• Entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1996, la France a effectué 210 essais nucléaires - certains au Sahara et la majorité en Polynésie.
    Au nom de la grandeur de la République, on a aussi mis en danger des populations locales, sous-informé les appelés, techniciens et civils des risques réels des retombées radioactives. Ce livre fait la lumière sur les conditions dans lesquelles les essais se sont déroulés. Jean-Philippe Desbordes enquête sans relâche depuis quinze ans sur le sujet. Face à la multiplication des cancers rares des appelés, des maladies radio-induites observées chez les populations locales, les langues des vétérans des essais nucléaires se sont déliées.
    L'auteur a retrouvé des documents passionnants, est allé à la rencontre des vétérans et de leurs familles pour reconstituer l'immense puzzle de leurs témoignages et mettre au jour la réalité du prix humain qu'ils ont eu à payer. Son enquête dévoile ce que l'Etat a cherché à minimiser, voire à dissimuler : passages des appelés sur les bases atomiques retranchés de leurs états de service, dosimétrie des soldats parfois falsifiée, secrets bien gardés.
    Un document sans concession.


  • Journaliste d'investigation, J.-P. Desbordes a enquêté sur les pratiques marketing visant les enfants à travers la diffusion de programme leur étant destiné.


  • Les principes d'un certain management influent sur les structures des relations entre les êtres et répandent une terreur parfois subtile, parfois carrément ouverte. Basé sur études et interviews, se penchant à la fois sur les managers eux-mêmes et leurs victimes, ainsi que sur toutes les affaires récentes de suicide au travail, Management Circus met en lumière le côté totalitaire de certaines entreprises.
    Pourquoi la terreur règne-t-elle dans certaines grandes entreprises ? Le phénomène est connu, on en parle dans la presse, des livres-témoignage paraissent - Jean-Philippe Desbordes lui-même est l'auteur de plusieurs documentaires sur les suicides au travail et il a étudie la situation des travailleurs dans le nucléaire, notamment.
    Avec Management Circus, il propose quelques clés de lecture de ce fait de société qui engendre un profond malaise chez un grand nombre de salariés. A priori, il semble absurde que les entreprises puissent avoir intérêt à étouffer la capacité d'initiative de leurs employés, à anesthésier leur capacités de décision, à réduire leur identité dans le vocable générique des fonctions support, à les traiter comme un bétail humain à qui on demande de penser selon des critères mécanisés. Et si, dans notre société hyper-spécialisée, régie par une technologie de plus en plus sophistiquée, il fallait exactement ce type d'homme pour que tout continue à fonctionner ?
    Le point de départ de la réflexion se situe dans les centrales nucléaires, là où l'on a institué la possibilité de "l'homme-déchet". Ce rapport méprisant à l'humain et au bien commun s'est propagé à un grand nombre de multinationales. Management Circus relate et analyse le système de soumission et de manipulation mis en place pour intégrer l'homme dans cet univers régi par l'exigence de faire toujours plus de profit.
    Jean-Philippe Desbordes montre que le dressage social commence au plus haut niveau de l'échelle hiérarchique et redescend ensuite en cascade vers la base. À tous les étages, il s'agit de rééduquer les gens selon des schémas comportementaux spécifiques établis par des décideurs plus ou moins identifiables. Ces schémas ou "méthodes" visent à imposer dans la sphère du travail les contraintes d'un fonctionnement en "mode réflexe". Ainsi, ce livre met en garde contre la "surdétermination" des comportements humains par la machine, ce qui produirait de l'humain mécanisé.
    Le pouvoir par l'économie prend dès lors une réalité nouvelle dans sa forme. Jusqu'au milieu des années 1970, on pouvait encore croire à la subordination de la machine aux besoins et nécessités humaines, sociales. Aujourd'hui, la situation est renversée et les humains sont obligés de se soumettre aux contraintes de la machine.
    Dans la société dans son ensemble, d'autres phénomènes attestent de ce changement d'époque. La diffusion et la généralisation des modes de communication NTIC en sont le critère central. On parle aujourd'hui d'une société de l'information. Ces modes de communication ont désormais atteint un optimum éducatif, auprès des enfants mais également en entreprises avec les logiciels d'e-learning. Il s'agit d'amener les humains à fonctionner selon les critères de réduction du temps et de l'espace induits par les machines. Le danger principal est celui des méga machines chargées de coordonner conceptuellement les gens. La publicité, la télévision et les nouveaux téléphones interactifs jouent ici un rôle efficient, pro actif. Ceci a expliqué le développement en France et en Europe de mouvements d'informations sur ces questions, Squiggle en Belgique à propos des enfants téléphages, Reboot en France et son manifeste "anti lavage de cerveau" ("against brain washing systems") Une résistance plus que nécessaire !
    Ainsi, à travers Management Circus, Jean-Philippe Desbordes poursuit son travail d'investigation par une réflexion plus globale, originale et passionnante.

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