sa population est majoritairement pacifiste ; surtout, depuis le milieu des années 1990, la République fédérale est entrée dans une crise économique profonde qui remet en cause le «modèle allemand». Souffrant du poids excessif des dépenses publiques et des charges sociales, l'Allemagne ressemble de plus en plus à la France.
    C'est donc à une nouvelle perception de notre voisin que nous invite Édouard Husson : un pays dont on doit moins redouter la puissance que l'affaiblissement ; une nation menacée par son déclin démographique ; le coeur industriel fragile d'un continent européen qui risque d'être un grand perdant de la mondialisation.

  • L'histoire du nazisme fait toujours l'objet de controverses passionnées. Peut-on considérer que l'essentiel a été dit sur le IIIe Reich, ou au contraire que le "travail de mémoire" sur Hitler et la Shoah reste insuffisant ? Depuis la chute du mur de Berlin, ce débat est mené avec une virulence particulière en République fédérale d'Allemagne. Certains historiens cherchent dans les crimes du communisme un équivalent et même une explication à ceux du nazisme dans l'histoire allemande et européenne. Reste que le "travail de mémoire" effectué par les historiens allemands est exemplaire, les travaux se multiplient et montrent qu'une société totalitaire ne peut fonctionner que si les individus ordinaires exécutent et même devancent les desseins criminels de leurs dirigeants.

    Table des matières Préface de Ian Kershaw Remerciements Introduction : D'une conception sacrificielle à une conception mémorielle de la nation ?

    Première partie : Comprendre la préhistoire du nazisme : les historiens allemands et la déconstruction des mythes nationalistes I. L'Allemagne est-elle coupable ? Dialogues d'historiens (1945-1960) II. Débats sur la république de Weimar III. Les thèses de Fritz Fischer sur le comportement des dirigeants et de l'opinion allemande durant la Première Guerre mondiale IV. Ralf Dahrendorf : pourquoi le libéralisme est-il resté une tradition étrangère à l'Allemagne ?
    V. « Primauté de l'explication par la politique étrangère », « impérialisme allemand » ou « Son-derbewusstsein » ?

    Deuxième partie : Auschwitz signifie-t-il la fin de l'histoire allemande ? Querelles d'historiens I. De la légitimation de l'existence de deux États allemands au retour de l'anticommunisme : les impasses de la pensée postnationale II. Le plaidoyer pour l'historicisation du national-socialisme de Martin Broszat III. La « querelle des historiens » IV. Les historiens face à la réunification Troisième partie : Regarder en face les crimes du nazisme : Histoire et mémoire du IIIe Reich en RFA dans les années quatre-vingt-dix I. « Faire passer le passé » dans l'Allemagne réunifiée ?
    II. L'exposition sur les crimes de guerre de l'armée allemande du IIIe Reich III. Histoire et mémoire du juédocide en république fédérale d'Allemagne. Le cas des historiens IV. Les historiens sous le IIIe Reich : une réévaluation Conclusion Choix bibliographique Abréviations Index

  • Suscite en Allemagne une discussion sans précédent : " Les bourreaux volontaires de Hitler ". Le chercheur américain ne manque pas de bons arguments : il accumule en particulier les documents sur les bataillons de police qui ont effectué le génocide sur le terrain ; des milliers d'Allemands ordinaires ont ainsi assassiné les Juifs ou les ont déportés vers les camps de la mort. Tous les Allemands auraient-ils participé au massacre s'ils en avaient eu l'occasion ? Daniel Goldhagen en veut pour preuve la virulence de l'antisémitisme allemand dès le début du XIXe siècle. Malgré les critiques des spécialistes de l'histoire de la Shoah, le livre s'est vendu à des centaines de milliers d'exemplaires dans le monde. En Allemagne, surtout, on se l'arrache. Depuis la réunification, les Allemands ordinaires pensaient avoir tourné la page de l'examen de conscience collectif. L'investigation sur les crimes du régime communiste de RDA éclipsait doucement la mémoire des crimes nazis. " Les bourreaux volontaires de Hitler " est un coup de tonnerre dans le ciel bleu de la normalité allemande retrouvée.

  • Trois millions de juifs assassinés en Pologne, deux millions en URSS, six millions de victimes en tout et des communautés entières rayées de la carte. La Shoah n'en finit pas de hanter notre mémoire. Comment peut-on aujourd'hui tenter de l'appréhender et d'en écrire l'histoire ? C'est à cette tâche que se sont attelés les auteurs de ce dictionnaire, à la lumière notamment des recherches les plus récentes, disponibles ici pour la première fois en français, en mettant l'accent sur l'Est de l'Europe. Dressant un bilan précis, analysant les processus de décision, les méthodes, le parcours des principaux bourreaux, mais aussi rendant vie aux victimes, à travers l'évocation de l'effervescence de la vie juive avant-guerre, ils nous permetttent de mieux cerner l'irréparable ampleur de la tragédie.

  • Le succès tout à fait hors norme des Bienveillantes de Jonathan Littell constitue un véritable phénomène de société.
    Deux prix et des éloges innombrables ont été décernés à une oeuvre littérairement médiocre et historiquement datée, dont le seul ressort est le voyeurisme permanent. Ce qui fait des Bienveillantes un roman insoutenable, c'est qu'il propose une esthétisation insupportable de la violence nazie qui s'inscrit, de Sade à Jünger, dans une longue filiation intellectuelle et littéraire. Il exclut de l'humanité les victimes de la barbarie, en livrant leur cadavre en pâture au regard des lecteurs, sans rien nous faire comprendre des facteurs qui ont conduit les bourreaux SS à participer à l'extermination de six millions de Juifs européens.
    Un philosophe et un historien unissent leurs voix pour dénoncer énergiquement les complaisances qui ont permis le succès de ce livre. Ils incitent, par la même occasion, à lire ou relire d'autres oeuvres littéraires, documents ou récits d'une importance majeure, qui apportent un tout autre regard sur l'écriture du mal.

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