• « Nous avons écrit ce livre pour garder espoir. Pour parler de ce qui ne s'est pas bien passé, et raconter pourquoi, mais aussi de tout ce qui est allé dans le bon sens ».
    Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee.

    Face aux inégalités qui explosent, aux désastres politiques et aux catastrophes environnementales qui menacent de toutes parts, cet ouvrage montre que tout n'est pas perdu. Si des choix de politiques publiques nous ont menés où nous sommes, rien n'empêche d'en faire d'autres. À condition de dresser, d'abord, un constat honnête. Ces pages traquent les fausses évidences sur toutes les questions les plus pressantes : immigration, libre-échange, croissance, inégalités, changement climatique. Elles montrent où et quand les économistes ont échoué, aveuglés par l'idéologie.

    Mais l'ouvrage ne fait pas que renverser les idées reçues. Il répond à l'urgence de temps troublés en offrant un panel d'alternatives aux politiques actuelles. Une bonne science économique peut faire beaucoup. Appuyée sur les dernières avancées de la recherche, sur des expériences et des données fiables, elle est un levier pour bâtir un monde plus juste et plus humain.

    En cela, Économie utile pour des temps difficiles est aussi un appel à action.

  • Quatrième de couverture Aujourd'hui, le village est "planétaire", l'adolescent "mondial" et la société de consommation dominée par les marques. Les espaces publicitaires traditionnels qu'elles se sont de tout temps montré promptes à coloniser - panneaux d'affichage, télévision, cinéma, presse écrite - sont désormais devenus trop restreints pour des logos frappés d'expansionnisme galopant.
    En plantant leurs drapeaux sur des territoires jusqu'à présent vierges de toute publicité, en substituant au simple objet de consommation une image capable de le faire accé der à la dimension du mythe, les multinationales ne se sont pas contentées de boulever ser les mentalités et le monde du travail, elles ont modifié l'économie de nombreux pays.
    Dans cette course au profit, beaucoup sont en effet passés maîtres dans l'art de bafouer les droits de l'homme : l'esclavage moderne existe dans les zones franches industrielles ou dans certains Etats du Tiers-Monde, véritables paradis fiscaux pour sociétés capitalistes. Pendant ce temps, en Occident, les usines ferment les unes après les autres et migrent sous des cieux plus complaisants, les mises à pied massives se succèdent à un rythme effréné, les contrats à temps partiel ou intérimaires remplacent les emplois permanents, les acquis sociaux sont laminés, voire disparaissent. Mais le nombre augmente de ceux qui prônent l'urgence d'une mobilisation vigilante, et qui dénoncent les abus commis par les grandes sociétés. Venant de partout, ils se rencontrent, se regroupent et s'organisent sur l'Internet : ils veulent récupérer l'espace, la rue, la forêt dont on les a privés, ils réclament des emplois et des conditions de travail décents, un partage plus équitable des énormes bénéfices des multinationales, ils refusent d'acheter des produits pour lesquels d'autres, à des milliers de kilomètres de chez eux, paient le tribut de la sueur et parfois du sang.
    Ce nouveau militantisme, reflet de la pluralité sociale et ethnique de bon nombre de pays, a déjà gagné des batailles contre les logos mastodontes. Les événements de Seattle ou de Prague l'ont prouvé : il est encore temps de dire non à la tyrannie des marques.

  • «L'autorité que donne la fortune est très grande, même dans une société civilisée et opulente. De toutes les périodes de la société, compatibles avec quelque notable inégalité de fortune, il n'en est aucune dans laquelle on ne se soit constamment plaint de ce que cette sorte d'autorité l'emportait sur celle de l'âge ou du mérite personnel...» Adam Smith Classiques de l'économie politique

  • Au printemps 2020, l'improbable a surgi. L'impensable aussi : l'économie mondiale que rien ne semblait pouvoir arrêter a été stoppée. Qui aurait imaginé ce jeûne économique: des avions cloués au sol, des matchs sans public, des grands chantiers suspendus, des industries polluantes à l'arrêt ? Qui aurait imaginé plus de 4,5 milliards d'humains confinés dans une communion universelle imposée ? Nous savons désormais que la machine peut s'arrêter, l'interrupteur existe. L'effondrement annoncé n'est pas une fatalité c'est un choix.

    Ce choc improbable, premier d'une grande série, vient nous rappeler que les prévisions sont régulièrement démenties. L'Histoire n'est pas une ligne bien droite et balisée sur laquelle l'humanité marcherait. Elle s'écrit entre plusieurs scenarios possibles et concurrents, au gré des improbables qui s'enchaînent et s'entremêlent pour donner naissance à un futur inimaginable quelques mois auparavant. Les meilleurs prospectivistes ne pouvaient anticiper l'invention de l'électricité, d'internet; on ne pouvait donc pas imaginer ce que la vie allait être, totalement différente du scénario prévu. La découverte des Amériques au XVème siècle, la fin du bloc de l'Est, ces évènements politiques ont changé la trajectoire du futur. Une découverte, un saut philosophique, un évènement citoyen, une personnalité, de nombreux improbables peuvent encore infléchir notre trajectoire.

    La Renaissance a modifié notre rapport à l'espace territorial. Au XXIème siècle, nous pourrions accéder à de nouvelles connaissances sur le temps, sur la matière. La Renaissance a permis l'éclosion de la philosophie humaniste, l'homme au centre. Aujourd'hui, nous pourrions découvrir une nouvelle spiritualité, renouer avec notre animalité et adopter un animisme moderne. La Renaissance a donné vie au mythe de la croissance infinie, nous pourrions reprendre pied avec la relowcalisation.

    Depuis quelques mois un autre futur, soutenable, revient dans la partie. Des évènements nouveaux, des décisions inespérées, surgissent dans le monde. Cet ouvrage explore ces autres futurs, ce qui peut les faire advenir et notre capacité à leur donner corps à chaque seconde. Tout peut arriver au cours de la décennie 2020-2030. Tout doit arriver. Elle est celle de tous les dangers et de tous les espoirs, tragique et sublime, angoissante et enthousiasmante, une décennie claire obscure qui nous emmène vers d'autres voies improbables. Se résigner serait une erreur, accueillons l'improbable, soyons attentifs et donnons l'élan supplémentaire à ces autres possibles qui tentent de s'imposer.

  • Les Emirats arabes unis et Bahreïn ont signé avec Israël des accords de normalisation de leurs relations. Leur but est de constituer un front de sécurité régionale.

    Le 15 septembre 2020, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, les ministres des Affaires étrangères du Bahreïn, ­Abdullatif Al Zayani, et des Emirats arabes unis, Abdallah ben Zayed, signaient, à Washing­ton, sous les auspices du Président Trump, les « accords d'Abraham » normalisant les relations entre Israël et les deux Etats du Golfe. Certains ont ramené ces accords à une manoeuvre politique, utile à la fois pour un Donald Trump alors en campagne électorale et un Benyamin Nétanyahou empêtré dans ses affaires judiciaires. Si cette dimension opportuniste n'est pas absente, elle ne saurait cacher la portée géopolitique indéniable de ces accords et ce qu'ils révèlent des transformations régionales.

  • Combattre l'utopie libérale et la société de classes renfoncée qu'elle engendre inévitablement passe aujourd'hui par une rupture radicale avec l'imaginaire intellectuel de la gauche.
    Certes. l'idée d'une telle rupture pose à beaucoup de graves problèmes psychologiques. car la gauche, depuis le XIXe siècle, a surtout fonctionné comme une religion de remplacement (la religion du "Progrès") ; et toutes les religions out pour fonction première de conférer à leurs fidèles une identité, et de leur garantir la paix avec eux-mêmes. J'imagine même sans difficulté que de nombreux lecteurs tiendront cette manière d'opposer radicalement le projet philosophique du socialisme originel et les différents programmes de la gauche et de l'extrême-gauche existantes pour un paradoxe inutile, voire une provocation aberrante et dangereuse de nature à faire le jeu de tous les ennemis du genre humain.
    J'estime, au contraire, que cette manière de voir est la seule qui donne un sens logique au cycle d'échecs historiques à répétition, qui a marqué le siècle écoulé et dont la compréhension demeure obscure pour beaucoup, dans l'étrange situation qui est aujourd'hui la nôtre. De toute façon, c'est à peu près la seule possibilité non explorée qui nous reste, si nous voulons réellement aider l'humanité à sortir, pendant qu'il en est encore temps, de l'impasse Adam Smith.

  • Comme le roi Midas transformant tout ce qu'il touche en or, l'économie transforme tout ce qui s'approche d'elle en marchandise. La nature ne fait pas exception.
    En donnant un prix à l'air, à l'eau, aux espèces et à l'ensemble de l'environnement, l'économie achève dans un même mouvement de saccager en protégeant.
    Les entretiens réunis dans ce livre documentent ce nouvel eldorado du capitalisme.

  • Houellebecq économiste

    Bernard Maris

    Cet essai étudie la vision de l'économie et de la crise de la société contemporaine à travers la littérature de M. Houellebecq.

  • Nos sociétés occidentales vivent aujourd'hui une crise de sens profonde. Libérales et individualistes, dépourvues de spiritualité, soumises à une économie souvent destructrice de l'environnement, elles produisent de plus en plus un sentiment de vide chez les individus. Environ 30 % des Français ne trouvent ainsi pas de sens à leur vie. Développement personnel, engagement caritatif, carrière, sport, expériences... les chemins de la quête de sens sont nombreux, et conduisent parfois à des impasses.

    À partir des recherches récentes en psychologie, Mickaël Mangot, économiste du bonheur, examine les mutations dans notre relation au travail, à la consommation, aux loisirs et à l'épargne. Il nous aide à évaluer les nouvelles pratiques autant qu'à démêler les fils de notre questionnement existentiel.

  • La théorie du donut

    Kate Raworth

    • Plon
    • 15 Novembre 2018

    Crises financières à répétition, inégalités extrêmes de revenus et d'accès aux ressources, exploitation destructrice de l'environnement... tout le monde peut se rendre compte par lui-même que notre système économique dysfonctionne.

    Kate Raworth propose de revisiter les principaux concepts et principes sur lesquels est fondée la science économique, en introduisant, outre les concepts classiques de croissance, de marché, d'agents économiques, le facteur humain et la préoccupation environnementale au coeur de la réflexion. Consciente de la force des schémas et des images, elle s'attaque à sept schémas-clés de l'économie pour montrer à quel points ils sont galvaudés et méritent d'être remplacés.

    Pour en venir au donut du titre : l'auteur propose de remplacer l'objectif économique général de croissance du PIB, par un objectif de stabilisation de l'activité économique entre deux "frontières" : la frontière des besoins humains de base comme "plancher", et la frontière de la préservation de l'environnement comme "plafond". C'est la représentation de ce plancher et de ce plafond, sous forme de cercles, qui donne l'image du donut dans lequel l'activité économique doit s'inscrire.

    Outre la croissance du PIB, le livre démonte ainsi plusieurs mythes économiques comme la "main invisible du marché", le sujet économique rationnel, l'équilibre de loffre et de la demande... Une lecture rafraichissante, qui propose une vision renouvelée, accessible et optimiste de la pensée économique.

  • Ce nouveau téléphone, en avions-nous vraiment besoin ? Et cette robe ou ce jean, alors que le placard déborde ? Et ces baskets, même éthiques ? Cernés par les publicités, nous cédons tous à des tentations, quitte à les qualifier de nécessités pour les rendre plus légitimes.

    Bien sûr, il faut acheter pour que ceux qui produisent aient un emploi. Et, bien sûr, la vie est triste si nous ne satisfaisons que nos besoins vitaux. Mais cette consommation effrénée pèse sur la planète, met parfois en péril notre santé et surtout celle des travailleurs qui fabriquent ces multiples objets dans des conditions qui peuvent être indignes.

    Certes, la vigilance se développe. Nous pouvons de mieux en mieux connaître les caractéristiques de ce que nous achetons. Le bio et l'équitable font de plus en plus d'adeptes. Les achats de seconde main aussi, même s'ils risquent de remplir davantage nos étagères. Ces comportements ne sont encore le fait que d'une minorité cependant. Et pour beaucoup d'autres, moins favorisés, le problème reste d'abord d'accéder à un minimum de consommation et de confort.

  • Nous savons bien que l'argent ne saurait tout acheter. Et pourtant, la marchandisation des biens et des valeurs progresse sans cesse. Mais c'est en Amérique que cela se passe, pensons-nous. Là-bas, les écoles en sont à payer les enfants s'ils ont de bonnes notes. Serions-nous à l'abri de ces dérives ?

    Nous sommes en réalité déjà contaminés. Il est immoral de vendre le droit de faire du tort aux autres, pensons-nous. Alors pourquoi instaurons-nous un marché des droits à polluer qui permet aux pays riches de polluer davantage en rachetant les droits des pays moins développés ?

    Nous n'avons pas encore réfléchi à ce que devrait être la place du marché dans une société démocratique et juste. Ce livre, déjà un best-seller mondial, nous y aide puissamment.

  • Après une longue éclipse, la planification réapparaît dans le discours des dirigeants politiques français, parfois avec un soupçon de nostalgie. Promue d'abord par certaines franges de la gauche 1, l'idée s'est répandue pendant la débâcle du premier confinement. « Il nous faudra bâtir une stratégie où nous retrouverons le temps long, la possibilité de planifier, la sobriété carbone, la prévention, la résilience qui seules peuvent permettre de faire face aux crises à venir », déclarait Emmanuel Macron le 13 avril dernier, comme pour élargir un horizon bouché par la pandémie. Peu après, le Premier ministre annonçait la nomination d'un « Haut-Commissaire au Plan », fonction confiée à François Bayrou en septembre dernier.

    La résurrection de cette fonction évoque la « planification à la française » associée à la prospérité des Trente Glorieuses. Mais elle ne s'accompagne en réalité ni de la recréation du Plan, ni celle du Commissariat - le décret n'institue que la fonction, pas l'organisme. Le plan quinquennal, comme vision globale du développement économique et social, a disparu dans les années 1990, rendu inopérant par la libéralisation et l'ouverture économique, la construction européenne, la décentralisation. Et le Commissariat qui l'animait a cédé la place à un organisme recentré sur les fonctions d'expertise et de prospective, devenu France Stratégie. L'Etat n'a pas perdu pour autant toute ambition de se projeter à moyen terme, mais celle-ci s'est diffractée en une multitude de démarches sectorielles, comme les lois de programmation ou quelques grands programmes 2.

    Sans céder à la tentation de l'outil miracle qui résoudrait tous les maux de notre temps, cette approche kaléidoscopique de l'avenir n'est pas à la hauteur du défi que nous devons relever. Trouver les voies d'une prospérité compatible avec les limites de la planète est un chantier beaucoup plus complexe que celui de la sortie du rationnement dans les années d'après-guerre. Il implique une transformation profonde des comportements d'une multitude d'acteurs - pouvoirs publics, entreprises, consommateurs - qu'il faut mobiliser tout en préservant leur autonomie. Il suppose un effort constant pendant plusieurs décennies dans un environnement social, technologique et international mouvant. Il demandera d'arbitrer entre des trajectoires divergentes, du rationnement imposé à la fuite en avant technologique, toutes incertaines. Et il faudra aussi inventer des protections nouvelles, que ce soit pour prendre en charge les dommages du changement climatique ou pour compenser les perdants des politiques d'atténuation.

    Des contributions à ce numéro 3 se dégagent quelques idées fortes pour aborder cette transition. D'abord l'épuisement du paradigme dominant depuis une quarantaine d'années. Michel Aglietta et Etienne Espagne font le constat de la faillite du néolibéralisme et du capitalisme de rentes. Pour le dépasser, ils en appellent à une réforme profonde de la finance et à une planification articulant, au niveau territorial, renouveau productif, changement des modes de vie et décentralisation des compétences. Jean Pisani-Ferry reconnaît lui aussi l'obsolescence d'une politique économique fondée sur la primauté du marché, mais c'est pour souligner l'impréparation des pouvoirs publics face à l'ampleur des changements requis, de la politique industrielle aux agencements institutionnels, en passant par les relations internationales.

    Il n'existe, en effet, aucun modèle « sur étagère ». L'expérience du Commissariat général du Plan, créé dans l'immédiat après-guerre pour organiser la reconstruction et la modernisation de la France, est relatée par Michel Margairaz. Il montre que sa réussite est due à des conditions historiques exceptionnelles, même si des éléments de sa méthode restent une source d'inspiration. La Chine offre un autre modèle de planification difficilement imitable, analysé par Alicia Garcia Herrero.

    Au-delà de conditions économiques qui diffèrent radicalement des nôtres - par le niveau de développement ou la place de l'Etat dans l'appareil productif et financier -, ces deux exemples sont fondés sur des types de consensus impossibles à reproduire aujourd'hui. Nous ne pouvons compter, bien sûr, ni sur la discipline du parti unique (comme en Chine), ni sur la seule négociation entre patronat et syndicats (comme dans la France des Trente Glorieuses) pour susciter l'adhésion aux politiques publiques.

    A cette difficulté s'ajoute celle d'une gouvernance désormais multi-niveaux. L'Etat n'a plus le monopole de l'impulsion. Il la partage, d'une part, avec l'Union européenne, dont Jean ­Pisani-Ferry souligne le net changement de stratégie amorcé avec le Green Deal. Et d'autre part avec les niveaux infra-nationaux, qui jouent un rôle croissant dans la planification territoriale. Xavier Desjardins et Philippe Estèbe en rappellent les grandes étapes, au fil d'une décentralisation ambiguë. Devenus les principaux opérateurs de la réduction de l'empreinte écologique, les territoires n'ont pourtant pas tous les leviers en main pour construire le consentement collectif à la sobriété.

    La mise en cohérence des politiques publiques entre les différents niveaux, mais aussi au sein de l'Etat lui-même, est donc un autre défi. La stratégie nationale bas-carbone, qui dessine la trajectoire de la France vers la neutralité carbone en 2050, est sans doute, par sa transversalité, sa perspective de long terme, sa déclinaison en objectifs sectoriels intermédiaires, ce qui s'apparente le plus à une planification écologique. Benoît Leguet en souligne cependant les insuffisances, qu'il s'agisse de sa conception ou de son pilotage politique.

    « Le problème de notre temps, c'est que le futur n'est plus ce qu'il a été », écrivait Paul Valéry. La planification de demain ne pourra pas se calquer sur celle d'hier. Il faut la réinventer, avant qu'il soit trop tard.

  • A l'issue d'un processus électoral laborieux, Joe Biden deviendra le 20 janvier prochain le 46e président des Etats-Unis. De quoi se réjouir ? Certes, renvoyer Donald Trump à son terrain de golf et à ses procès est déjà une bonne nouvelle ! Mais, homme de compromis, au centre du Parti démocrate, Biden ne va-t-il pas nous donner une présidence molle ? Il y a quelques raisons d'être un peu plus optimiste. Joe Biden, 77 ans, le plus vieux Président élu de l'histoire du pays, a recueilli un peu plus de 60 % des suffrages des moins de 30 ans. Les enquêtes sociologiques montrent depuis plusieurs années que les millennials (ceux nés vers 2000) sont plus écolos, plus ouverts sur les questions de société, plus partisans d'une intervention de l'Etat dans l'économie. La démographie fait que leur poids électoral est croissant et c'est, peut-être, la première élection où cette bascule vers la gauche se voit. Si le démocrate a gagné les villes, il a aussi reçu le soutien des banlieues et des Etats industriels du nord. Le trumpisme est d'abord blanc et rural, deux groupes qui pèsent de moins en moins dans la population totale.

    Il reste deux sièges de sénateurs à pourvoir le 5 janvier. Si les démocrates les gagnent,ils auront tout juste le pouvoir à l'Assemblée et au Sénat, pas une majorité suffisante pour de grandes réformes, mais de quoi agir. Sinon, il faudra convaincre à chaque fois un ou deux républicains (possible) et Trump a démontré que les décrets présidentiels peuvent faire beaucoup. Mais faire quoi ?

    Biden va réintégrer les Etats-Unis dans l'accord de Paris et défendre l'urgence d'une action climatique forte. Il pose comme principe qu'augmenter les impôts et les cotisations sociales des riches et des entreprises est une bonne politique. Que l'innovation vient d'abord d'un effort budgétaire massif de dépenses publiques. Qu'il faut augmenter le salaire minimum. Que la banque et la finance doivent être sérieusement régulées, son équipe de transition sur le sujet comporte d'importants partisans de cette voie. Et, enfin, que la mondialisation n'est pas heureuse pour tous, que le soutien à la production sur le sol national est souhaitable et possible, sans tomber dans le souverainisme exacerbé et la fermeture des économies. Pour un supposé modéré, c'est quand même pas mal comme programme ! Tout commence le 20 janvier.
    Christian Chavagneux.

  • Source d'estime de soi, de liens et de reconnaissance sociale, le travail expose de plus en plus l'individu à l'angoisse de n'être plus « à la hauteur », au stress de la compétition, à la souffrance psychique qui pousse certains jusqu'au suicide. L'auteur décrypte l'interaction entre les causes psychiques, sociales et économiques de cette mutation. Au total, le système managérial au service de la performance financière est la cause première du mal être au travail et non la fragilité des individus. Le nouveau management public étend au secteur public les méfaits d'une gestion inhumaine longtemps rodée dans le privé. Les « raisons » de la colère des travailleurs ont ici un double sens : explication de ses causes et validation de la résistance. Car résister, exprimer la colère plutôt que la résignation, est la plus raisonnable des réactions pour éviter que les individus retournent contre eux-mêmes une violence nourrie par ce système.

    Vincent de Gaulejac:
    Président du réseau international de sociologie clinique, professeur émérite à l'université de Paris-VII-Diderot, il est notamment l'auteur au Seuil de La Société malade de la gestion (2005).

  • Inédit " La décroissance n'est pas la croissance négative. Il conviendrait de parler d'"a-croissance", comme on parle d'athéisme. C'est d'ailleurs très précisément de l'abandon d'une foi ou d'une religion (celle de l'économie, du progrès et du développement) qu'il s'agit. S'il est admis que la poursuite indéfinie de la croissance est incompatible avec une planète finie, les conséquences (produire moins et consommer moins) sont encore loin d'être acceptées. Mais si nous ne changeons pas de trajectoire, la catastrophe écologique et humaine nous guette. Il est encore temps d'imaginer, sereinement, un système reposant sur une autre logique : une "société de décroissance". " S.L. Serge Latouche est professeur émérite d'économie à l'université de Paris-Sud XI (Orsay). Cet " objecteur de croissance " poursuit l'analyse qu'il a donnée dans Survivre au développement (Mille et une nuits, 2004) puis dans Le Pari de la décroissance (Fayard, 2006).

  • «L'Économie politique, considérée comme une branche des connaissances du législateur et de l'homme d'État, se propose deux objets distincts : le premier, de procurer au peuple un revenu ou une substance abondante, ou, pour mieux dire, de le mettre en état de se procurer lui-même ce revenu et cette subsistance abondante ; - le second, de fournir à l'État ou à la communauté un revenu suffisant pour le service public : elle se propose d'enrichir à la fois le peuple et le souverain.» Dans ce texte fondateur de l'économie politique moderne, Adam Smith analyse, à partir des exemples de l'Angleterre et des Pays-Bas, les origines de la prospérité d'un État. Élaborant une théorie sur la division du travail, la concurrence sur le marché ou encore l'idée d'un intérêt individuel convergeant vers l'intérêt commun, La Richesse des nations (1776) pose les bases du libéralisme économique.

  • Le bas de laine des Français a gonflé durant les confinements. Si elle est consommée, cette épargne pourrait doper l'économie. Mais pour cela, les ménages doivent avoir confiance en l'avenir.

    Vacances annulées, restaurants et cinémas fermés, gros achats reportés... Au cours des six premiers mois de l'année 2020, les Français ont mis de côté 62 milliards d'euros de plus qu'au cours d'une année « normale », estime l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Le flux total d'épargne accumulée au premier semestre s'est donc établi à un peu plus de 170 milliards d'euros, calcule l'Insee. Selon les dernières prévisions de l'OFCE, qui dressent une photo de la situation économique au 9 décembre, l'« épargne Covid » devrait augmenter encore de 27 milliards au second semestre, avec sans surprise une hausse plus importante liée au second confinement en fin d'année, pour atteindre au total 89 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2020.

    Ce pactole suscite bien des convoitises. D'une part, du gouvernement, qui y voit un outil pour relancer l'économie française à moindres frais et, d'autre part, des entreprises, qui aimeraient que les ménages le débloquent pour consommer leurs produits ou services. Il est vrai qu'une baisse durable de la consommation risque d'enclencher une spirale négative : si les ménages consomment moins, les entreprises risquent de subir une perte d'activité, et donc de licencier, entraînant une baisse des revenus des ménages, donc de nouveau une moindre consommation, et ainsi de suite. Faut-il alors forcer les Français à consommer leur épargne pour éviter le naufrage de l'économie ? Pas si simple.

    Pour les coups durs.

    L'épargne Covid est principalement allée se loger sur les comptes courants des ménages et leurs livrets d'épargne réglementée. La Caisse des dépôts et consignations, qui collecte une partie des fonds du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), a reçu des flux nets mensuels de 3,8 milliards en moyenne entre mars et septembre 2020, contre 1,7 milliard sur la même période en 2019. Côté comptes courants, les Français y ont déposé 9 milliards d'euros par mois depuis le premier confinement, contre 3,2 milliards en moyenne entre janvier 2017 et février 2020, selon la Banque de France. L'institution note à l'inverse une réduction de la collecte de l'assurance-vie. L'épargne investie dans l'immobilier (l'épargne « non financière » des ménages) a également chuté : 58 milliards d'euros au premier semestre 2020, contre 71 milliards en 2019. L'épargne Covid n'a donc pas le même profil que l'épargne traditionnelle : faute de transactions, sa composante immobilière a sans surprise diminué, passant de grosso modo deux tiers à la moitié de l'épargne totale. Dans sa composante financière, l'épargne a délaissé le placement préféré des Français, l'assurance-vie, au bénéfice de supports permettant de retirer plus facilement son argent.

    D'abord forcée par la fermeture de commerces pendant le confinement, cette épargne tend en effet à devenir une épargne de « précaution » alimentée par la crainte perçue par les ménages d'une perte de revenus ou d'emploi. D'où l'évolution observée des modalités d'épargne. Sans aller jusqu'à considérer, comme Bruno Le Maire, que « la meilleure façon [pour les Français, NDLR] de se protéger, c'est de consommer dans l'économie française », nombre d'économistes admettent qu'il serait préférable qu'au moins une partie de cette épargne se mue en consommation.

    Choisir les bonnes politiques à déployer pour ce faire nécessite de garder en tête qu'au-delà des données agrégées, ce sont surtout les riches qui ont épargné ces derniers mois. « Près de 70 % du surcroît de l'épargne ont été faits par les 20 % des ménages les plus riches », résume le Conseil d'analyse économique 1. L'organisme qui conseille le Premier ministre ajoute que les ménages appartenant aux deux déciles les plus pauvres de la population ont même désépargné : ils ont dû puiser dans leurs bas de laine pour affronter la crise. Avec un taux de dépenses préengagées (assurance, cantine scolaire, etc.) qui dépasse les 30 % (contre 19 % pour les 20 % les plus riches) et un taux d'épargne qui a oscillé ces dernières années autour de 0 %, leur consommation est en effet très peu arbitrable. Les plus riches, à l'inverse, ont un taux d'épargne de l'ordre de 30 % et dépensent habituellement une part plus importante de leurs revenus dans les secteurs contraints cette année par la pandémie (loisirs, hôtellerie et restauration, etc.).

    Il est possible, et nécessaire, d'augmenter la consommation des ménages précaires, mais la solution passera davantage par des mesures de soutien à leur pouvoir d'achat que par des incitations à dépenser un argent dont ils ne disposent pas. En clair, les ménages les plus fragiles pourront contribuer à la hausse de la consommation si on leur en donne les moyens, mais cela n'induira pas un dégonflement de la bulle d'épargne liée au Covid.

    Restaurer la confiance.

    Concentrons-nous donc sur le reste de la distribution. « Il existe peu d'exemples de périodes dans l'histoire où l'Etat a cherché à faire diminuer l'épargne, à part lors de la Grande Dépression des années 1930 », analyse l'économiste Eric Monnet. Pour le chercheur, c'est alors le New Deal qui a eu, de manière indirecte en instaurant des programmes de créations d'emplois et une assurance sociale aux Etats-Unis, l'effet le plus notable sur la diminution du stock d'épargne. « Soit on pense, dans un monde libéral, que l'épargne finira par se dépenser d'elle-même. Soit on met en place des politiques volontaristes pour diminuer les risques de chômage et de faillite afin de rassurer la population sur l'avenir », poursuit-il.C'est-à-dire des politiques visant à restaurer la confiance des ménages, qui a atteint en novembre son plus bas niveau depuis deux ans. Prolonger aussi longtemps que possible les dispositifs de chômage partiel, lancer une politique d'emplois publics, assurer par la commande publique des débouchés aux entreprises dans le cadre de la transition énergétique : voici autant de solutions qui seraient à ce titre pertinentes pour métamorphoser l'épargne en consommation.

    Si la classe moyenne a réussi à épargner pendant la crise, le gros du stock accumulé se concentre toutefois chez les très riches, dont les comportements ne sont a priori pas dictés par une crainte du chômage. Il faudrait donc aller un cran plus loin les concernant. « On peut imaginer soit une taxe sur des produits d'épargne spécifiques comme l'assurance-vie ou d'autres supports plébiscités par les plus riches, soit quelque chose de plus large sur le stock d'épargne via une réforme de la fiscalité du capital », envisage Eric Monnet. Dans un sens contraire, donc, à la réforme engagée par Emmanuel Macron en début de quinquennat, puisque l'instauration en 2018 d'un prélèvement forfaitaire unique de 30 % a réduit l'imposition du capital. L'Etat pourrait ensuite, dans l'idéal, employer les montants ainsi prélevés dans un sens favorable à la transition environnementale.

    En effet, lorsqu'on s'intéresse aux moyens de relancer la consommation, revient souvent, à juste titre, une critique adressée aux politiques keynésiennes (voir encadré) de relance par la demande, à savoir : comment encourager la consommation sans compromettre notre marche vers une économie plus verte et plus sobre ? Pour ce faire, certains ont évoqué l'idée d'un « chèque vert » alloué aux plus modestes qui ne pourrait être dépensé que dans certains produits 2. Mais ce type de dispositif permet de flécher un revenu supplémentaire accordé par l'Etat (par l'intermédiaire donc de ce chèque vert) et non pas, comme on le voudrait, les sommes épargnées par les ménages, dont la dépense relève in fine de leur seule volonté. Autrement dit, tant que les épargnants actuels ne seront pas rassurés sur leur avenir, ils ne consommeront pas davantage.

    Lorsqu'ils seront rassurés à un terme qu'il est aujourd'hui impossible de prévoir, il faudra, pour que le surplus de consommation des ménages n'entre pas en contradiction avec nos objectifs climatiques, que les clients trouvent sur le marché suffisamment de produits éco-vertueux. Cela suppose d'agir sur la structure même de notre appareil productif, ce qui est illusoire à court terme. L'épargne consommée dans les prochains mois ne deviendra donc pas verte comme par magie, tant la dépendance à nos modes de production actuels est forte, mais elle tendra à le devenir plus ou moins selon les moyens financiers et réglementaires que l'Etat se donnera pour encourager la conversion à l'agriculture biologique, lutter contre l'obsolescence programmée, aider les ménages à rénover leurs logements, etc.

    En résumé, la bulle d'épargne Covid peut être en partie dégonflée et réintroduite dans le circuit économique, si tant est que soient mises en place des réponses adaptées à la situation de chaque catégorie de ménages. Pour la part qui restera malgré tout sur les comptes, la solution est plus à chercher du côté des acteurs financiers qui assurent la collecte de l'épargne (voir page 28) que dans les comportements des ménages.
    Un avantage ou un inconvénient pour l'économie ?

    L'épargne, c'est bon ou mauvais pour l'économie ? Pour les néoclassiques, les dizaines de milliards d'euros épargnés depuis le début de la crise sanitaire constituent une offre de fonds supplémentaire disponible pour financer de l'investissement et représentent donc, à ce titre, une excellente nouvelle.

    Pour John Maynard Keynes en revanche, qui prend en compte les ressorts psychologiques de l'épargne, c'est plus compliqué. L'économiste britannique explique que les ménages reçoivent un revenu qu'ils partagent ensuite entre consommation et épargne selon leur propension à consommer. Laquelle est plus élevée pour les catégories les moins riches de la population, d'autant qu'une grande part de leurs dépenses sont contraintes (alimentation, loyer, etc.). Lorsque les commerces sont fermés, la consommation des ménages est contrainte, ils épargnent donc de manière forcée. Que peuvent-ils faire de cette épargne ? La conserver sous forme de monnaie (c'est ce qu'on appelle la thésaurisation) ou la placer sur des produits d'épargne financière pour financer l'investissement.

    Trois raisons poussent les ménages à garder leur épargne sous forme de monnaie : pour régler leurs échanges courants (motif de transaction), ce qui ne semble pas utile lors d'un confinement ; pour régler des dépenses à venir ou faire face à des imprévus (motif de précaution), a priori plus pertinent en période de Covid en raison des inquiétudes pesant sur l'emploi. Et, enfin, pour faire des paris financiers (motif de spéculation). En résumé, pour les néoclassiques, plus d'épargne aujourd'hui signifie plus de consommation demain. Tandis que pour Keynes, l'épargne est une perte de consommation qui diminue la demande adressée aux entreprises, donc l'investissement, et instaure un cercle vicieux pour l'économie.

    Un avantage ou un inconvénient pour l'économie ?

    L'épargne, c'est bon ou mauvais pour l'économie ? Pour les néoclassiques, les dizaines de milliards d'euros épargnés depuis le début de la crise sanitaire constituent une offre de fonds supplémentaire disponible pour financer de l'investissement et représentent donc, à ce titre, une excellente nouvelle.

    Pour John Maynard Keynes en revanche, qui prend en compte les ressorts psychologiques de l'épargne, c'est plus compliqué. L'économiste britannique explique que les ménages reçoivent un revenu qu'ils partagent ensuite entre consommation et épargne selon leur propension à consommer. Laquelle est plus élevée pour les catégories les moins riches de la population, d'autant qu'une grande part de leurs dépenses sont contraintes (alimentation, loyer, etc.). Lorsque les commerces sont fermés, la consommation des ménages est contrainte, ils épargnent donc de manière forcée. Que peuvent-ils faire de cette épargne ? La conserver sous forme de monnaie (c'est ce qu'on appelle la thésaurisation) ou la placer sur des produits d'épargne financière pour financer l'investissement.

    Trois raisons poussent les ménages à garder leur épargne sous forme de monnaie : pour régler leurs échanges courants (motif de transaction), ce qui ne semble pas utile lors d'un confinement ; pour régler des dépenses à venir ou faire face à des imprévus (motif de précaution), a priori plus pertinent en période de Covid en raison des inquiétudes pesant sur l'emploi. Et, enfin, pour faire des paris financiers (motif de spéculation). En résumé, pour les néoclassiques, plus d'épargne aujourd'hui signifie plus de consommation demain. Tandis que pour Keynes, l'épargne est une perte de consommation qui diminue la demande adressée aux entreprises, donc l'investissement, et instaure un cercle vicieux pour l'économie.

  • Pas difficile de connaître la personnalité de l'année 2021?: ce sera le vaccin anti-covid ! On attendait quelqu'un de sympathique, une sorte de bienfaiteur de l'humanité. Il se révèle le fruit d'arrière-pensées et de combats économiques, doublés de quelques parents cupides. Un chiffre résume la situation : selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pas moins de 235 vaccins sont en cours de recherche. Et pas seulement pour les beautés de la science ! Inventer un bien dont la planète entière a besoin et payé en partie par l'argent public, l'aubaine est trop forte. Un grand gâchis de capitaux,car il n'y aura pas de place pour autant de produits, les premiers laboratoires remportant la mise dès les premiers mois de cette année.

    Exemple de cette course à l'argent, l'interview donnée à L'Expresspar Stéphane Bancel, le patron de Moderna. Il tente de justifier la raison pour laquelle le prix de son vaccin est beaucoup plus cher que celui de BioNTech, de l'ordre de 20-30?dollars la dose selon les différentes estimations : «?Nous ne voulons pas maximiser le profit ni le prix de vente, mais je veux rendre l'entreprise Moderna pérenne.?» En clair, ne vous plaignez pas, j'aurais pu demander plus cher, mais il faut quand même que ça rapporte ! Y compris s'il s'agit de répondre à une pandémie mondiale, y compris, souligne la BBC, quand le travail de Moderna a été payé par de l'argent public : rentabilité maximale !

    Les Etats ne se sont pas non plus comportés de manière à faire émerger un bien commun mondial. Chacun a voulu s'assurer que le vaccin serait d'abord produit sur son sol. La Chine a développé les siens et la Russie également. Les Etats-Unis ont accordé la majorité de leurs subsides publics à Moderna, une entreprise américaine. L'Europe a donné la priorité aux labos, usines et start-up locaux. Des considérations purement politiques ont aussi joué : la Hongrie tentant de s'approvisionner auprès des Russes pour ne pas dépendre d'une Europe qui dénonce ses atteintes à l'Etat de droit, l'Iran préférant utiliser le vaccin mis au point avec Cuba.

    Même avec une pandémie menaçant l'ensemble de l'humanité, l'esprit de concurrence l'emporte sur l'esprit de coopération. Après des économies bloquées, des centaines de millions d'emplois perdus, une montée des inégalités et deux millions de morts, l'hubris l'emporte. L'économie de marché ne fait pas de sentiment.
    Christian Chavagneux

  • Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?

    Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?

    Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?

    Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?

    Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie: ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.

    Dans cet ouvrage éclairant, plein d'esprit d'impertinence et bien souvent prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.

  • Après le succès de la première édition de cet ouvrage sur l'obsolescence programmée, Serge Latouche a actualisé l'état des connaissances sur ce processus qui, pour stimuler la consommation et nous en rendre addict, fut conçu et mise en oeuvre au milieu du XIXème siècle aux Etats-Unis. Des 3 formes principales de l'obsolescence programmée -le recours aux techniques pour rendre un produit très vite suranné à la publicité qui nous convainc d'acquérir des produits dont nous n'avons nul besoin-, le plus symptomatique et le plus pervers est le fait d'introduire dans les objets une pièce défectueuse pour en limiter la durée de vie. Ainsi des ampoules (qui avaient été conçues pour une durée d'utilisation quasi illimitée), des automobiles, des appareils ménagers et aujourd'hui des ordinateurs ou des imprimantes. La plupart des biens que nous achetons sont sciemment viciés de telle sorte que nous soyons contraints, pour faire marcher la machine économique, de les renouveler. C'est cette histoire, face noire de l'économie capitaliste que nous raconte Serge Latouche, remontant au XIXème siècle et illustrant son propos de nombreux exemples plus éloquents les uns que les autres. Mais l'auteur tire également la sonnette d'alarme : pouvons-nous accepter de vivre ainsi dans une société aux ressources limitées, qui multiplie à l'envie et par nature le gaspillage, les déchets et engendre de facto de très grands dégâts environnementaux ?

  • La plupart des gens réalisent seulement aujourd'hui que le monde est plongé dans une crise financière. Malheureusement, nos dirigeants font les mêmes choses, encore et encore, utilisant des solutions datant de l'ère industrielle pour résoudre des problèmes propres à l'ère de l'information.

    Dans cet ouvrage, vous verrez, à l'aide de diagrammes et de tableaux simples, à quel point cette folie est insensée.

    Ce livre a été écrit à l'intention de ceux qui prennent conscience qu'il est temps de faire les choses différemment. Cet ouvrage a été rédigé à l'intention de l'individu qui comprend qu'il est insensé d'économiser de l'argent alors que les banques impriment des trillions de dollars ; qu'il est insensé d'investir à long terme alors que les marchés boursiers s'effondrent; et qu'il est insensé de retourner sur les bancs d'école alors que les établissements scolaires n'enseignent pas grand-chose à propos de l'argent.

    Dans cet ouvrage, vous en apprendrez davantage sur les dangers de la crise financière mondiale, ainsi que sur les opportunités qu'elle offre.
    - le passé : vous apprendrez comment nous nous sommes retrouvés dans cette crise financière et ce qu'il faut retenir du passé.
    - le présent : tirant un enseignement du passé, vous aurez l'occasion de prendre de nouvelles décisions dans l'instant présent, de manière à jouir d'un meilleur avenir financier.
    - l'avenir : vous apprendrez à manoeuvrer dans cette crise financière persistante, ainsi qu'à guider les êtres qui vous sont chers.

  • « Les Chiffres 2021 » ce sont toutes les données incontournables pour comprendre l'actualité économique, sociale et environnementale.

    Covid oblige, les chiffres de l'économie sont cette année hors normes ! A ceux liés aux mesures prises pour contrer la pandémie s'ajoutent les tendances de fond tout aussi importantes.

  • La décroissance : les uns ne jurent que par elle quand les autres s´offensent que le mot soit prononcé. Que recouvre l´idée de décroissance, qui ne semble pas être la même pour les uns et les autres ? Surtout, elle charrie son lot de contresens et de controverses, portées dans un dialogue de sourds. Nombreux les opposants à cette idée, qui utilisent des arguments plus ou moins de mauvaise foi. Serge Latouche interroge toutes les idées reçues en circulation et y apporte des réponses précises et argumentées pour mettre un terme aux inquiétudes fantasmagoriques qui l´entourent. Non la décroissance n´est pas synonyme de croissance zéro ; non elle n´est pas technophobe. Ce n´est ni un projet anti-moderne destiné à nous renvoyer vivre dans des cavernes, ni un programme visant à restaurer un ordre patriarcal communautaire, ni l´instrument qui ferait de nous des chômeurs. À droite comme à gauche, les critiques fusent : comment éliminer la misère dans nos contrées sans croissance ? Quel sens peut bien avoir la décroissance dans les pays du Sud ? Comment rallier les nouveaux pays industrialisés à la décroissance ? Qui va soutenir un tel projet : les ouvriers ? Les classes moyennes ? Et si la croissance se résumait à la production de services ? A la valeur marchande ? Etc. etc. La décroissance ? Une manière de poser à nouveau la question des valeurs, afin de construire de nouveaux rapports et une nouvelle société.

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