• On en a beaucoup entendu parler, mais les a-t-on jamais vus ces fameux cahiers de doléances de la Révolution Française ? Publiés ici pour la première fois en fac-similés et commentés par l'excellent spécialiste Pierre Serna, ces inédits vibrent de l'espoir démocratique. Les extraits choisis aux quatre coins de l'hexagone incarnent la France des villes et des campagnes. Ces traces magnifiques de notre patrimoine républicain résonnent d'une étonnante proximité: l'impôt pour tous, l'abolition des taxes sur les produits de première nécéssité, une même justice pour tous, le mariage des prêtres, l'encadrement des loyers etc.. 

  • En se plaçant au-dessus des partis, le président Macron abuse d'une recette éprouvée depuis 1793. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, supplante le pouvoir législatif au risque de fragiliser la démocratie représentative. La modération du centre est censée constituer une réponse aux postures de droite et de gauche, repoussées aux extrêmes. La saison des tourne-veste prétendant inventer une nouvelle morale politique pour légitimer leur renoncement répète les crises françaises de la politique depuis 200 ans. La vie politique n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche mais par un poison sournois ; celui d'un extrême centre qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer dans l'autoritarisme.

  • Le 25 octobre 1795, la loi Danou sur l'instruction publique crée l'Institut national des sciences et des arts. C'est l'une des dernières décisions de la Convention, qui lègue au Directoire cette institution intellectuelle, idéologique et scientifique, pour insuffler un renouveau républicain à la France.
    Parallèlement, se profilent les visées liberticides d'un Bonaparte : coup d'État du 18 brumaire 1799 et instauration du Consulat, rétablissement de l'esclavage le 20 mai 1802 et bientôt, en août, quelques jours avant le concourt qui va nous préoccuper, le consulat à vie.
    C'est dans ce contexte que le 6 juillet 1802 est proposé au prix de morale de l'Institut la question : jusqu'à quel point les traitements barbares exercés sur les animaux intéressent-ils la morale publique ? Et conviendrait-il de faire des lois à cet égard ?
    À partir des dissertations des vingt-six personnes qui s'emparent du sujet et des milliers de pages produites, Pierre Serna révèle le débat naissant sur la question animale. Voix discordantes, voix contradictoires, voix chrétiennes, voix athées, voix philomonarchistes ou voix républicaines, toutes ont quelque chose à dire sur l'animal, sa maltraitance et les moyens d'y remédier par changement des moeurs ou des lois. S'inspirant des penseurs qui les ont précédés, Pythagore, Descartes, Rousseau ou Condillac, mais aussi des grands débats d'idées issus de la Révolution et de tous ses courants idéologiques - terme qui naît à cette époque -, nos citoyens philosophes vont jeter les bases d'une réflexion sur l'animal et sur sa place dans les sociétés humaines.
    Les thèmes de L'Animal en République réapparaîtront dans le débat public avec les lois Grammont de 1850 qui fondèrent l'ancêtre de la SPA. Ils sont aujourd'hui encore au coeur des débats contemporains.

  • Qui sait aujourd'hui qui est Antonelle, nommé premier maire d'Arles en 1790 ? Député à l'Assemblée législative, juré au tribunal révolutionnaire, puis mis en prison par Robespierrre, il a été comparé à Bonaparte sous le Directoire. L'homme est un paradoxe vivant : issu de la vieille noblesse et très riche, il s'engage sans retenue dans la Révolution française aux côtés des plus démunis. Sous le Directoire, il échafaude avec Babeuf la conspiration des Égaux, puis théorise le concept - banal aujourd'hui, mais extrêmement neuf à l'époque - de "démocratie représentative", dont il est le père inconnu. Opposant à la dictature de Bonaparte, il se retire à Arles après 1800 pour y devenir le bienfaiteur de sa ville et de son quartier.

  • La Révolution française a créé, sur les ruines de l'Ancien Régime, une nouvelle communauté politique composée de citoyens égaux. Dès lors, quelle place devaient y occuper les animaux, si nombreux dans les villes et les campagnes ? Avaient-ils eux aussi des droits ? Pouvait-on continuer à les domestiquer et les manger ? Étaient-ils des « sous-citoyens » à protéger ou une ressource à exploiter pour la nation ?
    Dans un livre profondément novateur, fruit de nombreuses années de travail, Pierre Serna montre l'importance politique des animaux en Révolution. La police parisienne s'efforçant d'en limiter les dangers, les responsables de la ménagerie du Jardin des plantes désirent en faire un spectacle civique, pédagogique et républicain, tandis qu'agronomes et savants engagent d'ambitieuses réformes de l'élevage. Surtout, la question de l'animalité est au coeur des débats révolutionnaires. On découvrira des plaidoyers radicaux pour le régime végétarien, des projets parfois utopiques de citoyenneté animale, mais aussi l'émergence d'un racisme savant, qui instrumentalise les découvertes sur les grands singes pour mieux animaliser les esclaves noirs, et s'opposer à leur émancipation.
      Pierre Serna est professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et membre de l'Institut d'histoire de la Révolution française. Il a publié et édité de nombreux livres sur la Révolution, notamment La république des girouettes. 1789-1815 et au-delà. Une anomalie politique : la France de l'extrême centre (Champ Vallon, 2005).

  • Les historiens vivent, travaillent et pensent dans la cité. Un mois après le massacre de la rédaction de Charlie, des Historiens se réunissent à l'école de la rue d'Ulm, pour penser ensemble comment depuis le XVIe siècle le rire a été une puissante arme politique, utilisée sous diverses formes, de la dérision subtile au rire féroce, en passant par la franche moquerie de l'adversaire. Il est un marqueur d'intelligence, de culture et s'inscrit durant les périodes de violence tel un processus de civilisation, forme de continuation d'une lutte sans e usion de sang... jusqu'à ce que les censeurs et les ignorants, tentent de l'interdire ou le tuent, réellement, avant qu'il ne reparaisse, toujours...

  • À la suite de la « Révolution atlantique » (R. Palmer et J. Godechot), il est temps de déconstruire le mythe d'une France « Grande Nation » et de considérer le Directoire (1795-1799) comme une république européenne, un carrefour d'expériences ouvert sur le monde américain, européen et méditerranéen. Ce volume permet ainsi d'interroger les rapports entre les différentes révolutions et républiques de cette fin de XVIIIe siècle.

  • La vie politique fourmille de personnages changeant au gré des majorités qui se font et se défont.
    Mais comment la girouette est-elle née dans la culture politique française ? De quelle façon réapparaît-elle lors de chaque crise et de quelle manière désorganise-t-elle la vie parlementaire ? La littérature pourrait donner un début de réponse. Un personnage de fiction surgit au XIXe siècle : le transfuge, qui, sous le visage de l'arriviste cynique, contribue au façonnement de l'archétype du " Judas politique " moderne.
    Pourtant tout n'est pas sorti de l'imagination des romanciers. Le transformisme idéologique provient de l'expérience traumatisante que les français ont connue entre 1814 et 1816, lorsque se succèdent à une cadence soutenue Napoléon et Louis XVIII, lorsque les serments de fidélité ne durent que quelques semaines... Ce n'est pas la première fois que la France voit ses élites renoncer à leurs paroles. La monarchie puis la Révolution ont déjà été confrontées, de façon conflictuelle parfois, à la question de la fidélité religieuse d'abord, politique ensuite.
    Ce ne sera pas non plus la dernière fois, comme les événements de 1940 le montreront. La girouette en soi vaut surtout par ce qu'elle révèle : la construction d'un pouvoir exécutif qui ne peut plus s'appuyer sur un pouvoir d'origine divine. Le personnage-caméléon incarne alors un technicien de la politique ou un professionnel de l'administration dont la vocation consiste à faire marcher la chose publique au-delà des opinions ou des contingences idéologiques.
    Pour cela, mieux vaut se trouver en un centre politique, mieux vaut être capable de s'adapter et de saisir rapidement les leviers du pouvoir en toutes occasions, afin de rejeter à la périphérie les radicaux et les perturbateurs de l'ordre public. L'authentique anomalie de la vie politique française ne serait pas cette lutte entre " blancs " et " rouges " depuis deux siècles, mais l'émergence d'un centre invisible et pourtant omniprésent.
    Qui mieux que le général accomplissant le coup d'État du 19 brumaire a perçu cet " extrême centre " lorsqu'il résumait ainsi son programme politique : " Ni talons rouges, ni bonnet rouge " 2 Ce livre interroge finalement, de façon dérangeante mais nécessaire, la place de Bonaparte, éminent politique, au coeur de la construction républicaine française depuis deux cents ans.

  • Alors que l'Espagne connaît son Siècle d'Or, un genre musical voit le jour au nord de Madrid dans la résidence royale du Palacio de la Zarzuela (ou «Palais de la Ronceraie»), où se donnent de fastueux spectacles, qui prennent donc le même nom que leur lieu d'accueil :
    Zarzuela. Pendant que l'opéra en est à ses débuts en Italie, le XVIIe siècle espagnol se distingue à travers ses propres pièces lyriques s'appuyant sur des livrets de Pedro Calderón, véritable fondateur reprenant les classiques de la mythologie gréco-latine, et des musiques de Juan Hidalgo, puis de Sebastián Durón. Au XVIIIe siècle, la zarzuela s'étend ensuite aux théâtres populaires ibériques et jusque aux Amériques grâce aux compositions de Antonio Literes, José de Nebra et Antonio Rodríguez de Hita, ou encore aux livrets de Ramón de la Cruz. Ce n'est qu'après cent cinquante ans de gloire ininterrompue que la zarzuela «baroque», tout comme l'Espagne, connaîtra à la fin du XVIIIe siècle une éclipse qui l'obligera à se renouveler...
    Cette étude inédite présente pour la toute première fois les origines de ce «continent musical» à part entière qu'est la zarzuela aux XVIIe et XVIIIe siècles, complétée de nombreuses illustrations et annexes.

  • Comment la Révolution française a-t-elle pris en considération la question de la législation des colonies ? La positivité des lois révolutionnaires, uniques en leur temps, a permis des avancées déterminantes dans le statut des libres de couleur et des esclaves, malgré un climat de violence lié à des guerres civiles et à un conflit international majeur. L'influence de la loi révolutionnaire se fait sentir également dans les colonies des autres puissances européennes, mais aussi dans les débats précédant la seconde abolition de l'esclavage. Ces avancées légales constituent encore le socle des luttes actuelles pour la liberté, l'égalité et la fraternité.

    Avec le soutien de l'Institut d'histoire de la Révolution française et de l'université Paris 1.

  • A l'instar des cafés du XIXe siècle où l'on se retrouvait pour discuter et débattre, cet ouvrage n'est pas une biographie mais un recueil de vingt-huit textes de Pierre-René Serna, parlant aussi bien des oeuvres que de questionnements autour - et au détour - de ce compositeur inclassable et cependant fondamental qu'est Berlioz, à l'occasion du 150e anniversaire de sa disparition.

  • Portée par les plus grands chanteurs, de Pilar Lorengar à Teresa Berganza, de Plácido Domingo à Alfredo Kraus, glorifiée par des personnalités comme Camille Saint-Saëns ou Friedrich Nietzsche, la zarzuela demeure toujours dans nos contrées une belle inconnue. Ce n'est pourtant pas faute d'une longue et florissante carrière, qui parcourt près de quatre siècles, d'une production pléthorique où se chiffrent plus de 20 000 titres dans une facture qui embrasse toutes les formes, et environ 500 compositeurs autant différents par le style que l'ambition... Tout cela illustre la diversité de la zarzuela, comme aussi la difficulté à l'enfermer dans des schémas. Il convenait donc d'offrir enfin aux mélomanes francophones une présentation claire de ce théâtre lyrique intrinsèque à l'Espagne, mais également à l'Amérique hispanique et jusqu'aux Philippines.

  • « C'est un fait ! Mais heureusement, tout n'est pas encore fait ni entièrement accompli : notre époque est celle de la montée, imparable apparemment, des intolérances. Dans les domaines les plus divers. De la part des pouvoirs, d'institutions officielles, officieuses ou superficielles, mais ayant pignon sur rue, défilé dans les rues et audience dans les médiats. C'est ainsi que les interdits, ou les velléités d'interdits, pleuvent. Un vrai déluge ! La haine fait son grand retour.
    Prohibitions, fanatismes, religions, sectarismes, emplissent chaque jour davantage l'espace, confinant un espace de liberté individuelle chaque fois plus restreint. » Défense de fumer, prohibitions de tout ordre, hygiénisme fanatique, exacerbation des fondamentalismes, xénophobie rampante, multiplication des ligues de vertus, avènement des droits de l'animal, espionite généralisée, etc...
    Ce livre d'humeur entend fustiger les idées et comportements convenus de notre époque, et dénoncer leurs conséquences inquiétantes. C'est ainsi que l'on y trouvera des sujets trop souvent oubliés par la littérature contemporaine. Quitte à susciter la polémique. Tant mieux ! Puisque c'est l'objet même. Ce livre ne plaira donc pas à tout le monde. Mais peut-être saura-t-il séduire certains lecteurs épris de liberté ? »

  • Cet ouvrage se propose de relire la ville comme un espace et une société mis en ordre et partagés, en amont de l'intervention policière ou du contrôle institutionnel. Il décrit ainsi la perception de la ville que peuvent porter différents acteurs de l'ordre urbain, la dimension religieuse de la ville à l'époque moderne ou les croisements entre partages sociaux urbains et débats idéologiques nationaux à partir de la Révolution. Une image différente de la ville en ressort, faite d'une invention quotidienne du partage et qui mêle politique et religion, espace et société, normes et pratiques.

  • Entre 1760 et 1830 le voyage connaît des mutations, non pas dans ses conditions matérielles qui, jusqu'à l'avènement du train, demeurent largement inchangées mais dans sa fonction et sa finalité. Entre le Grand Tour, destiné à la formation d'une jeunesse aristocratique visitant l'Europe des capitales, et la lente émergence d'un tourisme littéraire mettant romantiquement en scène le moi exalté par l'ailleurs, un autre voyage est apparu, résolument ancré dans l'actualité du monde bouleversé par les révolutions de tous genres : le voyage politique.
    Observer les autres sociétés, les coutumes des populations différentes, se transporter ailleurs, partir comprendre sous d'autres cieux, chercher à comparer les espaces différents, ouvrir sa curiosité à un cosmopolitisme naissant, découvrir d'autres modèles politiques que le sien devient une sorte de propédeutique spontanée, ou bien organisée, forcée parfois, à l'origine d'un transfert d'idées, de personnes et d'expériences que l'aire et l'ère des révolutions atlantiques vont rendre possible depuis le début de la Révolution américaine, jusqu'aux révolutions du XIXe siècle naissant.
    Ce livre interroge comment une pratique ancienne, le voyage, rencontre une idée nouvelle, la République.

  • Vingt spécialistes internationaux de la Révolution analysent les concepts, les idées, les représentations et les premiers débats sur les projets de constitution. Ils présentent les figures de ces hommes qui, devenus "révolutionnaires", ont dû non seulement "entrer en république", mais aussi en fonder les institutions à l'heure du 220e anniversaire de la République, Cet ouvrage permet de réfléchir à ses prémices au sens du suffrage censitaire, à la sociologie et à l'expérience des pères fondateurs.

  • Bayard, d'Artagnan, le chevalier d'Éon ; ces figures de bretteurs racontent des histoires différentes, mais néanmoins reliées entre elles par le fil d'une lame.
    Le chevalier, le duelliste et l'escrimeur sont autant d'archétypes qui révèlent qu'à l'époque moderne l'épée est une culture. Ce livre entreprend d'en explorer tous les aspects : du geste de l'escrimeur aux valeurs qui lui sont associées. C'est en effet à partir de la Renaissance que les techniques de l'escrime deviennent un art guidé par des principes savants et moraux. L'analyse des valeurs impliquées dans cet art permet aussi de suivre l'évolution des idéaux de la noblesse qui fait de l'épée le vecteur de son identité.
    Il ne faudrait, toutefois, pas oublier que l'art de vivre l'épée à la main reste, de part en part, un art de tuer. À une époque où le port d'une arme blanche est une pratique courante, l'escrime civile et civilisée ne saurait occulter les cadavres abandonnés par les innombrables duellistes. C'est pourquoi l'histoire de l'épée est aussi une histoire de la violence et de l'inaltérable fascination qu'elle exerce.
    Pour le découvrir, il faut alors plonger dans les archives d'une justice souvent prompte à occulter ce crime qui trouble l'image d'un roi absolument maître de ses sujets. Une autre vision du rapport entre violence et civilisation se dessine de cette façon. S'il est souvent admis que la violence est le contraire de la civilisation, on découvre que l'escrime et ses pratiques meurtrières alimentent une véritable civilisation de la violence, c'est-à-dire une culture, un art, un savoir mis au service de l'homicide.
    Oublions un instant le roman de cape et d'épée et ses duellistes aimables et bavards pour considérer la brutalité de ceux qui, dans le silence des petits matins, règlent leur compte l'arme à la main. L'époque moderne se révèle alors sous un autre jour, grâce à l'archéologie du geste de l'escrimeur, restitué dans toute sa technicité, dans toute sa férocité. C'est ainsi que l'épée peut faire l'objet d'une véritable histoire totale, attentive aux objets, aux gestes, aux pratiques sociales et aux courants intellectuels de la Renaissance aux Lumières.

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